‹ Le traité de Cateau-Cambrésis (2 et 3 avril 1559):Chapitre 87 sur 98 · Le récit de sa réception est contenu dans un mémoire de · texte numérisé non relu

Le récit de sa réception est contenu dans un mémoire de

mai, la dame de Glermont suivrait les nouveaux époux eu France, c Je ares peur, » écrit-elle à Elisabeth, c si (le roi) voyet que ladyste dame demeuret ancore, qui pensase que je la voleuse tenyr auprès de vous pour espion, et que cela feut cause que le roy, vostre mari, s'estrangàt de vous * . >

Au conmiencement d'avril 1 561 , Sébastien de TÂubespine demanda olBSciellement le congé de la dame de Glermont^ et des demoiselles de Noyan. de Guitinières, de Fumel, de Montai et de Gurton, « estant jà la roy ne catholique tant accoustumée et quasy tournée à la façon du pais, qui semble qu'elle n'avoit besoin d'aultre compaignie ne assistance que des siens ^. » Philippe II, avec une grâce parfaite, commanda de distribuer à ces dames de splendides présents. Ghacune d'elles reçut cinq ou six vêtements complets. En outre, la future comtesse d'Eu reçut 4,000 écus, un diamant et un rubis du prix de 3,000 écus*; M°** de Glermont,

L'Aubespine en dite da 20 mai 1561 (Copie da temps ; f. fr., TOI. 3192, L 46).

t. Négociations $oui FrançoU II, p. 704, 706» 707, 708, 709, 719, 721, 836, 840. 862.

2. La dame de Clermont, quelques Jours auparaTant, avait déposé sa démission (Lettre de L'Aubespine A la reine mère, mars 1561 ; orig., f. fir., vol. 6614, f. 81).

3. Lettre de L'Aubespine à la reine mère, do 3 avril 1560 (1561) (Orig., f. fr., vol. 15874, f. 1).

4. La ducbesse de Ifontpensier adressa des remerciements à Philippe U (Orig. sans date; Arch. nat., K. 1496, n* 9).

4,000 écas; les demoiselles, 2,500 éois; les femmes de service, 300 écus^. La libéralité du roi consola les dames. Quant à la douce Elisabeth, elle était résignée à tous les sacrifices. Elle porte c saigement et vertueusement, »

écrit Sébastien de TAubespine, c le partement d'icelles*. >

Cette princesse, si soumise à son mari, si bien élevée à obéir, joua, en digne fille de Catherine de Médicis, pendant le peu d'années qu'elle passa sur le trône d'Espagne, un rôle politique d'une certaine importance. Toute» les afiGures de France passaient entre ses mains et elle s'efforçait de leur donner une solution conforme aux intérêts des deux grandes puissances catholiques. Antoine de Bourbon, représentant de la maison d'Albret, que Ferdinand le Catholique avait dépouillée, importunait Philippe II de ses plaintes. Tantôt il demandait la Sardaigne ou la Corse, tantôt Milan ou Sienne, tantôt la Tunisie, en compensation des biens patrimoniaux de Jeanne d'Albret. Pendant la première année du règne de Charles IX, Antoine voulut essayer

1. Mémoire de Sébastien de l'Aubespine du 20 mai 1561 (Copie du tempe; f. fr., toI. 3192, f. 46). — Voyez aussi la lettre de L'Aubespine du 3 ami citée dans une note précédente.

2. Lettre de L'Aobespine à la reine mère, du 10 mai 1561 (Orig., f. fr., vol 3192, f. 31). -^Lettres de Catherine de MédicU, 1 1, p. 200, 233, 296.

de rintimidation et protégea les huguenots.

Elisabeth Tavertit qu'il n'obtiendrait jamais rien. Au commencement de Tannée 1562, c il changea de veste » et se fit le chef des catholiques. Dès lors Elisabeth ne cessa d'intercéder en sa faveur. Elle allait l'emporter quand le roi de Navarre mourut, le 4 7 novembre 1 562, d'une blessure reçue sous les murs de Rouent

Les efforts pour ramener la politique de la reine mère au catholicisme ardent, dont. Philippe II était le champion, occupent la correspondance de la reine d'Espagne. Elle blâme énergiquement le colloque de Poissy, Tédit de janvier, la paix d'Amboise, l'anmistie générale accordée aux séditieux qui venaient de déposer les armes, la faveur que les capitaines du parti réformé retrouvent à la cour le lendemain de l'édit de pacification, l'impartialité des conunissaires envoyés dans les provinces, l'autorisation accordée à certaines villes de célébrer le culte calviniste dans leurs faubourgs et à quelques seigneurs huguenots dans leurs maisons. Çà et là, dans les lettres de la reine d'Espagne, surgissent d'aigres remontrances, tandis que Catherine, honteuse de son asservissement, invoque les circonstances atténuantes. Cette correspon-

1. Voyez les docoroenU qoe noas aTons publiés dans les tomes m et rv d'Antoine de Bourbon et Jeanne d^Àlbret,

dance dura jusqu'à Tentrevue de Bayonne (juin 4565)*.

Depuis le mariage de sa fille, la régente de France n'avait cessé de désirer une rencontre avec Philippe II. Le roi d'Espagne protestait de c son incroyable envie » de voir sa belle-mère et éludait sans cesse le rendez-vous^. Le voyage de Charles IX dans le midi de la France c le mit au pied du mur. » Philippe II envoya alors la reine d'Espagne à Bayonne avec des conseillers capables de guider son inexpérience. L'entrevue eut lieu au commencement de juin 1565. Pendant dix-neuf jours, Catherine retint sa fille et traita avec les seigneurs de son conseil. Les progrès de la réforme, le concile de Trente, les menaces de la reine d'Angleterre, les invasions des Turcs, les alliances, sans cesse renouvelées et sans cesse remises en question, des cours de France et d'Espagne occupèrent les conférences. Elisabeth prenait part aux négociations avec une fermeté, une sagesse qui déroutait la reine mère. Philippe II accusait la régente de ménager les réformés ; la reine catholique reprocha à sa mère la politique du laisser-faire. c Vous êtes devenue bien Espagnole, » lui dit sévèrement Cathe-

1. Voyez la correspondance de Catherine arec sa fille pendant les années 1561 et suiyantes dans les tomes I et U de Lettres de Catherine de Médicis, publiées par le comte de la Perrière.

2. Lettre de L'Aubespine à la reine mère, da 19 mai 1560 (Orig., f. fr., Tol. 15874, f. 17).

fine. — c Je suis Espagnole, je Tavoue, répondit Elisabeth, comme c'est mon devoir ; mais je suis toujours votre fille et je suis restée telle que j'étois lorsque vous m'envoyâtes en Espagne^. » Le 1®' juillet 1565, la reine d'Espagne quitta Bayonne. Charles IX l'accompagna jusqu'à Saint- Jean-de-Luz et Catherine jusqu'à Irun. Elisabeth laissait à la cour de France, qu'elle ne devait jamais revoir, c de doux et agréables souvenirs, écrit l'ambassadeur d'Espagne, dans le cœur de tous les bons et plus dans le cœur de ceux qui l'ont entendue parler sur les choses de la religion^. » La séparation de la famille royale à Saint-Jean-de-Luz fut déchirante. Charles IX pleura comme un enfant, c  Saint-Jean-de-Luz, raconte Alava, commencèrent les larmes de Sa Majesté, de sa mère et de son frère, et certes elles furent abondantes et vraies, parce que leur amour mutuel est grand. A Saint-Jean, le connétable entra dans la chambre de ce roi et lui dit qu'il ne devoit pleurer pour aucune cause, parce que ce seroit remarqué par ses sujets et par les étrangers et parce que les larmes ne conviennent pas aux yeux des rois; mais il

1. L'entreme de Bayonne et les négociations auxquelles eile donna iiea sont présentées avec détails par le comte de la Perrière dans l'introduction du tome n des Lettres de Catherine de MédicU.

2. Lettre de Francis de Alara A Pliilippe II, du 1*' juillet 1565 (Orig. espagnol; Arch. nat.» K. 1504, n* 41).

tenta en vain de le persuader. Le roi loua et approuva ses conseils; mais les larmes et les sanglots n'en furent pas moins abondants. Au départ de Sa Majesté dud. village et à Tentrée dans la barque d'Irun, il montra avec quelle tendresse il aime la reine, notre maltresse. La reine mère et le frère du roi firent de même dans tous les villages et plus à Irun. La reine, notre maltresse, leur causa tel regret que durant quelques heures ils en furent accablés^. »

Brantôme, le courtisan bavard et conteur, avait rapporté de son voyage en Espagne, en 1564^, le récit des prétendus amours de don Carlos et d'Elisabeth^. La princesse, en voyant rinfant, aurait été frappée au coeur d'un amour invincible comme les victimes de la Vénus antique. Don Carlos de son côté, séduit par la princesse, n'aurait pu pardonner à son père de la lui avoir enlevée. Le prince, torturé par la jalousie, aurait usé sa vie à conspirer contre son père, et, trahi par ses confidents, aurait payé de la tète ses prétendus complots. Le récit était trop séduisant pour ne pas faire fortune dans une cour galante. Nous allons l'étu-

1. Lettre d'Alara à Philippe II, en date da 4 juillet 1565 (Orig. espagnol; Arctu nat, K. 1504, n* il).

2. M. Gachard en donne la data exacte, norembre 1564 (Don Carlos et PhiUppe II, p. 149).

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