‹ Le traité de Cateau-CambrésisChapitre 25 sur 99 · Relaiioni des ambasiodeurs vénitiens, t. H, p · texte numérisé non relu

Relaiioni des ambasiodeurs vénitiens, t. H, p

devenant de jour en jour plus rares, surtout pendant la guerre civile de 1567 et de 1568, d'Ornano ne put tenir la campagne. En vain il fît de nouveaux appels au duc de Florence ^ Deux ans après la mort de son père, il signa, avec Geoi^es Doria et Jérôme-Léon Ânconitano, évèque de Sagone, une capitulation pour lui et pour les siens. Il s'embarqua le 1 ®^ avril 1 569 et quitta la Corse pour n'y jamais rentrer. Il prit du service dans les armées du roi, resta fidèle à Henri III et à Henri IV, fut nommé maréchal de France et mourut en 1610. Son tombeau est au musée des antiquités de Bordeaux.

Deux siècles s'écoulèrent encore, marqués par une longue suite d'insurrections, de massacres et d'assassinats, avant que la France prit définitivement possession de la Corse.

Le nom de Sampiero est toujours resté populaire parmi les habitants. Au moment où nous écrivons, une souscription nationale élève une statue au premier libérateur de l'Ile, au héros de son indépendance, au c premier Corse français. »

États Romains. — En 1559, la tiare appartenait au pape Paul IV. Chef de la maison Carafa, de tout temps suspecte à Charles-Quint

1 . Voyez les documents ^publiés par le conseiller Morati, la Cane, Cosme de Médicis et Philippe II, p. 67 et suiv.

et dévouée à la France, Paul IV avait l'ambition de rendre l'indépendance à l'Italie. Il maudissait les rivalités qui avaient ouvert les portes de la péninsule à l'ambition des rois de France et d'Espagne ; mais il était surtout l'ennemi de Gosme de Hédicis et des princes attachés à Philippe IL Son administration ne valait pas sa politique. Il avait livré la direction de sa puissance temporelle à ses deux neveux, le duc de Paliano et le cardinal Charles Garafa. Le duc n'avait fait la guerre que dans les troupes romaines. Le cardinal, ancien capitaine de gens de pied, avait servi avec honneur dans les compagnies du roi de France, notamment sous les ordres de Biaise de Monluc. Tous deux, à l'ombre de l'autorité de Paul IV, pillaient, rançonnaient, dépouillaient ses sujets et exerçaient à Rome un despotisme qui rappelle les tyrannies de l'antiquité. Le pape, circonvenu par les créatures de ses neveux, ignorait leurs crimes. Il les apprit enfin et se contenta d'exiler les coupables '^.

Paul rv avait accueilli avec peu de faveur la demande d'un concile universel contenue dans le prologue du traité de Gateau-Gambrésis. Il niait la nécessité de réformer l'Église et jugeait que Içs anciens canons suffisaient à la régle-

1. Voyez Bromato, Storia di Paolo IV. Rayenne, 1758, 2 ToL in-4».

mentatioD des difficultés nouvelles^ ; il croyait dangereux de rouvrir de grandes discussions où Tautorité souveraine du saint-siège pouvait sombrer et où la cause du libre examen serait soutenue par des évéques d'opinions incertaines. Sa violence lui faisait perdre toute mesure. Un jour, il fit appeler Odet de Selve et Louis de Saint-Gelais-Lansac, représentants de France à Rome, et les interrogea sur les alliances du roi avec les princes protestants. Peu à peu, il s'anima contre les souverains catholiques qui désertaient la cause de l'Église, et qualifia leurs ministres de c ministres du diable. > Puis il dit aux deux ambassadeurs terrifiés : c Cheminez droit l'un et l'autre, car je vous jure le Dieu éternel que, si je puis entendre que vous vous mesliez de telles menées, je vous feray voler les testes de dessus les espaules^. »

La mort de Henri II mettait en question la réunion du concile œcuménique. La fatale nouvelle resta quelques jours douteuse à Rome. Le 1 juillet, le nonce avait envoyé un courrier qui arriva dans la nuit du 1 7 au 1 8 juillet. Paul IV chargea l'évêque de Bergame de communiquer la dépèche à Philibert Babou de

1. Lettre de Sébastien de TAnbespine aa roi, en date du f jain 1559 (Orig., f. fr., vol. 6614, f. 23).

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