PAT TUE
Mr. CLEMENCEAU —7 Avril 1919 — «Je n’accepterai en au cun cas que, soit le Traité, soit la Commission, fixe un chiffre inférieur à ce qui nous est dû».
Et Mr. TARDIEU qui cite toutes ces paroles conclut; «Pour ces raisons, qui demeurent décisives, la France, en 1919, a refusé le forfait. Elle a refusé de fixer sommairement et au hasard la dette de l'Allemagne. Elle a refusé de pendre pour base de cette dette — ce qui est la conséquence inévitable du forfait — la capacité de paiement présumée de l’Allemagne. Elle a refusé de renoncer
à son droit d’être dédommagée intégralement de toutes les de structions de vies et de biens, qui sont l’oeuvre de l’Allemagne».
C'est cette même idée qu’exprime en propres termes le paragraphe 12 (littera e) de l’Annexe II de la Partie VIII:
«Les frais nécessités par les réparations et les reconstructions des propriétes situées dans les régions envahies et dévastées, y compris la réinstallation des mobiliers, des machines, et de tout matériel seront évalués au coût de réparation et de reconstruction à l’époque où les travaux seront exécutés».
S'il en est ainsi, on ne voit guère comment la date du ler Mai 1921, qui avait été imposée à la Commission des Réparations pour la fixation définitive de la dette allemande, résolvait le problème. — Elle donnait un délai pour la réalisation du Travail d'évaluation, maïs en ce qui concerne les dommages aux biens, il ne se conçoit pas qu'il eût été possible, à cette date, de dîre «ce qu'avait coûté la reconstitution”. C'était reculer la difficulté.
Il fallut donc produire des chiffres, et puisqu'on entrait dans ère des estimations, il était tout naturel que chacun cherchât à faire aboutir ses calculs à une résultante susceptible d'appuyer ses opinions et de servir ses intérêts.
En France même, plusieurs formules furent émises.
Mr. DUBOIS, Président de ia Commission des Réparations apprécia les dommages matériels à 65 milliards (non compris les taxes de guerre, les pertes en mer, les routes détruites, les destructions de monuments publics).
Mr. LOUCHEUR, en Février 1919, fournit l’évaluation de 75