Janvier
Ministre Reconstitution Industrielle à Général NUDANT,
Interprétation Général HAKING tout à fait inexacte. Jamais dans notre pensée de faire liver par l'Allemagne machines en remplacement de celles brisées. Nous voulons pour l'instant obtenir restitution des objets s'ils sont en bon état et si nous le voulons.
Nous ne connaissons que ce que nous citons. Mais, et c’est là une opinion personnelle, nous avons peine à croire que vraiment «il n’a jamais été dans notre pensée de faire livrer à l'Allemagne des machines en remplacement de celles brisées»
— nous croyons, au contraire que cela était, et à juste titre, dans
s Mo
la pensée française —il y a là un texte officiel qui constitue une capitulation devant une revendication alliée.
Déjà le 12 Janvier, l'Angleterre craignait que la détermination de l'obligation allemande de reconstitution sur le mode le plus simple et la suite l’a prouvé le seul réalisable, vint porter ombrage à ses intérêts.
Certes tous les intérêts étaient légitimes, mais, et nous avons
exposé notre point de vue sur ce point, il y avait un ordre d'importance à observer.
” La protestation officieuse anglaise venant faire corps avec les moyens dilatoires allemands, a, été le point de départ de la conception définitvement adoptée par le Traité, de faire de toutes les revendications alliées une masse, comprenant indistinctement tous les dommages de quelque nature qu’ils soient, et pour la comparaison desquels il a fallu une commune mesure: l’unité monétaire.
Nous en avons étudié les conséquences.
Nous pouvons reprendre ici la parole de M. G. HANOTAUX:
La France avait à peine élevé la voix, et déjà «elle n’était pas entendue, ou sa voix ne savait pas convaincre ses alliés », (1)
Dès ce moment, c'en est fait de notre droit de resfitufion fofale en idenfique ou en équivalence.
La Convention d’Armistice du 16 Janvier (Art. VI) prescrit une restitution des objets industriels et agricoles d’origine alliée, mais il ressort de ce texte que cette restitution ne peut porter que sur les objets mêmes qui existent encore sur les territoires dépendant de l’Allemagne.
C’est en puissance, l'Article 238 du Traité.
En admettant que cette restitution eût été réalisée dans son entier, elle ne constitue qu’une minime partie de la réparation à laquelle nous donnent droit les dévastations.
Et, cependant, en ce qui concerne le matériel de navigation maritime, le seul dont la destruction ait directement touché aux intérêts anglais, nous voyons que le Traité de Paix a bien pris
(1) G. HANTOAUX — Traité de Versailles — P. 232
Tire
soin de préciser : (Annexe III — & 1) «L'Allemagne reonnait le droit des Puissances alliées au remplacement tonneau pour tonneau, et catégorie pour catégorie de tous les navires et bateaux de commerce et de pêche, perdus ou endommagés par faits de guerre”. — Les cables sous-marins prélevés à l’Allemagne (Annexe VII ont été également nominativement désignés. (!)
En dépit de l’avertissement de M. L. BOURGEOIS: «Pour juger le Traité de Pais au point de vue des intérêts et de l'honneur de la France, ne cherchons pas à comparer les avantages que telle ou telle des nations alliées compte retirer de la paix», (?) nous ne pouvons nous défendre de comparer et de regretter que nos maisons, nos usines, nos meubles n'aient pas été au moins aussi favorablement traités que les navires et les cables sous-marins.
(1) Certes, il est prévu que les cables seront évalués pour mise au crédit du compte «Réparations». Mais le seul fait de la désignation nominative met bien en reliet le souci chez la principale intéressée de ne rien laisser échapper
de ce matériel.
(2) L. BOURGEOIS — Introduction à l’étude du Traité de Paix.
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