‹ Le traité de Cateau-Cambrésis (2 et 3 avril 1559):Chapitre 86 sur 98 · NëgoeiaUons soui François II, p · texte numérisé non relu

NëgoeiaUons soui François II, p

2. Lettre de Sébastien de TAubespine à la reine mère, da 19 mai 1560 (Orig., f. fr., toI. 15874, f. 17). — Voyez anssi an fragment de chronique publié par le comte de la Perrière dans Deux années de misskm à SainUPétenbaurg, p. 19.

rendu la paix à la cour de la reine. La comtesse d'Urèna continuait de saper le crédit des dames de Glermont et de Yineuil, bien que chacune se montrât attentive à ne pas sortir de son r6le. En public , à la cour, la comtesse occupait le premier rang. Elle suivait la reine, portait la queue de sa robe, s'asseyait seule à côté d'elle, lui remettait ses heures de messe, gardait ses gants, transmettait ses ordres. En privé elle était exclue du service. Elisabeth faisait fermer la porte de sa chambre, se Uvrait aux mains de ses favorites et ne laissait rentrer la comtesse que lorsqu'elle était habillée et parée ^ Ces dames la servaient avec une minutie dont il serait puéril de présenter le détail, si les petits tableaux de mœurs ne contenaient de grands enseignements sur les hommes. Les chaînes les plus intimes ne répugnaient pas à leur dévouement. Le soin des c besongnes » de la reine appartenait particulièrement à Claude de Yalpergue, qui (

enregistrait soigneusement les avances ou les |

retards. La dame de Vineuil était conmiise au lever, au coucher, aux toilettes de jour et de nuit, gardait les bijoux et veillait dans la chambre de la reine, même quand Philippe II était présent. La dame de Glermont s'occupait de la santé de sa maîtresse. Elle l'empêchait de rester

1. Lettre de L'Aubespine A It reine mère (Copie da temps, sans dite; f. fr., ?ol. 6614, f. 91).

trop longtemps couchée, c pource que le lict la guarde d'aller à ses affaires. » Lorsque Elisabeth eut la petite vérole, la dame de Glermont pansa elle-même les taches, d'abord avec de Teau et du sel, puis avec du baume, avec du lait d'ànesse, avec des œufs frais. Voici un rapport encore plus intime qu'elle adresse à la reine mère : c Pour ce qu'elle (la reine d'Espagne) avoit pris hier, il luy vint anvie d'aller à ses affaires ; mes, pour ce qu'il y avoit deux jours qu'elle n'y estoit allée, il estoit deur; et est pour saite heure plus malesée d'y aller, à l'ocasion des clisetaires, qu'elle n'a acoustumée ; qui luy fist tant de mal à se tant eforser, sans y pouvoir aller, qui luy fit fort grant mal au fondement et luy fit fort anfler ; qui me faict panser. Madame, que ce sont amorides. Je lui étuvé de lait et safranc, et fut contrainte là mesme de lui bailler ung clisetaire, qui lui fit aller à ses afaires sans mal. Et depuis elle s'est bien portée sans s'en santir ; car devant elle ne se povet bouger. Les médesins lui ordonnent, pour lui tenir le vantre lâche, de manger toujours au commencement du repas des pruneaux de Tours, que lui a donné M. l'ambassadeur; qui me fait vous suplier, Madame, nous en envoier par tous les courriers^ . >

1. NéçociatUms $aut Franco!» Il, p. 460, 718, 803, 805, 809, 810, 836.

La comtesse d'Urèna était écartée de ces c confidences. » Sans doute elle jouait le premier rôle, mais ce rôle était tout d'apparat et ne Tavançait pas dans Tintimilé de la reine. Elle savait que, matin et soir, après avoir verrouillé les portes de la chambre royale, ses rivales raillaient sa suffisance et ses dénonciations, que le roi n'avait pas écoutées. Son dépit lui inspira une tactique astucieuse. La nourrice d'Elisabeth, obligée de rentrer en France, avait été remplacée par la dame de Yineuil. La dame de Glermont en devint jalouse. Bientôt, sur les démêlés des Françaises et des Espagnoles, se greffèrent les démêlés des Françaises entre elles. Il appartenait à la comtesse d'Urèna de régler le différend. Elle eut l'habileté de les aigrir les unes contre les autres, c De là est procédé, dit L'Aubespine, que souvent sont échappés force coups de bec, que ceste nation est bien aise de voir et entendre. » La querelle s'échauffant, il fut avéré que l'une des deux dames devait prendre sa retraite. Le duc d'Âlbe trancha le débat en demandant à Catherine de Médicis le rappel de la dame de Glermont. Catherine de Médicis chargea l'ambassadeur de préparer la séparation. François de Clèves, comte d'Eu, devait épouser Anne de Bourbon-Montpensier^ La reine mère décida que, au mois de

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