‹ Le traité de Cateau-Cambrésis (2 et 3 avril 1559):Chapitre 66 sur 98 · C'est^-dire rétus avec magnificence · texte numérisé non relu

C'est^-dire rétus avec magnificence

de magnifiœnce. t Encores en oest endroit, dit Fannaliste, les nostres, nous sembloyt, estoyent supérieurs^. >

Le 21 juin, le jour même de Tairivée du duc Emmanuel-Philibert de Savoie, le roi célébra les fiançailles de la princesse Elisabeth et du duc d'Albe, < vidame du roi d'Espagne^. > Après le bal et un festin somptueux, le roi, la reine et la princesse Elisabeth, suivant l'étiquette, allèrent coucher à Tévêché de Paris, près de Notre- Dame^.

Le mariage était fixé au lendemain, 22 juin ^. Le duc d'Albe, qui affectait depuis son arrivée une grande simplicité, se vêtit de drap d'or. Sa suite était mise avec magnificence. Le duc de Savoie, avec ses gentilshommes et ses pages, escortait le duc d'Albe. L'église et le parvis de Notre-Dame avaient reçu les mêmes décorations qu'au mariage du dauphin François et de Marie

1. NooTelles eoToyées à M. de Ctmbray (Copie da temps; f. fr., TOI. 20482, f. 327).

2. Le contrat de mariage de la princesse Elisabeth et do représentant de Philippe II, daté de laTeiUe, 20 juin 1559, est imprimé par Domont, Oorp$ diplomatique, t. IX, p. 48.

3. On trouve dans les Mémoires-joumaux du duc de Guise (Coll. Michaud et Poujoulat, p. 442) un rédt des fêtes du mariage d'Elisabeth. 11 existe plusieurs autres récits inédits. Voyez notamment le vol. 15872 du f. fr., f. 86, 88, et 4337 du même fonds, f. 97 et 117, et 23935 du même fonds, f. 24.

4. Le cérémonial de lHôtel de Ville de Paris contient un récit nouveau du mariage d'Elisabeth et du représentant de Philippe U (F. fr., vol. 18528, f. 13).

Stuart. Elisabeth portait < une robe toute batue en pierreries précieuses tant qu'on n'eust sceu voir sur quoy elles estoient mises, > et une couronne close à rimpériale, enrichie de pierres et de vergettes d'or, du haut desquelles pendait un gros diamant^ . La princesse était accompagnée de sa 'mère, Catherine de Médicis, et des reines de Navarre et d'Ecosse. Â midi, les deux époux furent mariés et bénis par l'évéque de Paris aux portes de la cathédrale. Le duc de Guise proclama la princesse Elisabeth reine d'Espagne et fit procéder aux largesses accoutumées^. Après la messe, les rois et princes dînèrent à l'évéché de Paris ^. Le soir, ils soupèrent au palais de jus-

1. L'Aubespine nous apprend que le roi d'Espagne avait acheté plasienrs diamants da prix de 20 à 30,000 écas et qu*ll était en marché pour en acheter an de 150,000 (Lettre du 27 mai 1559 ; f. fr., vol. 6614, f. 41).

2. La couronne d'Elisabeth était ofTerte par le roi de France au lieu d'être un présent du roi d'Espagne. Elle coûta, avec celle de la princesse Marguerite, 288 livres de façon. Les largesses distribnées par le duc de Guise étaient également prises dans le trésor royal; eUes se composèrent de 51 pièces d'or et de 1,250 d'argent, portant la figure du roi Philippe et de madame Elisabeth, valant ensemble 1,500 livres. Mais, ce qui paraîtra le plus étonnant, c'est que le don du duc d^Albe à la qnéte du mariage, environ treixe ^us, avait été remis à l'avance au duc d'Albe, sur Tordre du roi, par M* Oudart Le Mercier, trésorier des aumônes (Bibl. nat., coll. Glairambault, vol. 65, f. 5229).

3. Parmi les pièces de vers publiées à l'occasion de ce mariage, il faut signaler un charmant épithalame publié par Le Gendre (Paris, veuve BufTet, 1559, in-8* de 4 f.) et réimprimé dans le Bulletin du Bibliophile de 1874, p. 454. Malheurens^nent pour la mémoire de l'auteur, plusieurs couplets sont presque littéralement copiés dans l'épithalame de Jeanne d'Albret, par Ronsard,

tice. La fête donna lieu à des désordres. L'entrée de la salle était si mal gardée que la foule força les portes, c Aucuns invités y entrèrent à grande force. Les autres n'y sceurent entrer, ny plusieurs de Messieurs de la cour, qui feurent contraints eux retourner en leurs maisons ; et encore ceux qui y estoient entrés eussent voulu en estre hors pour la grande confusion qui y estoit^. > Un plus grave incident faillit troubler la paix. Les courtisans avaient envahi les salles et résistaient à toutes les sommations. A l'heure de l'entrée du roi, le connétable, chargé du commandement en sa qualité de grand maître^, voulut faire reculer le jeune prince de Porcian, de la maison de Croy, qui affectait d'obstruer le passage. Le jeune homme refusa par deux fois, < mais faisoit toujours au pis, jusqu'à dire qu'il n'en feroit rien pour luy. > On n'insultait pas impunément le connétable, < le plus grand rabroueur » de la cour. Il perdit patience et repoussa rudement le jeune prince, < ce que ne pouvant endurer, il brava un peu et monstra une mine altière et menaçante. » En un moment la cour fut en

1. Mémoires-journaux du duc de Guise, p. 445 et 446 (Coll. Michaud et Poujoulat).

2. Le roi, par lettres da 3 janvier 1558 (1559), accorda plus tard à François de Montmorency, fils aîné du connétable, la survivance de la charge de grand maître de la maison du roi (Ouchesne, Histoire de la nuiison de Montmorencff, U II, p. 361}.

émoi. U existait des inimitiés entre les deux maisons de Groy et de Montmorency ; le connétable avait fait arrêter la dame de Seningbem, mère du jeune prince, pour avoir favorisé l'évasion d'un prisonnier, le duc d'Arschott, dont il espérait tirer rançon. Au plus fort du trouble, le roi arriva et ordonna à l'un et à l'autre c de ne sonner plus mot ny aller par advant et ne s'entredemander rien l'un à l'autre sur la vie, de peur de perturber la feste^. >

La première préoccupation du roi d'Espagne, après son mariage, fut de toucher la dot de sa femme. La dot était de 400,000 livres, payables en trois termes dans l'espace de dix-huit mois. Le premier tiers ne devait être payé qu'à la consommation du mariage, mais Catherine voulût que la cérémonie provisoire du S2 juin fût considérée conmie définitive; le second tiers, un an après. Les sommes non soldées à l'échéance portaient intérêt au denier 1 4 avec hypothèque et au denier 18 sans hypothèque^. Le montant du premier paiement fut expédié de Paris le 9 juillet 1 559^. Quand la somme arriva entre les mains d'Alexandre Bonvisy, banquier d'Anvers, qui devait faire le change, elle se

1. Briiit6me, t. VI, p. 488 et 489; édit. de U Soc. de rflist. de Francet

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