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avait besoin pour sor organisation économique de guerre. Tout l'organisme économique allemand a été transposé pour ce seul but; le salut privé fut sacrifié au salut public. Réduit à cette nécessité, le Gouvernement allemand ne pouvait pas arrêter aux frontières ennemies les mesures auxquelles elle devait soumettre sa propre population.
11 était forcé de saisir les stocks dans les pays ennemis, et, autant qu'ils ne pouvaient pas être achetés à des conditions raisonnables, à les acquérir, conformément à l’article 23 g de la Confention de LA HAYE, concernant la guerre continentale, pour satisfaire aux besoins du pays.
Nous ne cOntesterons pas que les saisies et l’exploitation aient été systématiques! Nous nous sommes attachés à le montrer. Mais que la propre population de l’Allemagne ait été soumise à l'épuisement général qui a été appliqué à la France! C’est là une plaisante affirmation !
Une simple visite comparative à une ville française antérieurement occupée, — même n'ayant reçu aucun projectile — et à une ville allemande quelconque, suffit à en montrer l’inanité.
Résumons-nous:
L'Allemagne a véritablement développé les dévastations dans le double but de nous ruiner et de s'enrichir.
Deux notions, dont l’une n’est pas simplement le corollaire de l’autre, mais à chacune desquelles l'Allemagne aftachait une valeur propre, car, même sans enrichissement correspondant, elle voulait notre ruine, elle l’escomptait pour l’après guerre.
Les plans militaires ont échoué, et avec eux tous les projets échafaudés sur leur succès.
Mais l’appauvrissement de la France, ainsi voulu, subsiste, et la punition de l'Allemagne ne devait pas s’arrêter au regret d’une partie manquée.
M. KEYNES, dont nous aurons quelquefois à parler au cours de ce travail, et qui ne saurait être taxé de penchants exagérés pour notre pays, reconnait qu’un <voyage à travers les régions dévastées de la France, est plus impressionnant pour les yeux et l’imagination qu’il n’est possible de le dire. »
Pour nous, Français, qui faisons, si j'ose ainsi parler, les frais de cette «impression des yeux et de l'imagination», il nous est permis de nous placer à un point de vue plus positif, et nous
CNE ADR
sommes en droit de prétendre à autre chose qu’au réconfort d’une sympathie inopérante. Directement touchés dans nos terres, nos maisons, nos usines, nos meubles, nos richesses, nous voulons que l’auteur du dommage nous fournisse réparation.
L'auteur du dommagne, c’est l'Allemagne, tant en raison de son intention initiale que de ses faits directement nuisibles.
Ses démolitions, ses prélèvemants, des destructions, injustes dans leur cause, engendrent l'obligation de reconstruction, de restitution, de remplacement.
Puisque toutes les citations de ce chapitre nous viennent d'Allemagne, trouvons encore notre conclusion dans les propres termes de l'Article 249 de son Code Civil:
« Quiconque est obligé à réparation de dommage, doit rétablir l’état de choses qui aurait existé si la circonstance ayant donné lieu à l'obligation de réparation ne fût pas survenue.
S'il y a réparation de dommage à fournir pour lésion d'une personne ou endommagement d’une chose, le créancier peut, au lieu du rétablissement en nature, exiger la valeur en argent necessaire pour le procurer».