INTERNATIONAL
Pendant que Stanley accomplissait son voyage au travers de l'Afrique de l'Est à* l'Ouest, et descendait le Congo, en 187fi, le roi Léopold H réunissait à Bruxelles les hommes les plus éminents par leurs voyages d'cxploralions et leurs études géographiques et ethnographiques, alin de délibérer sur les moyens les plus appropriés à pénétrer définitivement dans l'Afrique inexplorée. Durant cette conférence, où furent représentées la Belgique, l'Autriche-Hongrie, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie et la Russie, on constitua une Société sous le nom d'Association Internationale Africaine, qui élut pour président le roi de Belgique; pour conseillers Nachligall, de Quatrefages et sir Bartle Frère (remplacé ensuite par Sanford), et pour secrétaire le colonel Strauch. Tout le territoire compris entre l'Océan Atlantique, l'Océan Indien, le Soudan, et le bassin du Zambèze, devait être le vaste champ de cette association, et son œuvre : 1° l'exploration scienlitique ; 2° la propagation de la civilisation et du commerce européen ; 3° l'abolition de la traite des nègres.
En juin 1877 l'Association se réunit de nouveau à Bruxelles et fixa les premiers essais à faire. On jugea que
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le meilleur parti était de commencer par la voie orientale et Ton conseilla d'établir une station sur le lac Taganika.
De l'expédition nombreuse qui partit, le lieutenant Cambier atteignit seul le Taganika et fonda la station de Karema. Le lieutenant Storms réussit lui aussi plus tard à rejoindre le lieutenant Cambier pour le remplacer, et fonda la station de Mpala sur l'autre rive du lac (1).
L'bcureux voyage de Stanley, indiquait pendant ce temps la nouvelle route occidentale du Congo, qui, une fois les difficultés des cataractes surmontées, conduit au cœur môme de l'Afrique. Stanley fut invite à se rendre à Bruxelles; on lui demanda des renseignements positifs et enfin on le cbargea de mettre à exécution cette grande idée d'une conquête pacifique et civilisatrice, s'il m'est permis d'employer en pareil cas, le mot de conquête qui, dans l'histoire, est synonyme de massacres et violences.
Le Comité d'études du Haut Congo, constitué à Bruxelles le 25 novembre 1878, qui prit l'initiative de cette nouvelle entreprise, disposait dès cette époque du capital d'un million de francs.
Stanley arriva au Congo en août 1879 et se prépara à remonter avec sa troupe le fleuve jusqu'alors inconnu à tous, sauf à lui seul, qui Tannée précédente en avait des cendu le cours. Ce n'est pas ici le lieu de raconter dans ses détails l'œuvre de Stanley, et de ses lieutenants, fort importante sous l'aspect scientifique, commercial et politique. Dans l'espace de quatre ans, presque tout le cours du fleuve fut exploré et l'on fonda de nombreuses stations,
(1) Dans ces premiers essais moururent ou durent se retirer : le capitaine Crcspel ; le naturaliste Maos ; Marno, voyageur autrichien ; le lieutenant Manlier; le docteur Dutrieux et les capitaines Popelin et Ramaeckers.
parmi lesquelles les plus importantes sont celles de Vivi, Isanghila, Manianga, Leopoldville, etc.. (1). De Vivi à Isanghila, pour éviter les cataractes, on construisit une route de 52 milles, en surmontant de telles difficultés, que les indigènes surnommèrent le hardi explorateur Bula- Matari, ou le Fendeur de rochers.
On stipula environ 450 traités avec les chefs indépendants du pays, dont les droits, dit Stanley, devaient être universellement admis sans contestation, parce qu'ils étaient basés sur une occupation héréditaire remontant à une époque très ancienne.
Mais cette œuvre de conquête pacifique exercée par une société internationale (à la tête de laquelle il est vrai se trouvait un roi, avec toute l'autorité et le prestige qui dérivent de ce titre, mais simplement en qualité de simple particulier) devait bien vite susciter des rivalités et des controverses internationales. Lorsque en juillet 1881, Stanley se dirigea vers Stanley-Pool, il trouva la station française de Brazzaville installée sur la rive droite du Congo. De leurs possessions de la Pointe-Noire, au nord du territoire portugais de Kabinda, les Français s'étaient avancés le long de TOgorvé avec une expédition aux ordres du comte Savorgan de Brazza. Le roi des Bateki, Makoko, céda à celte expédition un territoire considérable sur la rive droite du Congo (2).
Stanley s'empressa de fonder en face de Brazzaville, sur la rive gauche, la station de Leopoldville, et tenta de faire admettre ses revendications et les droits qu'il pou-
(1) Pour les détails les plus précis sur l'œuvre de Stanley et la fondation du nouvel état du Congo, voir le livre de Stanley, qui a été traduit en presque toutes les langues.
(2) De Brazza : Trois explorations dans l ouest africain , 4876-85.