I. SEGMENT SUS-HYOÏDIEN
a) Persistance d’un canal perméable, — En 1742, Morgagni observe le premier un canal venant s'ouvrir au niveau du foramen cæcum et le considère comme un canal excréteur des glandes linguales.
Bochdaleck, en 1876, considère le foramen cæcum comme une papille caliciforme, de profondeur anormalement développée. Dans ses dissections il observe
un canal qui se dirige en bas vers le ligament glosso-
re
épiglottique médian et pourvu de nombreux diver-
ticules pouvant atteindre 4 millimètres de long. C’est
probablement un de ces diverticules postérieurs que Bochdaleck a pris pour le canal principal.
Le tractus présente en effet une direction presque verticale et légèrement inclinée en arrière, done bien différente de celle que décrivait Bochdaleck. De plus, les coupes sériées faites chez l'embryon montrent très tôt le tractus fragmenté. Wenglowski a beaucoup insisté sur cette absence de canal continu auquel croyaient les classiques.
b) D'après Blandsutton, dans 10 des cas, le segment supérieur du tractus serait constitué par un cordon épithélial plein et continu. En l'absence d'examen histologique pratiqué sur des coupes en séries de ces tractus dits épithéliaux on ne peut accepter le fait sans réserves.
c) Tractus dissocié en vestiges étagés. Normalement, chez l'embryon avancé et surtout chez le fœtus, on ne trouve trace du tractus que sous forme d’amas épithéliaux isolés les uns des autres. Du point de vue histologique, ils présentent simplement les caractères régionaux des dérivés de l’'endoderme bucco-pharyngé : épithélium pavimenteux à glandes muqueuses avec où sans canaux excréteurs. Parfois, mais rarement, ces amas présentent une structure glandulaire nette, avec présence de vésicules colloïdes, et forment -alors les thyroïdes aberrantes.
C'est surtout par l'étude de Wenglowski qu'on été précisées nos connaissances sur ces vestiges. Cet au-
teur met en relief les modifications du tractus consé-
ee
cutives à l'apparition ,relativement tardive, de l’ébauche hyoïdienne dans son voisnage, au sein du mésenchyme. Au début de son évolution, le tractus, bien que déjà segmenté, garde une direction sensiblement rectiligne et préhyoïdienne.
Au, cours du troisième mois la face postérieure de l’ébauche hyoïdiene devient concave, et sur sa face antérieure, devenue convexe, se forme un crête transversale qui la divise en deux facettes, une supérieure et une inférieure. Au cours de cette incurvation, le corps de l'os hyoïde subit un déplacement ventral, en forme d’arc de cercle, si bien que sa face antérieure entre rapidement en contact avec le tractus, qui subit de ce fait une flexion, et une segmentation surtout marquée au niveau de la crête transversale, point de pression maxima. Certains vestiges épithéliaux s’é- cartent ou disparaissent, mais, par contre, le groupe postéro-inférieur, qui correspond à la courbure ascendante rétro-hyoïdienne du tractus, demeure à l'abri de toute pression. Ce fait explique pourquoi les vestiges sont constants en ce point et y revêtent souvent
un aspect micro-kystique.