‹ Le Traitement Belladonné à Hautes Doses des Rigidités Extra-PyramidalesChapitre 25 sur 44 · RÉSULTATS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS

Il faut les examiner, tout d’abord analytiquement, sur chacun des symptômes que l’on se propose de traiter, pour chercher ensuite à donner une vue synthétique de l'intensité des caractères et de la fréquence des améliorations obtenues.

On aura enfin à comparer l’efficacité des deux méthodes de cure.

EL — Analyse des effets du traitement hbelladoné

a) La rigidité musculaire est surtout influencée. Ïl est rare qu’à un degré plus ou moins grand elle ne soit pas diminuée. Ce fait constaté, dès le début, par PaneGrossr, FERRANINI, a été retrouvé par tous les auteurs qui se sont occupés de la question. Marino BEeNvenuri à fait une étude graphique de lPassouplissement provoqué par cette thérapeutique. [l est plus ou moins grand selon les cas. Tantôt, le bénéfice retiré est léger, tantôt il est considérable au contraire, et des récupérations sociales impressionnantes sont possibles, faisant parler de « miracles » dans certaines observations italiennes.

Le retour de la parole, de l'écriture, de la marche en sont la conséquence, alors que ces gestes étaient impossibles parfois depuis des années. -

Nos constatations sur ce point concordent avec celles qui ont été faites un peu partout.

Le traitement belladoné tend donc à supprimer ce court-

circuit, cette erreur d’aiguillage que constitue l’hypertomie extra pyramidale. Il apporte la preuve que celle-ci ne relève pas de lésions destructives, mais d’inhibitions qui s’exerceront d’une façon excessive ou insuffisante.

Toutes les rigidités de cet ordre avec leurs caractères classiques de rigidités plastiques, prédominant à la racine des membres, ne s’accompagnant pas d’exagération des réflexes tendineux ou de syndromes pyramidaux, mais d’une exagération des réflexes de posture sont susceptibles d’être influencés. En dehors de la contracture parkinsonienne, on trouvera dans nos observations des exemples d’amélioration de maladie de Lirre (non pyramidale), et même d’athétose double avec rigidité, Nous avons même cru observer aussi un cas de rigidité décérébrée traitée par un de nos confrères avec un certain succès.

Par contre, sur la contracture pyramidale, jamais personne n'a obtenu le moindre résultat. Après beaucoup d’autres, nous avons fait quelques tentatives sur des hémiplégies, des scléroses en plaques, ete., avec l’échec le plus complet,

b) Les signes satellites de la rigidité sont améliorés également.

19 Outre l’assouplissement des gestes déjà signalé, il faut citer le retour à la normale du facies qui perd son caractère figé.

29 Le phénomène de la roue dentée de même s’atténue ou disparaît, tant aux articulations qu'aux yeux.

Là encore Marino BENVENUTI a pu enregistrer des graphiques tout à fait démonstratifs.

30 La même constatation peut être faite pour les réflexes de posture dont l'intensité se rapproche de la normale sans cependant l’atteindre complètement.

40 On a signalé aussi, mais nous n’en avons pas fait de vérification personnelle, l'existence d’une influence sur les réactions électriques des muscles (du reste bien variables dans la maladie de Parkinson). é

59 Enfin, PaAneGrossi a vu rétrocéder des troubles comme la catatonie et la catalepsie.

c) Le deuxième grand symptôme du parkinsonisme, le

tremblement est beaucoup moins favorablement influencé, au point que certains auteurs comme FERRANINI, Pope, n’admettent qu’un effet transitoire ou nul. Il est certain que le tremblement est beaucoup moins docile à la cure belladonée que la rigidité. Il n’est cependant pas complètement rebelle. PanEGrossr a cité des améliorations bien nettes, comme celle de ce peintre qui a pu reprendre son métier après la cure bulgare. |

Roure a vu le tremblement cesser dans 6 cas sur 26, et s’atténuer dans 13 de ses observations.

Nous-même, avons pu noter des diminutions incontestables de ce trouble.

d) A côté du tremblement, il faut placer un certain nombre de mouvements anormaux plus ou moins fréquemment retrouvés.

19 Les spasmes oculogyres sont les plus habituels. Ils sont souvent supprimés en totalité ou en partie. Les crises d’ « yeux au plafond » s’espacent, deviennent moins fréquentes ou même disparaissent, mais ce résultat demeure précaire, à la merci d’une émotion, d’un effort, de troubles atmosphériques (PanrGrosst). Cette opinion moyenne est celle à laquelle nos observations nous ont conduit à nous rallier, mais l’unanimité est loin d’être faite puisque Porex, sur 35 malades n’a mis en évidence aucune réaction, alors que RourE prétend avoir obtenu une amélioration de ces spasmes dans 13 cas sur 13.

20 Les autres phénomènes hyperkinétiques sont bien plus rares ; tics, spasmes musculaires, torticolis spasmodiques semblent peu sensibles à la thérapeutique belladonée. Les spasmes de torsion, par contre, s’y montrent très dociles.

Quant aux kinésies paradoxales, elles sont très notablement diminuées, comme nous avons pu nous en assurer personnellement.

e) Le troisième grand système classique de la maladie de Parkinson est constitué par la perte des mouvements automatiques et associés.

Eux aussi, sont susceptibles de se rapprocher de la normale, fait très important qui contribue beaucoup au retour

le

des gestes, alors que ces perturbations motrices, étant automatiques, ne sont pas susceptibles de s aude par la rééducation.

Î) Les troubles sécrétoires courants dans la maladie de Parkinson sont, après la rigidité, les signes les plus complètement corrigés par la cure belladonée. Ceci n’a du reste rien de surprenant, puisqu'il s’agit essentiellement de phénomènes d’hypersécrétion, et que l’effet inhibiteur de la belladone sur les sécrétions est tout à fait classique.

La sialorrhée, parfois si pénible, est tarie et nous avons vu que le processus de guérison dans ce cas dépassait même souvent le but.

De même, on assiste à la disparition des sueurs Phare assez souvent observées, et de cette hyper-activité des glandes sébacées qui donne au facies des parkinsoniens un aspect pommadé bien particulier.

g) Il existe parfois dans la maladie de Parkinson des symptômes assez hétéroclites que l’on peut grouper sous le vocable vague de symptomes végétatifs.

Tels sont les troubles vasomoteurs (bouffées de chaleur, acrocyanose, modifications de la pulsabilité artérielle), les modifications du sommeil, les poussées thermiques, apparues sans cause apparente, infectieuse en particulier, qui les justifie.

Les auteurs ont signalé des améliorations de tous ces acecidents.

h) L’obésité, la polyurie, témoins d’une atteinte de la région du IIIe ventricule et qui s’associent parfois au syn-, drome parkinsonien, ne sont pas modifiés par le traitement si nous en jugons d’après deux cas personnels. Nous n’avons pu trouver dans la littérature d’indications sur ce point.

1) Les douleurs rebelles, d’origine obscure, et qui tourmentent parfois les parkinsoniens, cèdent souvent à la cure belladonée.

j) Enfin, l’action sur les troubles psychiques est considérée d’une façon un peu contradictoire par les divers auteurs. Elle est excellente pour PANEGRoSs:1, nulle d’après PoPex, mé-

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diocre selon BENVENUTI qui a utilisé des tests psychométriques et psychochronométriques. En réalité, lorsqu'on reprend les observations, il semble qu'il faille distinguer deux ordres de symptômes :

a) L'état mental habituel des parkinsoniens ; ceux ei sont souvent déprimés, irritables, instables. Îl entre dans cet état d'esprit une faible part de modifications pathologiques. C’est justement bien souvent parce qu’ils n’ont pas de grave diminution psychique que les parkinsoniens sont tristes étant restés conscients de leur état ; aussi s’explique-t-on facilement que sous l'influence de l’amélioration qu'ils ressentent du fait de la cure belladonée, ces sujets renaissent à l'espoir, et leur caractère s’en trouve amélioré.

b) Mais quand on passe aux troubles mentaux véritables : perversions, obsessions, etc., il n’en est pas de même et le traitement se montre non seulement inefficace, mais nocif et exagère les perturbations psychiques. Il s’agit donc là plutôt d’une contre-indication, heureusement assez rarement rencontrée en pratique.

En résumé, on voit que la thérapeutique belladonée exerce, dans un nombre de cas dont la fréquence va être examinée, une influence remarquable sur la rigidité musculaire et par suite sur la motilité et les possibilités sociales des malades ; qu’elle supprime les troubles sécrétoires, les algies ; qu'elle atténue moins souvent et moins complètement les mouvements anormaux tels que le tremblement ou les crises oculogyres et les perturbations végétatives, et qu’elle n’exerce aucune influence sur les syndromes parfois associés à la maladie de Parkinson : obésité ou troubles mentaux véritables.

IT. — Étude globale des effets du traitement belladoné

a) La fréquence avec laquelle on obtient des succès est très diversement appréciée. .

Ï. — CuRE BULGARE

Les auteurs Italiens sont tout à fait enthousiastes. FERRA- NINI sans préciser les chiffres, a amélioré tous ses patients.

Am

Panecrosst, sur 258 malades, n’en a vu aucun qui n’ait retiré un ee (plus ou moins grand naturellement) de la cure.

Rossi, sur 43 cas, Oswarro MEco sur 100 malades. Ascuarert,, UÜpaonro sont tout aussi optimistes.

Lévr Brancminr a obtenu 49 succès sur 50 cas. De même, Roure, sur 31 cas a enregistré 30 améliorations. Rocer, Parccas qui ont fourni les malades de Roure partagent sa satisfaction. Mais d’autres médecins sont moins affirmatifs. Ïls se plaignent du reste moins de l’inefficacité de la méthode que de sa toxicité qui limite ses possibilités d’utilisation.

PoPex à vu que les formes légères surtout étaient influencées favorablement. Il a eu 23 succès sur 35 malades.

Jean LEREBOULLET a constaté également de très heureux résultats mais il a trouvé aussi des « malades chez lesquels l’action s’est révélée nulle ou presque nulle ». Il soulève la question des thérapeutiques adjuvantes dans les améliorations observées en ftalie. Enfin, il insiste sur la fréquence des petits incidents, jamais graves, mais parfois assez ennuyeux pour empêcher la continuation du traitement.

Marinesco et FAÇON, sans nier les vertus thérapeutiques de la cure bulgare, ent été frappés de la presque constance des troubles psychiques à type de confusion mentale. Îl est vrai qu'ils n’ont traité que 5 malades, et ce chiffre réduit contraste avec l’importance de leur statistique sur l’atropine à fortes doses.

T1 est tout à fait certain que lorsque le vin de racine de belladone est toléré, il est rare qu’il ne provoque pas une amélioration. Les cas impressionnants de paralytiques rendus 4 la motilité, des muets qui parlent, etc., sont moins fréquents qu’on ne le croirait à la lecture des auteurs italiens, mais ils existent. Tous ceux qui ont essayé la méthode en ont observé. Bien plus souvent, on enregistre des succès

plus modestes, mais certains. Îl semble exister une certaine D éatarité selon les vins. Jean LerkBouLLET note expressé-

ie bd ment le fait. C’est dire l’utilité d’un titrage en alcaloïdes qui assure la stabilité des effets de la solution. On trouvera ce sujet traité dans un chapitre précédent. Le point important est celui de l’efficacité et de la toxicité relative de la cure

bulgare par rapport aux autres méthodes thérapeutiques. Il

sera examiné à part, mais l’action du vin belladoné est indiscutable quoique, nous le verrons, très individuelle.

2. TRAITEMENT PAR L’ATROPINE. — RômEr, MaAriNesco et FAÇON, après expérimentation sur des malades très nombreux, en disent merveille.

Sur leurs 51 premiers cas, ces derniers auteurs ont vu la rigidité constamment améliorée et parfois dans des proportions considérables ; le tremblement a disparu 23 fois ; les spasmes oculogyres ont diminué 18 fois sans disparaître. 60 % des malades ont pu reprendre leurs occupations.

Ils ont pu supprimer un grand spasme de torsion qui persistait depuis des années, et affirment avoir été très peu gênés par les troubles toxiques.

Un nouvel essai sur 200 malades les a confirmés dans leurs conclusions.

Cependant, de nombreux auteurs (Ravina, Rocenr, les Italiens, sont d’un avis différent et nous-mêmes avons observé très fréquemment de graves ennuis avec la méthode de Rôümer.

b) Il faut examiner maintenant les modalités de l’amélioration obtenue par les cures belladonées.

19 Son intensité est très variable. À côté de véritables résurrections, on se trouvera d’autres fois, quoique la maladie ne semble pas plus avancée, devant des améliorations faibles ou même nulles. Ïl est impossible de prévoir le résultat avant d’avoir essayé le traitement et l’inégalité des effets déjoue tout pronostic.

29 C’est ainsi que la gravité de l’atteinte parkinsonienne que l’on traite n’a pas une influence aussi grande qu’on pourrait le croire.

Certes, d’une façon générale, qu'il s’agisse d’atropine ou de cure bulgare, ce sont surtout les cas moyens ou légers qui

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