‹ Le Traité de Washington [microforme]Chapitre 20 sur 77 · PAT MEET LEE SE · texte numérisé non relu

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ciable aux Etats-Unis comme plaignants, et il était extrêmement avantageux à la Grande- Bretagne, comme défenderesse.

L' Exposé Américain.

Néanmoins,quand notre Exposé fut connu, —je parle des premiers documents présentés par les Etats-Unis,—son véritable caractère ne fut pas compris en Angleterre, où l’on sembla oublier que la réplique devait venir dans le Contre-Exposé Britannique et non dans les journaux de Londres et dans le Parlement Anglais.

Un malentendu analogue se produisit plus tard au sujet du Plaidoyer Américain, le Conseil de la Grande-Bretagne pensant qu’il devait avoir la faculté de répliquer, comme on le verra plus loin, et perdant de vue le fait que le Gouvernement Britannique avait déjà débattu la question trois fois, dans l’Exposé, dans le Contre-Exposé et dans la Plaidoirie.

Quant à l’Exposé Américain, il sembla tomber dans le camp de l'adversaire comme une bombe qui rendit tout le monde muet pendant un mois; et puis se produisit une

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explosion de clameurs qui ne cessèrent pas de trois ou quatre mois et qui durèrent jusqu’à la décision finale du Tribunal d’Arbitrage.

Les principaux journaux d'Angleterre, quotidiens ou hebdomadaires, tels que le London Times, le Telegraph, le News, le Saturday Lieview, le Pall Mull Gazette, le Manchester Guardian, et les autres feuilles anglaises, en général, sont certainement rédigés avec une grande habileté et ils ne sont inférieurs à aucune publication en Europe quant à la réputation et au mérite. Ceci dit, il faut avouer que laclameur qu’ils poussèrent contre Exposé Américain me parut, à cette époque tout à fait indigne d’eux et de l’ Angleterre.

Ce fut mon opinion en lisant l’Exposé Américain pour la première fois, et c’est mon opinion aujourd’hui, après des l tures répétées, que ce n’est pas seulement un oc ment d’une habileté signalée, plein de science et de force légale, ce qui, à la vérité, est admis par tous, mais qu’il est également modéré dans la forme et digne dans le fond, tel enfin que doit être un ouvrage officiel publié au nom des Etats-Unis.

Je ne prétends pas que ce soit un docu-

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ment aussi froid que l’Exposé Anglais. Les couleurs chaudes ou ternes sont affaire de goût où les Etats-Unis n’ont pas autorité pour critiquer la Grande Bretagne et où la Grande Bretagne n’a pas mission de reprendre les Etats-Unis.

Nous pouvons présumer que, dans l’exercice de son droit incontestable, le Gouvernement des Etats-Unis a rédigé son Exposé avec l’intention de convaincre les Arbitres, et non dans le dessein dominant ou avec l'espoir particulier de plaire à la Grande Bretagne.

On ne peut faire aucune objection juste contre la teneur générale, l’esprit ou le style de l’'Exposé Américain. Ses faits sont pertinents ; ses arguments sont irrésistibles ; ses conclusions sont logiques ; et, en un mot, là est la véritable explication de l’émotion qu’il a causée en Angleterre.

En lisant l’'Exposé Américain, les Anglais intelligents ont tous compris ce fait que la Grande Bretagne allait passer en jugement devant une haute Cour constituée.

par trois Gouvernements neutres. (Cela n’était pas un agréable sujet de réflexions.

En lisant l’'Exposé Américain, les Anglais

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intelligents ont commencé aussi à se rendre compte avec un sentiment de malaise de la force de la cause des Etats-Unis. Et cela n’était pas un agréable sujet de réflexions.

Car une bonne cause devant un bon tribunal semblait devoir aboutir à un grand jugement international contraire à l’ Angleterre.

Les objections spécifiques avancées furent tout-à-fait futiles. Ainsi, l’on se plaignit de ce que l’Exposé accusât les Ministres Britanniques d’avoir manqué d'amitié envers les Etats-Unis pendant une certaine période de la Guerre Civile. Mais l’accusation était prouvée par la citation des déclarations de ces Ministres : elle n’était pas niéeet elle ne pouvait pas l’être par un seul anglais de bonne foi ; elle a été admise par Sir Alexander Cockburn dans la réfutation qu’il produisit à la fin de l’Arbitrage. L’accusation était juste en ce qu’elle expliquait les actes de négligence des autorités Britanniques subalternes, à Liverpool ou à Nassau. Ces actes ne pouvaient être interprétés autrement, si ce n’est par l’insinuation d’une imputation plus grave, celle de la duplicité hostile des Ministres.

S'il reste aujourd’hui quelqu'un qui pen- D

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che à mettre en question l’exactitude des remarques précédentes, je l’engage vivement à lire l’Exposé Américain, maintenant, à la lumière des torts constatés du Gouvernement Britannique; il aura alors grandement sujet d'approuver la raison, la dignité et la modération de ce document.

Explication des objections soulevées par l'Exposé Américain.

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La vérité, sans aucun doute, est que le mécontentement causé par le Traité luimême fut la raison majeure des objections faites contre l’Exposé. Les Ministres Britanniques avaient négocié le Traité avec la plus grande bonne foi et dans la conviction bien établie qu’il était sage, équitable dans ses clauses et compatible avec l'honneur de 1 la Grande Bretagne, comme avec l’honneur des Etats-Unis. Le Parlement l'avait accepté sans opposition sérieuse et après i un court débat, excepté sur la question de 4 parti très-peu importante de reconnaître s’il était plus ou moins favorable à la Grande Bretagne que les conventions négociées par Lord Stanley et le Comte de Clarendon. La

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