‹ Le Traitement chirurgical des Kystes du Tractus thyro-glosseChapitre 14 sur 23 · RS PES · texte numérisé non relu

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fréquents. Spencer cite l’observation d’une malade ayant été opérée huit fois ; O. E. Jones une autre chez laquelle sept tentatives n’amenèrent pas la guérison. Dans notre deuxième observation, la malade avait déjà subi trois interventions ? Un exemple de Patterson est particulièrement instructif : dans ce cas, la résection de l’os hyoïde et uné dissection large du trajet fistuleux ne furent point couronnés de succès, car l’opérateur n'avait pas poursuivi le tractus jusqu’au foramen cæcum.

De l’étude embryologique et anatomique du tractus thyréoglosse précédemment exposée il résulte que

la guérison définitive exige :

1° Une intervention complète sur le ségment infé-

rieur sous-hyoïdien du tractus.

2° La résection hyoïdienne qui permet d’agir sur les vestiges rétro-hyoïdiens, cause très fréquente des

récidives.

3° La dissection entière du canal lingual et de ses dérivés, poursuivie jusqu’au foramen cæcum, est seule susceptible de supprimer les diverticules glandu-

laires et les noyaux thyroïdiens accessoires.

Les chirurgiens américains, partant de constatations opératoires, ont noté les succès plus fréquents observés après la dissection haute du tractus, et généralisé à la clinique « Mayo » le procédé dit de

Sistrunk.

La technique de Sistrunk.

L'opération se pratique sous anesthésie locale ou générale, le sujet étant couché la tête en légère extension. On fait une incision transversale des plans superficiels de la région cervicale longue de 5 ou 6 centimètres, répondant au maximum de la convexité tumorale. On cherche le plan de clivage entre le kyste et les tissus environnants, puis on libère avec soin le tractus qui le prolonge généralement à sa partie supérieure Jusqu'au niveau de l'os hyoïde. Il faut alors réséquer un segment médian de cet os (point capital). Ceci fait, l'index de la main gauche de l'opérateur va repérer le foramen cæcum. Pour cela, il est introduit dans la bouche, suit alternativement les deux rangées de papiles caliciformes et s'arrête au niveau de leur intersection médiane,

C’est du travail accompli par ce doigt que dépend toute la fin et le succès de l'intervention. Dès que le foramen est repéré, l'index soulève la masse de la langue en haut et en avant, et s'efforce ainsi d'en rapprocher la base de l'os hyoïde. A ce moment on poursuit la dissection du tractus dans la masse des muscles de la base de la langue. « Il serait vain, enseigne Sébileau, de vouloir procéder à la dissection exclusive du canal lingual ». Le tractus chemine irrégulièrement dans la musculature ; il faut donc se contenter d'isoler un pédicule axé par le trajet fistuleux et de le disséquer en pleine masse musculaire.

On doit poursuivre celui-ci jusqu'au niveau du [o-

sobre

ramen cæcum, mais bien se garder d'ouvrir la muqueuse buccale, Le doigt intrabuccal donne à ce sujet de précieux renseignements, Dans cette manœuvre, le chirurgien doit donc avoir à tout instant la notion précise de la direction générale du segment sus-hyoïdien du tractus. Ce renseignement, le doigt intra-buccal le lui fournit déjà, mais un autre repère n’est pas superflu.

« Dans la position opératoire de la tête, cette direction, dit Remy Neris, correspond à la bissectrice dé l’angle droit formé, dans un plan sagittal, par les axes horizontal et vertical passant par le bord inférieur de l'os hyoïde. »

Le trajet ainsi excisé, on met en place un drain de petit calibre. La plaie musculaire est suturée au catgut par quelques points isolés. L’os hyoïde est suturé au catgut chromé par des points passant à travers le périoste et les tissus environnants, La plaie cutanée doit être suturée très soigneusement, le drain laissé en place trois ou quatre jours. Veiller, après l’intervention, à ce que la tête soit bien immobilisée pendant quelques jours.

Telle est l’opération de Sistrunk grâce à laquelle cet auteur affirme 100 % de guérisons.

Cette technique, même dans les cas récidivés, a toujours donné d'excellents résultats à mon maître, le professeur Terracol.

Il faut d'autre part, ajouter que « la section médiane de l'os hyoïde est souvent insuffisante et qu’il est nécessaire, surtout en cas « d’embranchements »,

de réséquer parfois une grande corne. Cette ablation

n’est suivie du reste, comme la résection totale de l'os hyoïde, par aucun trouble fonctionnel, De plus, l’anesthésie générale est toujours préférable à l’anesthésie locale » (Terracol).

Patterson fait remarquer que, si le foramen cæcum n’est pas totalement oblitéré, la plaie musculaire peut s’infecter par voie buccale. Il propose en conséquence de faire (sous anesthésie locale et quelques semaines avant l'opération) de la galvano-cautérisation profonde autour du foramen cæcum. On déterminerait ainsi la formation d’un tissus cicatriciel résistant, sus-

ceptible d’arrêter toute propagation infectieuse.

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