IV. — La cure bulgare
D'autre part, les auteurs italiens, et tout particulièrement Paxecrossr et FERRANINI attiraient l’attention sur une méthode, dont le caractère mystérieux et pittoresque en même temps que les succès certains excitaient la curiosité.
Ivan Rarr, droguiste ou pharmacien d’un petit village de Bulgarie (Chipka) était l’auteur de cette méthode empirique pour le traitement des Parkinsoniens.
Le traitement d’Ivan Rarr, vite célèbre sous le nom de « Cure Bulgare », consistait à faire absorber au malade trois préparations :
Une décoction de racine dans du vin blanc.
Une poudre noire.
Des pilules.
Il était adjoint à cet ensemble une racine destinée à la mastication.
Les auteurs italiens trouvèrent que la décoction de racine contenait les alcaloïdes atropiques, et en conelurent — peutêtre un peu hâtivement — qu'ils’agissait dAtropa Belladonna. La poudre noire serait du charbon végétal. Quant aux pr lules, elles seraient pour les uns psychothérapiques (mica pauis !) pour les autres un supplément de belladone (extrait mou de racine de belladone) et pouf les autres, enfin, un correctif de la constipation déterminée par le traitement.
Les racines à mâcher ont été identifiées par les auteurs italiens avec celles de l’Acorus Calamus, plante aquatique odoriférante banale, employée aux Indes comme stimulant tonique et aromatique.
Ün membre de la famille Royale d'Italie ayant retiré un
énéfice inespéré de la Cure Bulgare, la méthode prit un essor considérable et fit l’objet d’études médicales scientifiques. Des statistiques importantes furent publiées par FERRANINI, Panecrossr, Mario Rossi, LÉvi Brancuini, etc. Depuis ce
AS te
temps des services hospitaliers spécialisés ont été organisés en Italie. Les malades justiciables de la Cure y suivent des traitements très complexes : physiothérapie (massages et mobilisations diverses), hydrothérapie, balnéothérapie et surtout absorption de racine de belladone à haute dose.
Petit à petit, la méthodese fait connaître en dehors d'Italie:
En France, Coste et DEvèze (mai 1935) publient une courte statistique d'états Parkinsoniens traités par la Cure Bulgare. =
Ravina signale l’existence de la méthode et la commente dans la Presse Médicale en décembre 1935. Neuwanz et Fenwick publient neuf cas de malades améliorés par la Cure Bulgare, dans la « Lancet » en septembre 1937.
C. Boxorino Unaoxpo vulgarise la Cure Bulgare en Argentine en novembre 1936.
Enfin, l’article de Rocenr, J. Parsras et J, VaGuE paraît en août 1937, et J. Leresouczer publie en janvier 1938 une revue générale de la question, en y ajoutant les conclusions très favorables qu’il avait tirées de la pratique de la « Cure Bulgare » dans le service du Professeur GurLLAIN.
À l’heure actuelle, la « Cure Bulgare » fait encore l’objet de nombreux travaux et il semble bien que le principe de ce traitement soit susceptible de mener à une conception renouvelée de la question des extraits végétaux employés en thérapeutique.