‹ Le traité de Cateau-Cambrésis (2 et 3 avril 1559):Chapitre 90 sur 98 · Don Carie, secrétaire de U reine d'Espagne · texte numérisé non relu

Don Carie, secrétaire de U reine d'Espagne

Visitation lui doroit (donneroit) la santé. Et mit la letre au chevest de son lit, où il estoit coché, atandant la fièvre qu'il n'y revit point (qui ne revint point). Il l'aime extrêmement, come je vous ai mandé, Madame, par otres mienes ; et ceste amitié li augmente tosjours, aparante à touts. Un peu devant qu'il s'an ala, suivant quelque propos, il li sohetet des enfants ^

Les preuves de commisératioD prodiguées par Elisabeth à don Carlos lui étaient inspirées par sa générosité et aussi par le désir de mener à bonne fin une négociation matrimoniale en faveur de sa sœur cadette, la belle Marguerite de Valois. Catherine de Médicis, mal informée sans doute de l'incapacité de Tinfant, avait résolu de lui donner sa troisième fille, celle qui en 1 572 épousa le Béarnais. De toutes les missions qu'elle avait confiées à la reine d'Espagne, aucune ne lui tenait plus à cœur^. Les pourparlers avaient été entamés avant le mariage de Philippe IL Au commencement de 1 561 , la reine Catherine envoya en Espagne le portrait de Marguerite. Le tableau fut montré avec intention à don Carlos et à Philippe IL Elisabeth raconte elle-même cette scène à sa mère : c Quant les pintures arrivèrent, la princesse (Jeanne de Portugal) estoit issy, qui les treuva

1. Lettre de Glande de Nancay, dame de Vineoll, à la reine mère, da 28 noTembre (1561) (Aotogr., f. fr., vol. 15875, f. 436).

2. Lettres de Catherine de MédkU, 1. 1, p. 87, 145, 192, 247, 604 et ailleurs. — Négoc, sous François lly p. 801 et sniT.

les plus belles du monde et prinssipalement celle de ma petite soeur. Et le prince vint après, qui les vist et me dit trois ou quatre fois en riant : Mas hermosa es la pequegna. Si est aussy ; et je ay asseurés bien qu'elle estoit bien faite; et mad. de Glermont luy dit que c'estoit une belle famme pour luy. Il se print à rire et ne répondit. Le roy Ta trouvée fort belle et m'a demandé si elle estoit grande^. » Les dames d'Elisabeth constatent que la proposition paraissait plaire au prince. La dame de Glermont raconte t qu'il se prist à rire et rougir. » La dame de Yineuil ajoute hardiment : c Je crois qu'il voudroit estre davantage son parant^. > Jehan Conseil, le confesseur d'Elisabeth, écrit à Catherine que les Espagnols sont tant c édifiés de la royne qu'ils disent qu'il leur fault encores avoir mad. vostre aultre fille pour leur prince^. »

Un peu plus tard Catherine invite sa fille, au nom de son propre intérêt, à de nouvelles démarches en faveur de Marguerite. Elle lui

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