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LE TRAITEMENT DE L'AMIBIASE PAR L'IPÉCA ET L'ÉMÉTINE

Très anciennement connue dans ses manifestations la dysenterie amibienne a fait appel au cours des siècles aux agents médicamenteux les plus variés. L'ipéca domine cependant toute l’histoire thérapeutique de l’amibiase. Au xv° siècle les indigènes du Brésil l’employaient couramment, et l’usage en avait consacré la valeur. La constatation clinique de l’état dysentérique imposait fatalement l’administration de l’ipéca. Les découvertes scientifiques ultérieures ne devaient guère combattre ce que l’empirisme avait édicté. Les récidives observées avaient pourtant fait rechercher des moyens plus actifs, et la multiplicité des médicaments préconisés témoigne assez de leur inefficacité, Successivement le Kho-Sam utilisé au Tonkin et importé par Lemoine, le simarouba, la racine d’ailante, le Garcinia bénéficiérent de la faveur des thérapeutes. L'ipéca plus fidèle dans ses résultats conservait malgré tout le pouvoir le plus évident.

En 1817, deux savants français, Pelletier et Magendie isolèrent pour la première fois de l'ipéca, l'émétine. L'impureté de cet alcaloïde, l'ignorance dans laquelle on se trouvait alors de ses propriétés pharmacodynamiques firent qu’il n’entra pas de suite dans la thérapeutique,

En collaboration avec Dumas, Pelletier obtint, en

1823, « émétine blanche », poudre légèrement amère,

soluble dans l'alcool et l’éther. Le sel ou chlorhydrate

d'émétine, toxique, instable à la chaleur, perdant par la

stérilisation son action parasiticide, ne fut pas considéré comme susceptible d’être administré à l’homme, et ne retint pas davantage l'attention des médecins.

Vers 1900 le professeur Maurel étudiant certaines lois de fixation des poisons, de CI. Bernard expérimenta la solution de chlorhydrate d’émétine à 1 pour 20, et détermina que chez le lapin la dose toxique était de 10 centigrammes par voie sous-cutanée, et seulement de 3 centigrammes par voie veineuse. Dans la suite les travaux de Dalimier et de Guglielmetti mirent surtout en évidence le danger des fortes doses, et lè phénomène de la toxicité accumulative de l’émétine, |

A la lumière de ces faits quelques essais furent tentés,

mais à vrai dire ce n’est qu’en 1913 que le chlorhydrate

d’émétine apparut comme le spécifique de l’amibiase.

Alors que Vedder recherchait le pouvoir de-l’émétine vis-ä-vis d’amibes non pathogènes, un chirurgien anglais de Calcutta, le Dr Rogers, démontrait la sensibilité de l’entamæba dysenteriæ à l'égard de cet alcaloïde. De ses expériences il résultait que la solution à 1 pour 1.000 tuait instantanément les protozoaires, alors que pour une dilution de 1 pour 10.000 les amibes d’abord immobilisées succombaient au bout de quelques instants. Dans le British Medical Journal de juin 1913, Rogers publiait les premiers résultats obtenus en pathologie humaine. La supériorité d'action de l’émétine sur la poudre totale d’ipéca était dès lors établie. En France, Chauffard en

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