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fixa la posologie, et se fit le promoteur d’une méthode qui devait bientôt compter à son actif d'innombrables succès. Il conseilla l'emploi, par voie sous-cutanée, d’une dose journalière de 8 centigrammes de chlorhydrate d’émétine, répartie en deux injections de 4 centigrammes faites matin et soir. La durée de la cure limitée à dix jours répondant à une dose totale de 80 centigrammes Dans les formes graves, sans adynamie marquée la dose quotidienne de 10 centigrammes trouvait ses indications Cette façon de procéder fut généralement adoptée. D’après Garin des injections intra-musculaires de 15 et, 20 centigrammes, pendant les douze ou quinze premiers jours de la maladie, à un moment ou il n’y a pas encore de kystes, stériliserait le malade. Pour une double raison cette manière de voir ne fut pas admise, la forte dose d’émétine à injecter, et d’autre part l'augmentation de la toxicité due à la voie intramusculaire.
Alors que pour Guglielmetti «la voie veineuse ne doit pas être employée parce qu’elle expose à des accidents cardiaques et n’a pas d'avantages » Petsetakis, après Baermann et Heinemein, de Sumatra, injecte dans le torrent circulatoire l’émétine diluée dans du sérum physiologique et note «des résultats bien supérieurs à ceux obtenus par la méthode ordinaire, et voire même “des guérisons parfois surprenantés » l’action dépressive étant -compensée par l’adjonction de chlorure de calcium au sérum. En dépit des conclusions optimistes de Petsetakis,cette méthode, infirmée par l'expérience, de technique compliquée, et non exempte de dangers n’a pas passé dans la ‘pratique courante, La majorité des cliniciens
n’utilisent que la voie sous-cutanée à tous points de vué préférable.
Le chlorhydrate d’émétine a pour effet immédiat de diminuer le nombre des selles. Elles perdent leur caractère hémorragique et leur mollesse, les épreintes et le ténesme cèdent rapidement. L'amélioration fonctionnelle estconnexe de lacicatrisationdes ulcérations intestinales, la rectoscopie démontrant la réalité de cette guérison anatomique. Les jours suivants, la reprise du poids reflète la cessation de l'intoxication amibienne. La phase aiguë jugulée, la malade conserve l'illusion d’une guérison définitive ear il ne se trouve nullement protégé contre le retour à l’activité des foyers amibiens.
Dès les débuts de la médication émétinique, certains insuccès discréditèrent la méthode et limitèrent l’enthousiasme qu’elle avait fait naître. Rendus à leur activité normale, nombre de dysentériques apparemment guéris, virent se reproduire à échéances plus ou moins tardives des réveils de leur infection, dus à la persistance des kystes.
En 1918 Marchoux insista sur ce fait que l’émétine, médicament de choix de la dysenterie amibienne aiguë neipréservait pas du passage à la chronicité. Sur 46 malades traités, Dopter observa dix rechutes apparaissant de un à'six mois après la guérison clinique de la première atteinte! Les observations ultérieures de Chauffard, de | Dufougeré, de Baermann, de Valence, prouvèrent l’action fugace dé l’émétine. Dans sa thèse, Rozé relevant un certain nombre de faits empruntés à la littérature étran-
gère cite une statistique absolument démonstrative, con-
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firmanten tous points l’opinion des auteurs français. Dans «dix cas la dysenterie amibienne ayant une source géographique et une ancienneté d’origine bien déterminées » Werner, de Hambourg, signale la persistance de « vestiges amibiens » chez six malades, soit une proportion de 50 0/,. Ces constatations nous permettront de comparer les résultats éloignés de l’émétine à ceux des arsénicaux.
En présence de ces rechutes, Chauffard tenant compte des faits de toxicité accumulative pensa que le but thérapeutique devait être de détruire toute une génération d’amibes, et préconisa à cet effet l'usage des cures répétées. Deux séries d’injections mises en œuvre la première eb la troisième semaines après l'infection initiale assuraient par une cure d’entretien la prolongation dans le temps de la cure d'attaque.
À côté de quelques résultats favorables bien des échecs furent signalés imputables à la fois À l'inactivité manifeste de l’émétine chez certains dysentériques, et à son influence fâcheuse sur l'appareil cardio-vasculaire. Cabre en rapporte un exemple typique qu’il nous semble profitable de rappeler. I] s’agit d’un sujet de 26 ans ayant présenté une première atteinte de dysenterie assez fruste. En 1912, deux ans après le début et à l’occasion d’une rechute le malade est Soumis pour la première fois à une cure d’émétine, sous forme de 10 injections de 4. centi: grammes, et de 2 de 1 centigramme, associées à du cacodylate de soude. Les Symptômes aucunement modifiés se compliquent de phénomènes parétiques durables. Deux mois après ce traitement initial une deuxième série: de 8 injections de 3 centigrammes d’émétine détermine.
une amélioration légère, avec réapparition de selles à peu près normales et reprise de poids. En 1913 une rechute violente avec selles fréquentes, glaireuses et sanglantes s'accompagne d’un amaigrissement considérable. Une nouvelle cure d’émétine est inactive, et l’état reste stationnaire, À la suite d’un examen coprologique pratiqué par Dopter 3 injections de 10 centigrammes d’émétine et une de 8 centigrammes donnent une détente illusoire, Confiné au lit, le malade se cachectise, les selles sont au nombre de 15 par jour, l’asthénie est extrême. Malgré l'emploi rationnel du sérum elucosé et des lavements à la liqueur de Labarraque à 12 pour 1.000, les urines sont albumineuses, la paralysie glosso-labio-laryngée et la parésie des membres s'installent, Ja mort survient en quelques jours.
Avant de faire état des raisons qui conditionnent habituellement l'échec du chlorhydrate d’émétine il importe | de passer en revue les moyens utilisés pour éviter de tels insuccès. Pour combattre l’action hypotensive indiscutable les thérapeutes eurent recours à d’autres voies que la voie sous-cutanée, La constance et la prédominance des lésions au niveau du rectum firent naître l’idée d’une thérapeutique locale possible de l’amibiase. La rectoscopie en permettant de suivre, de ‘visu, l’évolution des altérations recto-sigmoïdiennes i imposa Je emploi d'agents agissant localement et fit ressortir l'action adjuvante des produits topiques. L'auto-observation de Dufougeré signale les heureux effets de l’émétine, à faibles doses, associée aux grands lavages au nitrate d’ar gent suivant la méthode de Quénu. Cabre à propos d’un malade de
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Dopter mentionne une guérison imputable à l’ipéca associé auxirrigations de nitrate d'argent. Friedel recherchant une action plus continue substitue aux lavements le pansement rectal, et obtient plusieurs guérisons.
L'émétine par voie buccale fut pour la première fois employée par Mac-Adam, Wennyon, et O'Connor. Ces auteurs utilisant simultanément l’ingestion et les injections hypodermiques notèrent chez leurs malades des
signes d’intolérance gastrique, avec vomissements et
-asthénie marquée. Outre les dangers auxquels elle expose
les sujets déjà déprimés par une infection tenace cette
méthode n’est aucunement favorable au pronostic d’avenir des dysentériques, Sur 68 malades traités, 17 eurent des rechutes.
Dale (1915) Du Mey (1916) préconisèrent, l’iodure double d’émétine et de bismuth sous forme de cachets kératinisés ou glutinisés à doses progressives allant jusqu’à 20 centigrammes par jour. Low et Dobell en Angleterre, Lebœuf, Ravaut et Charpin, Labbé en France obtinrent la disparition deskystesensoumettant des malades à l’ingestion de 18 centigrammes de ce produit à raison de trois pilules kératinisées de 6 centigrammes. Sous cette forme l’émétine libérée dans l'intestin à l’état naissant possède une action plus prolongée. Malheureusement elle est généralement mal supportée, et il est presque impossible de l’administrer à dose suffisante pour obtenir la stérilisation certaine, L'avis des auteurs diffère en ce qui concerne la valeur curative de l’iodure double d’émétine et de bismuth. Pour Carles, de Bordeaux, c'est «le médi-
cament de choix à opposer à la dysenterie amibienne
chronique » au contraire Carnot n’a jamais pu mener 4 bien une seule cure de ce genre ; les phénomènes d’intos lérance etl’hypotension imposant toujours.la suspension précoce du. traitement. Cette dernière opinjon,est. d'ail: leurs confirmée par une statistique de Waddel;Banke, Watson et Redman King : sur un total de 102% maladés, il y eut 19 échecs, j
Convaincu de la supériorité de la voie buccale Ravaut, tenta d’obvier aux inconvénients de l’émétine ven utilisant l’ipéca sous une forme susceptible d’être, à la fois, ingérée par les malades sans inconvénients immédiats et d’agir pendant un temps assez prolongé, L'association en proportions bien déterminées du sous-nitrate de bismuth et de la poudre d’ipéca répond à ce but. Adjuvant précieux dans l’amibiase chronique la pâte de Ravaut, lutte efficacement contre le parasitisme latent. Cependant les malades s’habituent difficilement à l’usage de
6e médicament. La répulsion qu'ils éprouvent à son égard en limite l’emploi et fait que souvent la médication prescrite n’est pas suivie.
À l'appui de cette étude analytique nous croyons utile d’insister sur les causes d'échec de l’ipéca et de l’émétine surtout dans les dysenteries chroniques. Sans doute les arguments que nous proposons n’échapperont pas à toute critique, Faute de pouvoir établir définitivement les raisons de cette insuffisance nous ne retenons que les faits qui semblent indéniables, à savoir ceux résultant d’une
étude clinique longtemps poursuivie,
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