QUELQUES RENSEIGNEMENTS SUR LE NIGER
l'union, à travers le continent, du Niger avec le Nil (1). Au contraire, les sources des deux fleuves sont au moins à 4.500 kilomètres de distance et entre leurs affluents les plus rapprochés on compte encore 1.200 kilomètres (2).
«Tai dit, en parlant de l'expédition du capitaine Tuckey au Congo, que les géographes ignoraient même les bouches du Niger, au point que certains d'entre eux soutenaient qu'après un long parcours au travers de l'Afrique, il venait s'unir au Congo. Et Tuckey avait précisément la mission de résoudre la question de l'identité du Congo avec le grand fleuve que l'Ecossais Mungo Park, lors de son premier voyage, avait vu courir vers l'Est dans les environs de Tombouctou. Mungo Park (3), un des premiers héros et des premières victimes de l'Association Africaine, fondée en 1788, à Londres, pour explorer le grand continent, périt au cours de son second voyage (180o), lorsque précisément il naviguait sur le Niger pour en découvrir l'embouchure. D'après certains indices il s'était formé la conviction, depuis reconnue exacte, que le Niger allait se jeter dans l'Atlantique (4). Les efforts de Mungo Park et de Houermann pour arriver au Soudan et pour connaître les bouches du Niger, furent poursuivis par d'autres voyageurs sans plus de succès, jusqu'à ce qu'en 1882 la célèbre expédition du major Denham, du docteur Oudney, qui resta victime de ce voyage, et du lieutenant Clapperton réussît à pénétrer jusqu'au Soudan central et à l'étudier, surtout le Bornu dont la capitale est Kuka, en explorant
(1) Géographie, physique de la Mer Noire, de l'intérieur de l'Afrique et de la Méditerranée, 1807.
(2) Reclus : Géographie universelle .
(3) Banni ng : L'Afrique et la Conférence géographique de Bruxelles.
(4) The Journal of a mission to the interior of Africa in the Jeaz, 1805, by Mungo Park, Londres. 1826.
aussi les bords du lac Tchad (1). Cette expédition servit à résoudre la question si débattue de l'embouchure du Niger, ou Kuara, parce qu'elle apprit d'une façon certaine du sultan de Sakkatu que ce fleuve se jette dans la mer, au golfe de Bénin (2). Clapperton fut chargé de constater personnellement la vérité de cette information, mais il mourut à Sakkatu en 1826, sans avoir vu le cours inférieur du fleuve.
Cet honneur était réservé, dit Vivien de Saint-Martin, à John Lander, qui avait accompagne Clapperton dans son second voyage, inoins comme son domestique, que comme un actif et fidèle compagnon. Lander reçut en 1830 du gouvernement anglais la mission de retourner dans le bas Kuara, d'en reconnaître les bouches et de remonter vers l'intérieur; et il accomplit cette mission, aidé de son frère, avec une intelligence et une fortune égales (3).
L'expédition de la Pléiade, sous la conduite du docteur Baikie, fut la seule, parmi celles qui furent organisées, qui réussit à accomplir l'exploration du Kuara inférieur, et à ouvrir à la fin la route si longtemps cherchée entre le golfe de Bénin et la Nigritie. Même aujourd'hui nous possédons peu de renseignements plus étendus et plus exacts sur le bassin du Niger et les pays adjacents que ceux recueillis par l'expédition de James Richardson, dus principalement à deux jeunes naturalistes allemands, ses compagnons, le docteur Ovcrweget Henri Barth.
Resté seul à la suite de la mort de ses compagnons, en 1852, Barth continua courageusement l'entreprise,
(1) Vivien do Saint -Martin. Histoire de la yéoyraphie, p. 472.
(2) Narrative of travels and discoveries in Northern and central Africa in the Jears, 1822-2-4, by major Denham, cap. Clapperton, and the late doclor Oudncy, London, 1826.
(3) Voir Journal of an expédition to explore the course of the Niyer, hy Richard and John Lander, Londres, 1832, 2 volumes in- 12.