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Le tiers inférieur des deux jambes et particulièrement le dos des pieds, sont couverts de bulles d’un volume variant de celui d’une tête d’épingle à celui d’un haricot. La plupart des bulles sur le dos du pied sont tendues, claires, transparentes ; la peau au pourtour, n’est pas modifiée. Les bulles sont, par places, très près l’une de l’autre, avec une légère tendance à former des cercles et des demi-cercles. On voit, en outre, quelques vésicules à contenu clair disséminées sur le dos des mains et des doigts. Sur le prépuce quelques petites vésicules sur une base rougeître.
Ni albumine, ni sucre dans les urines. Absence de démangeaisons et de cuissons. La thérapeutique consiste en pansements à la liqueur d’acétate d’aluminium. L'éruption bulleuse gagne en très peu de temps le corps entier, il ne reste presque pas un endroit épargné. Les bulles, du volume d’un pois, rarement d’un haricot, deviennent pustuleuses ou crèvent en laissant des érosions superficielles en nappes, surtout sur le tronc. Le malade est mis dans le bain permanent et il y reste de 8 à ro heures par jour.
On commence un traitement arsenical par injections souscutanées à doses croissantes de 0.07, 0.125, 0.015. Pas d’éruption sur la muqueuse buccale, nasale et conjonctive.
L'état du malade s'améliore très rapidement, de grandes lésions, surtout sur le tronc, guérissent en laissant des cicatrices superficielles. Il se produit, de temps en temps, une nouvelle poussée de bulles, mais beaucoup moins intense qu’au début. La peau devient pendant le traitement arsenical, peu à peu brune, mais les endroits cicatrisés restent nonpigmentés. Les bulles, disséminées jusqu’à présent irrégulièrement, commencent maintenant seulement à former des groupes et sont disposées à la périphérie de taches érythémateuses. Avant obtenu une amélioration par l’arsenic o diminue la dose et on commence uniquement un traitement par la liqueur de Fowler (20 gouttes par jour). On note, de temps en temps, quelques nouvelles bulles, on diminue 1a dose à 15 gouttes à la sortie du malade. Mais, alors, survient une nouvelle poussée si forte que le malade est obligé d’entrer de nouveau à l’hôpital. Il est couvert de nombreuses bulles atteignant même le volume d’une noix, elles se trouvent surtout sur les parties distales des membres. L’éosinophilie du sang est de 8 % ; dans les bulles jusqu’à 50 %.
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Par l'effet des injections arsenicales (1/2 — 1 1/2 ctg. par jour) l’éruption régresse complètement et le malade peut quitter l'hôpital au commencement du mois d’août, il doit prendre 30 gouttes de liqueur de Fowler par jour. Pas de bulles jusqu’à la fin du mois. Le malade interrompt le traitement et de nouvelles bulles apparaissent sur les jambes et quelques-unes sur le corps. Il recommence le traitement, mais chaque fois qu’il essaie de l’interrompre il fait une nouvelle poussée souvent très forte. En mars 1907, il èst de nouveau admis à la clinique, en pleine poussée. On fait alors des injections d’atoxil de 0.05 — 0.2 deux fois par semaine. On observe une fois une légère albuminurie passagère, une fois des diarrhées et plusieurs fois une assez forte fièvre, quelques petites poussées au début du traitement, mais, plus tard une rémission complète. I1 se développe une hypersératose palunaire d’une teinte jaune clair, elle n’est pas très prononcée, mais tout à fait caractéristique.
Pas d’irritation à la suite de pansements à la vaseline et lanoline à 1. T. K. à r %, mais une éruption de bulles allant du volume d’un pois à celui d’un haricot le lendemain d’un pansement à la vaseline et à |’ T. K. à ro %.
Nous publions ce cas à fin de montrer que l’arsen'c dans ses formes peu actives peuvent donner des amélorations importantes dans la maladie de Broca- Dubhring, mais il faut des formes plus actives comme
les arsénobenzènes pour provoquer la guérison définitive.
Avec ce cas Mile Eliascheff publia seize autres traités par l’arsenic. De ces dix sept cas elle tira les conclusions suivantes
« Si nous jetons un coup d'œil, de ce point de vue (l'effet de l’arsenic) sur les données qu’apporte ce travail, nous trouvons assez souvent notée une influence favorable (15 cas); elle n'est vraiment frappante que dans trois cas : mais alors elle est tout
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à fait indiscutable. Elle s'exerce sur le cours de la maladie, non dans le sens d’une vraie guérison, mais d'une régression des lésions cutanées très nette avec le traitement arsénical à une certaine dose ».
Nous verrons plus loin que les arsénobenzènes corréctement employés ont donné des guérisons
durables.
OBSERVATION 12. — (Service du Docteur Milian).
M°° L..., âgée de 56 ans, entre dans la salle Henri IV, le 12 décembre 1927 pour une dermatose accompagnée de douleurs et de prurit.
Antécédents. La malade a eu une première atteinte de la maladie de Dubhring il y a 10 ans. Elle a été traité par l’autohémothérapie il y a quatre ans, à Nancy, par le docteur Watrin. Depuis 10 ans elle a eu plusieurs poussées.
Etat actuel :
Placards érythémateux sur les deux pieds, sur les jambes, les cuisses et les fesses. Il y a deux placards autour du mamelon formant une auréole à contour mal délimité. Sur le thorax, à gauche, les placards atteignent la dimension d’une pièce de 5 francs. Ces placards sont couverts par endroit de croûtes, et sur les plaques du pied droit on note de nombreuses vésicules. I1 n’y a que quelques bulles sur le corps, trois sur 1a face externe du pied gauche. La distribution des éléments
est la suivante .
Membres inférieurs :
Des placards érythémateux sur tout le côté externe des deux pieds, sur la face interne du genou droit, sur la face externe des deux cuisses, sur la face postérieure de la cuisse droite. I1 y a une petite bulle sur la base du 5° métatarse droit, trois bulles sur la face externe du pied droit.
Région fessière :
Quatre bulles sur la fesse gauche. Placards érythémateux sur les deux fesses.
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Région mamelonnaire : Placards érythémateux autour des deux mamelons . Dos : Partie supérieure externe, un grand placard érythémateux et une croûte de 6x 3 cm. Symptômes subjectifs. La malade accuse des douleurs violentes à la base du thorax et une céphalée intense.
L'examen des autres organes ne montre rien d’important. Le poumon et le cœur sont normaux. Les reflexes rotuliens et achilliens sont un peu vifs. La tension artérielle est 10-6.
Traitement et évolution :
A partir du 16 décembre, la malade reçoit une injection intraveineuse de o gr. 30 de novar tous les sept jours jusqu’au 14 février 1028.
La température oscille pendant tout ce temps entre 37° et 38°. Le 14 février, époque de la dernière injection la température est montée à 40° pour redevenir normale le lendemain.
Le 23 décembre, les douleurs thoraciques sont de plus en plus fortes.
Le 26 décembre, la plupart des placards se couvrent de bulles.
Le 21 janvier, arthrite très douloureuse du coude gauche. Douleurs persistantes à la base du thorax.
Le 15 février, une vingtaine de vésicules sont survenues sur les placards de la cuisse et des seins.
Le 28 février. Il y a en outre, à la région pectorale gauche une fistule qui suppure. HIl eest consécutive à un abcès du volume d’un œuf.
Le 25 mars, sur le dos des mains apparaissent des bulles à évolution centrifuge. Au coude, gros abcès sur face externe. Il y à une autre collection fluctuante sur la face interne.
En auscultant les poumons on entend des râles humides à la base gauche en arrière.
La malade quitte l’hôpital le 5 mai 1028, améliorée, mais non guérie de sa dermatite.
Elle avait reçu en tout 3 gr. oo de novar. C’est un des rares cas où le novar a été sans effet notable. Peut être se trouve-t-on devant un de ces cas d’arséno-résistance comme on en trouve dans le traitement de la syphilis.
sr OBSERVATION 13. — (Gougerot, Clara et Jean Weil).
En juillet 1020, la malade âgée de 15 ans se fait accidentellement une plaie au front qui s’infecte. L’impétigo qui en résulte est guéri au bout de deux mois environ.
En novembre 1920, se manifeste au voisinage des oreilles une dermatose croûteuse, suintante, prurigineuse, étiquetée eczéma. Avec des améliorations et des rechutes, elle persiste tout l’hiver. Puis à la fin de mars 1030, apparaît une adénopathie rétro-auriculaire.
Le médecin, appelé à cette occasion décide de faire, le 12 Mai, une vaccination antityphoparatyphique. Celle-ci est suivie, trois jours plus tard, d’une vive poussée éruptive suintante, peu prurigineuse, qui envahit le cuir chevelu. A la mi-juin l’éruption s’étend à la face, en même temps que des bulles inégales, de 5 à 15 millimètres de diamètre, apparaissent au dos des mains, puis au tronc et aux cuisses.
La malade entre le 30 juin 1030 à la salle Bazin ; elle a des bulles de taille et d’âge différents , les unes claires, d’autres infectées sont remplacées par des croûtes. Entre ces bulles existent non de l’eczéma, mais des placards rouges vifs de 4 à 25 millimètres de diamètre, suintants, inégaux, légèrement infiltrés, sans bords nets ni vésicules. On note en outre une certaine altération de l’état général. La réaction de Wassermann est négative.
Au traitement local on associe l’auto-hémothérapie et le novar-sénobenzol. L'amélioration est rapide, mais le 1x juillet l’injection de o gr. 45 de novar détermine un mouvement fébrile à 38° et dans les jours suivants une nouvelle poussée érythémateuse, suintante, mais non bulleuse.
On suspend alors l’usage de l’arsenic, poursuivant les soins locaux et l’auto-hémothérapie. Au bout d’une quinzaine de jours la poussée se calme mais les placards érythémateux sont devenus squameux.
Les squames, fines ou épaisses, adhérentes ou en voie d’exfoliation recouvrent une peau tendue, brillante, sans vésicule d’eczéma ni micro-abcès même au grattage méthodique. Les placards sont rouges vifs avec des bords estompés.
Le 8 août on reprend, cette fois, sans inconvénients Îles injections de 014, de o gr. 15 à o gr. 60. Mais elles semblent
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sans action sur les lésions que des applications de baume de Baissade décapent et améliorent rapidement.
La malade sort le 20 août 1930 très améliorée mais non complètement guérie, conservant à la face, au cou, entre Îes seins, aux aines, des placards rosés légèrement squameux. Le quadrillage épidermique est nettement accentué comme dans un début de lichénification mais sans infiltration ni prurit.
OBSERVATION 14. — (Milian).
La nommée KR. Rey Marie entre le. 29 octobre 1031 dans mon service de l’hôpital Saint-Louis, salle Henri IV, fit n° 12, pour une éruption généralisée dont le début remonte à six semaines. Ce début s’est fait par la hanche droite, a gagné la région lombaire, le côté droit, et l’éruption s’est bientôt généralisée.
À l'entrée il s’agit de placards érythémateux dont beaucoup étaient surmontés de bulles claires, de dimensions variables, allant d’une lentille à une noisette et d’avantage. Cette éruption presque généralisée s'accompagne de sensation, de brûlure et de prurit assez modéré.
I1 s’agit d’une maladie de Duhring des plus caractéristiques. Il s’agit d’une femme qui par ailleurs, est assez obèse, bien que ne pesant que 78 kgs, car elle n’était pas de grande taille. I1 y a des traces d’albumine dans les urines, mais surtout il y a du sucre en assez grande abondance et le dosage révèle 16 grammes par litre pour une quantité d’urine d’un litre par jour. La tension artérielle est à 13-7 au Vagnez. Le foie et la rate sont normaux, ainsi que les poumons, et nous notons que les reflexes rotuliens et achilliens sont vifs, les pupilles, légèrement inégales, réagissent à la lumière.
La réaction de Wassermann est négative ; l’urée du sang est à 0,26 et la cholestérine à 1,73.
Cette femme à un léger mouvement fébrile à 37°7 et 38°, qui au bout de quelques jours monte progressivement pour osciller entre 38° et 30°, et même atteindre 40°4.
1] se dégage de cette malade une odeur presque gangréneuse extrêmement désagréable, et comme un grand nombre de bulles sont purulentes, nous recherchons quel microorganisme existe dans cette sérosité. Or, à l’examen directe des
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frottis, on trouve une flore microbienne extrêmement abondante de coccis et de staphylocoques.
On ne trouve pas de bacilles ; la culture ne révèle pas davantage, en particulier, de bacilles de gangrène cutanée, malgré l’odeur qui se dégage de la patiente. Maïs par contre, la gélose, le bouillon, le bouillon pipette donnent du staphylocoque extrêmement abondant.
En présence de cette fièvre et infection superficielle de la malade et surtout de son adiposité, nous hésitons à injecter le o14 à cette femme, et nous voulons avant toute administration d’arsenicaux, désinfecter la surface des téguments. C’est pourquoi nous la mettons aux bains quotidiens cu
presque quotidiens de permanganate de potasse.
Malgré cette thérapeutique, les bulles, surtout aux pieds, sont extrêmement abondantes et volumineuses, et on n’y trouve pas du streptocoque pur le 7 novembre.
Le 12 novembre la malade fait un grand frisson avec 40°4 de température, quoiqu'il n’y ait pas d’éruption visible pendant cette période d’infectior.
Les urines ont fortement diminué et tombent à 250 grammes par jour.
Sous l’influence des soins de propreté, la température descend alors autour de 38° et les urines remontent à 2 litres 1/4. Nous pensons alors que la malade peut être mise, non pas au 014 dont nous craignons toujours les réactions biologiques en injections intraveineuses, mais à l’arsenic buccal, et il est commencé pour le 27 novembre, chaque jour, deux comprimés de stovarsol.
Avant d'indiquer l’évolution de la maladie au cours de ce traitement, nous complèterons l’observation de la malade, par les antécédents.
Ses antécédents personnels ont été les suivants : Premières règles à 13 ans, régulières, souvent abondantes, sans pertes blanches. Elle n’a jamais eu d’enfant ni de fausse couche, elle n’a jamais été malade sauf un kyste de l’ovaire opéré à l’âge de 28 ans ; depuis quatre ans, elle présente une hernie ombilicale. Son mari est bien portant, son père est mort
subitement, à 57 ans, sa mère est morte à 54 ans. Celle-ci a
eu cinq enfants dont trois sont morts, l’un du croup, à 11 ans ; les autres à 20 et 35 ans environ.
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Le 27, il est donné 3 comprimés de stovarsol ; le 28, quatre comprimés, chacun à 23 centigrammes, et cela lui est continué ainsi jusqu’au 8 décembre.
Parallèlement à l’administration de ce médicament, ja température a augmenté d’une manière progressive à 39°, puis à 40°. Cette augmentation de la température coïncide d’ailleurs avec des phénomènes pulmonaires : toux, râles muqueux aux bases et râles bulleux un peu partout. La peau est tout à fait en mauvais état, criblée de bulles et de squames. Le dos suinte abondamment.
La malade est alors mise au tréparsol, à la dose de 1 gramme par jour. À dater ce ce jour la température baisse progressivement pour osciller autour de 38° le 24 décembre, date à laquelle on constate la disparition du sucre des urines.
Le 1°” janvier, la dose de tréparsol est même portée À 1 gr. 25 par jour, et la température s’abaisse progressivement au-dessous de 38°, touche même 37° très souvent. On constate à cette époque, 5 janvier, que la peau a repris son aspect normal, que la plupart des bulles sont éteintes, quoiqu'il en reste encore quelques-unes, et l’on trouve d’assez abondantes squames à la surface de la peau.
Devant cette amélioration progressive, on diminue la dose du tréparsol à la dose de 75 centigr. par jour à partir du 19 janvier. Les urines examinées encore à diverses reprises, le 7 et le 26 janvier, ne montrent ni sucre, ni albumine.
Le 27 janvier, la malade se plaint de douleurs très vives aux talons depuis plusieurs jours, et nous pensons à ce moment que c’est le contact permanent du talon avec le matelas qui produit cette douleur par compression.
Cette femme a toujours de nombreuses squames, croûtes de la dimension d’une pièce de 5 francs, témoignant que sur les téguments il existe de nombreux éléments bulleux disséminés. Elle reste affalée sur le dos, dans son lit, et vomit depuis deux ou trois jours, dès qu’elle s’assied ou qu’on essaie de la pencher debout.
On trouve à l’auscultation de gros ronchus bilatéraux des bases.
Le 28 janvier, désireux d'améliorer encore cet état cutané, nous pensons commencer une cure d’injectiions intraveineuses de novarsénobenzol et nous faisons ce même jour 30 centigr. Or le lendemain la malade nous dit que, depuis