‹ Le Traité de Washington [microforme]Chapitre 28 sur 77 · TE TE PE EE · texte numérisé non relu

TE TE PE EE

‘€ Selon moi, notre devoir est d’obéir au Jugement et de payer ce dont nous sommes taxés sans chicane ni commentaire d’sucune sorte. [Applaudissements.] Je suis heureux de dire que c’est aussi l’opinion de mon savant ami, le Lord Chief Justice. Mais je dois ajouter, avec une grande déférence pour mon savant ami, que j'aurais désiré que, chez lui, la pratique s’accordât un peu mieux avec la théorie. Il nous a conseillé de nous soumettre au Jugement, comme je vous le conseille aussi, et non seulement de payer la somme, mais de laisser là, pour une fois, l'habitude nationale de grommeler [rires], de considérer que nous étions engagés d’honneur à faire ce qui nous était demandé et qu'ayant exécuté tout ce qui étaiten notre pouvoir de la manière honorable et élevée que la nation a sanctionnée, la seule chose qui nous restât à faire était d’obéir simplement au Jugement et de nous abstenir de tout commentaire sur ce que les Arbitres ont fait. [Applaudissements.] Mais si mon savant ami le Lord Chief Justice a été de cette opinion, je ne puis que regretter vivement qu'il n’ait pas pris le parti de signer simplement le Jugement avec les autres Arbitres, les différences d'opinion sur certains points étant parfaitement connues et ressortant des actes du Tribunal. Quand la cause est jugée, que nous sommes forcés d’agir en conséquence et que nous ne sommes réellement justifiés par aucun sentiment d'honneur ou de bonne foi dans aucune réclamation ou querelle au sujet de ce qui a été fait, je pense qu’il est regrettable qu’il ait cru que son devoir était de remuer et dé ressasser les arguments et les contestations sur lesquels les Arbitres se sont prononcés. [Applaudissements.] Je pense que si c’était son avis que nous devions nous soumettre au Jugement trenquillement et sans murmure, il aurait mieux fait de ne pas prblier son plaidoyer, et que s’il croyait juste de le publier, il * arait dû se dispenser de son conseil relativement à l’Arbitrage ”

M. Lowe ne peut s’empêcher de remarquer que les “ Raisons ” ne sont point une opinion mais un “ plaidoyer,” et un “ plaidoyer ”

qui est en contradiction avec les conclusions de l’auteur.

Ainsi, telle est l’excentrique constitution mentale du Chief Justice; incapable de suivre un raisonnement sans inconsistance et sans se contredire à chaque pas, il ne peut pas accomplir un acte, ou en recommander l'adoption, sans justifier amplement en même temps la conduite opposée.

Dans un récent débat au Parlement, il est vrai, à propos du discours de la Reine, quelques membres des deux Chambres et principalement ceux de l’Opposition ont parlé en termes élogieux des “ Raisons ” du Chief Justice. Lord Cairns, à cette occasion, semble avoir oublié ce qu’il avait dit, dans une autre circonstance, de l’impartialité juridique qu’on devait attendre d’un Arbitre. Et M. Vernon Harcourt, en défendant le Chief Justice contre ce que le Chancelier de l’Echiquier avait dit de lui à Glasgow, tombe sans sen apercevoir dans l’erreur de l’appeler “ le représentant de la Couronne, envoyé pour s'acquitter de ses devoirs envers sa Souveraine et pour maintenir l’honneur de son pays ; ” ce qui fournit à M. Lowe l’occa-

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