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fonctionnaire, dont la négligence ou la fraude ont rejailli si sérieusement sur le Gouver-
à de nouvelles personnes, qu’il n’y avait qu’à recourir aux anciennes. Ces inductions étaient légitimes et elles ont été confirmées dans la suite par les plus hautes autorités.
A ce propos, l’Arbitre Britannique, après avoir parlé de la dernière inférence comme d’‘‘un sarcasme peu généreux,” remarque :
‘ L’indigne insinuation qu’on veut faire ici, c’est que Lord Russell a dit une chose qu’il savait fausse, —insinuation qui sera traitée comme elle le mérite par tous ceux qui connaissent le noble Lord. Il est évident que, dans cette circonstance, M. Adams doit n’avoir:pas bien compris sa seigneurie?
Le Chief Justice admet, sans y faire attention, que si Lord Russell a fait cette déclaration, ‘* il a dit une chose qui était fausse, ”” et il nous demande de ne pas croire M. Adams, afin de disculper Lord Russell,
J’aime mieux croire M. Adams. En effet, les paroles qu’il attribue à Lord Russell sont en substance réaffirmées et adoptées par l’Exposé Britannique (page 118.)
La prévention insensée qui remplit l’esprit du Chief Justice à l'égard desEtats-Unis, de leur Agent et de leur Conseil, est rendue plus évidente ici que jamais par le fait que, lorsqu'il a jeté ce “ sarcasme peu généreux ” et cette “ indigne accusation ”” contre le Conseil Américain, il avait devant lui une relation de toute l'affaire présentée au Tribunal d’Arbitrage par Sir Roundell Palmer, et conçue ainsi :
‘ Sir John Harding fut sérieusement malade à partir de la fin de Juin 1862 et ne put, depuis cette époque, s’occuper des affaires du Gouvernement. Toutefois, on ne sut que quelques semaines plus tard qne sa santé ne se rétablirait sans doute pas, et ce ne fut qu’à la fin de juillet que le mal prit un tel développement que le Gouve:nement y reconnut un cas d’aliénation mentale incurable. *
‘ Bien que, pendant la maladie d’un Jurisconsulte de la ‘Couronne, il fût d’usage de ne pas le déranger pour des äffaires ordinaires, il était tout à fait conforme aux précédents de
nement Britannique, aient pu être destitués, on ne voit pas que des coupables tels que
désirer, autant que possible, dans une affaire importante, obtenir le bénéfice de son opinion. Dans des circonstances semblables, les pièces auraient été naturellement envoyées à sa résidence particulière ; et, cela fait, s’il avait été incapable de s’en occuper, un certain temps eut été perdu, avant qu’on eût pu constater cette impossibilité de travail de sa part.
‘€ Lord Russell a dit à M. Adams, le 31 juillet 1862, que la maladie de Sir John Harding avait occasionné ün certain délai dans l’affaire de l’ Alabama. Il n’aurait pas fait cette déclaration, si tel n’avait pas été réellement le fait, car quelle que fût la vérité, elle lui était alors connue. La circonstance même, que Sir J. Harding n’avait pas encore été consulté sur-les premiers détails de ce cas, peut avoir été la raison qui a fait désirer d’obtenir son opinion.
‘ Sir John Harding et sa femme sont morts tous les deux depuis quelques années, ainsi que Sir W. Atherton (alors Attorney General) et sa femme; on ne peut donc avoir de ce côté aucun éclaircissement sur les circonstances qui ont occasionné le délai qui s’est produit dans la remise des pièces à leur domicile particulier ou dans la transmission et dans l’examen de ces pièces.
‘ Le Solicilor-G'eneral était à cette époque Sir R. Palmer, qui peut affirmer positivement que la première fois qu’il a vu les pièces envoyées aux Law Oflicers (c’est-à-dire à tous les trois), le 23, et le 25 ou le 26 juillet, ce fut le soir du lundi 28 juillet. Il fut alorsinvité par l’Avocat Général, Sir W. Atherton, à les étudier avec lui en consultation, et l’avis qu’on devait donner au Gouvernement fut arrêté.” Sir R. Palmer croit de son devoir d’ajouter que ‘‘ jamais Gouvernement n’eut un serviteur plus diligent, plus consciencieux et plus laborieux que Sir W. Atherton, et qu’il est on ne peut plus improbable qu’il ait pu être coupable d’aucune négligence ou d’aucun retard inutile dans l’examen de pièces si importantes.”
Nous apprenons ainsi que, vers la fin de juin, comme le ‘Conseil Américain l’avait supposé, Sir John Harding fut
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Laird, Miller, Thomas, Prioleau et autres Anglais, dont les fausses déclarations ont
incapable de s’occuper des affaires du Gouvernement. Nous sommes informés ensuite que les pièces peuvent avoir été envoyées à sa résidence particulière et y être restées sans qu’on les examinât ; mais cela n’est pas affirmé comme un fait certain. En effet, nous pouvons conjecturer qu’elles peuvent avoir été envoyées à la résidence de Sir William Atherton; mais cela n’est pas affirmé. Sir Roundell Palmer parle de la remise des pièces à leur domicile particulier ; il veut dire apparemment ‘€ leurs domiciles.? Puis, on nous demande de croire que, par suite de la mort ‘de SirJ. Harding etde sa femme” et de celle “ de Sir W. Atherton et de sa femme,” il n’y a plus moyen d’expliquer le fatal délai qui s’est produit dans cette affaire et qui a été si préjudiciable et si honteux pour la Grande Bretagne:
S’était-on jamais imaginé que la mort d’un Avocat-Général ou d’un Attorney General et de leurs femmes pût laisser un Gouvernement dans l’impossibilité d’éclaircir une pareille question, et servir d’excuse à un tel retard de la part des Ministres ? .
Qui a porté les pièces à la résidence de Sir John Harding ow à celle de Sir William Atherton, ou aux deux résidences ? Pourquoi Lord Russell laisse-t-il six jours s’écouler sans demander une réponse, lorsque d’heure en heure l’affaire devenait plus pressante? Qui a rapporté les pièces de l’endroit où elles étaient, que ce soit la maison de Sir John Harding ou celle de Sir W. Atherton, ou les maisons de l’un et de l’autre? Pourquoi n’ont-elles pas été envoyées à Sir Roundell Palmer ? Comment ont-elles été enfin placées sous les yeux de Sir William Atherton et de Sir Roundell Palmer ?
Je déclare que j’ai une confiance absolue dans la parole de Sir Roundell Palmer. Sa déclaration montre qu’il n’y a aucune raison de supposer que les pièces ont été envoyées à Sir J. Harding ou à Sir W. Atherton, au sujet desquels on ne sait rien, plutôt qu’à Sir R. Palmer lui-même, qui affirme qu’elles ne lui ont pas été envoyées.
Observez que Sir R. Palmer a soin de vanter la diligence,
déçu leur Gouvernement et entraîné la Grande Bretagne dans cette périlleuse contesta-
Ja conscience et l’aptitude au travail de Sir W. Atherton, d’où il est facile de conclure qu’il n’a jamais reçu les pièces. Il va sans dire que l’allusion à sa mort et à celle de sa femme est aussi hors de propos que la mort de Sir J. Harding et de sa femme, ou l’insanité de Sir J. Harding.
Autre observation. D’après le récit de Sir Roundell Palmer, oneut recours deux fois aux Law Officers, le 23, et le 25 ou le 26. Il donne à entendre qu’on peut s'être adressé chaque fois à Sir J. Harding et à Sir W. Atherton. Ilne parle pas, comme Lord Russell, du malade Sir J. Harding seul; mais il a soin d’excuser aussi le bien-portant Sir W. Atherton. Or quand 1] fut appelé en consultation, le 28 au soir, ne lui vint-il pas à l’esprit de s’enquérir de la raison pour laquelle ces liasses de papiers, dont chacune aurait dû lui être communiquée à sa date ne lui avaient pas été soumises? Pourquoi spéculer sur les effets de l’insanité de Sir J. Harding ou sur l’intégrité de Sir ‘W. Atherton? Pourquoi ne pas nous offrir tout aussi bien des conjectures fondées sur sa diligence et sur sa droiture à lui, Sir R. Palmer ? La suppression des pièces, en ce qui le concerne, ne devait-elle pas lui suggérer qu’on les avait soustraites à Sir J, Harding et à Sir W. Atherton.
Revenons maintenant à la déclaration de Lord Russell à M. Adams, que le délai fut causé par l’insanité de Sir J. Harding, qui obligea le Gouvernement de s'adresser à d’autres personnes. Quelles autres personnes? Pourquoi, en vérité, les deux autres Jurisconsultes de la Couronne sont-ils déguisés par Lord Russell en ‘‘ autres personnes ?” Mais Sir R. Palmer nous assure que les pièces, (si en réalité elles ont été envoyées d’aucune façon), doivent avoir été adressées originairement “aux Law Offcers, c’est-à-dire à tous les trois.’ Lord Russell n’avait donc pas plus de droit d’attribuer le délai à Sir J. Harding qu'à Sir W. Atherton, car, même aujourd’hui, Sir R. Palmer ne peut pas dire auquel des déux le retard est imputable. Et cependant Lord Russell donne à entendre que le délai fut occasionné par l’insanité de Sir J. Harding, mais ni
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tion avec les Etats-Unis, aient jamais été punis d’aucune manière. Des poursuites ont
lui, ni Sir R. Palmer ne se risquent à affirmer que les pièces aient jamais été envoyées à Sir J. Harding.
Devant toutes ces déclarations imparfaites et inconciliables, on est autorisé à présumer que quelqu'un eut le pouvoir de contrecarrer les intentions du Gouvernement et de soustraire les pièces en question aux trois Law Officers jusqu’à ce que PAlabama fût prêt à appareiller. Je ne dis pas que Lord Russell fut cette personne; mais je crois qu’il la connaît, et s’il désire dégager son honneur, dont ie Chief Justice et lui parlent tant, il ferait mieux d’y travailler, non par des ‘‘ sarcasmes” adressés au Conseil Américain, mais en disant le nom du fonctionnaire du Département des Affaire: Etrangères qui a ainsi trahi et déshonoré le Gouvernement.
Toutes les questions qui se rattachent à cet incident sont aujourd’hui terminées. Mais l’incident en lui:même a une importance durable, en ce qu’il démontre la faiblesse du Gouvernement Britannique du ‘îté de ses soi-disant ‘ Law Officers"? qui sont des membi°s affairés du Barreau, arrachés à leurs occupations personnelles, et sur l’opinion desquels le Gouvernement vit et agit; auxquels le Gouvernement ‘envoie des pièces”? dans les grandes occasions, sans qu’ils soient membres véritables et effectifs du Gouvernement, comme les Law Officers des Etats-Unis. !
Ici, aux Etats-Unis, dans le cas du Maury par exemple, des pièces sont adressées au secrétaire d'Etat par le Ministre Britannique, le 11 octobre 1855, exposant l’armement, illégai et fait en violation de la neutralité, de ce bâtiment ; les pièces sont transmises à l’At{orney General le 12; le même jour, Pordre de mettre l’embargo sur le navire est expédié par le télégraphe, et le navire est arrêté le 13 à New York.
Ce n’est pas sans raison que M. Fawcett a appelé l’attention de la Chambre des Communes sur ce défaut dans Padministration de la justice du Gouvernement Br.iannique. L’objection que l’Af{orney ou le Solicitor-Ceneral doivent avoir la faculté de continuer leur pratique particulière, afin d’avoir la
été exercées contre quelques coupables secondaires, mais aucune n’a eu lieu contre les auteurs responsables du préjudice et de la honte que l’ Alabama et le Florida ont causés à la Grande Bretagne. On trouve, de temps en temps, dans les journaux de Londres, des indices du mécontentement des contribuables, qui sont aujourd’hui appelés à indemniser les Etats-Unis des gains déshonorants des Laird et des Miller. Le même sentiment s’est traduit dans les récents débats de la Chambre des Communes. En vérité, si l’on faisait le compte des dommages infligés au peuple Anglais par les pertes positives faites sur les bonds Confédérés placés en Grande Bretagne, et des profits perdus sur les bonds des Etats-Unis, qui n’y ont pas été achetés et qui ont été vendus en Allemagne ; si l’on additionnait les navires et les chargements anglais capturés en cherchant à forcer le blocus des ports du Sud, le paiement de l'indemnité aux Etats-Unis, pour les prises faites par l’ Alabama, le Florida et le Shenandoah, la hausse dans le science requise pour diriger lib affaires du Gouvernement, est tout à fait illusoire. Tl serait tout aussi raisonnable de sou-
tenir que le Lord Chancelier ou le Chief Jietice du Banc de la Raine doivent continuer à appartenir au Barreau.
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