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Si certains auteurs jugent. ainsi que nous venons de le voir, que le décubitus dorsal plus ou moins long, suffit pour le traitement post-opératoire; d’autres, et ils sont nombreux, croient qu’il est indispensable de soutenir le rachis d’une manière plus efficace que ne peut le faire le greffon seul, dans les premiers mois tout au moins. Ces auteurs associent ainsi le traitement orthopédique post-opératoire au traitement chirurgical.
Comme le fait en effet remarquer Calvé dans un article de la Revue de chirurgie, le greffon ne peut chez le sujet debout, maintenir les vertèbres lésées écartées, par suite de l’action de levier qui s'exerce sur les vertèbres; le bras antérieur de ce levier, qui est le corps vertébral sur lequel agit la puissance, (le poids de la partie du corps qui est située au- -dessus de la région vertébrale malade), étant plus long que le bras postérieur du levier, (les apophyses épineuses), sur lequel agit la résistance. Calvé ajoute : « C’est qu'on a affaire à un greffon vivant qui a à subir d’une façon continue un poids considérable (le poids du segment supérieur du tronc). L'expérience a montré surabondamment qu’un os, même volumineux et résistant comme le tibia, se déformait sous l’action d’une force continue, et toujours appliquée dans le même sens. Il faut de plus, songer ici que le grefton initial n’est que transitoire et'qu’il fait place à une néo-formation osseuse qui pendant, une de ses phases est malléable comme un cal en formation.
La pratique enfin répond : «presque tous les auteurs signalent une incurvation du grefion. »
Lance dit aussi que l’examen de pièces d’autopsie, lui «a montré qu'après six mois et plus, le greffon n’a pas toujours constitué une ankylose osseuse définitive. »
Ainsi, suivant les constatations de Lance, même après six mois de décubitus horizontal, on ne peut encore pas être sûr que le grefion remplira son rôle de tuteur; on s’expore à voir dans ces conditions, l’incurvation vertébrale s’accentuer et l’ulcération compressive, contre laquelle su:tout est dirigée l’opération, se produire comme si aucune intervention
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n’avait été pratiquée. C’est pour cette raison, que la plupart des chirurgiens estiment que le port d’un corset post-opératoire est indispensable. Albee lui-même, dans son livre, donne une statistique de 292 opérations pratiquées par 31 chirurgiens, dont 8 seulement n’employèrent pas de corsets plâtrés post-opératoires.
Voici la méthode employée par quelques auteurs.
Henderson, place ses opérés en décubitus dorsal quatre à six semaines pour les adultes, deux à six mois pour les enfants, il estime qu'après cette période de repos, le corset plâtré est nécessaire pendant un an au moins, et « mieux un an après la disparition des symptômes de mal de Pott. »
H. L. Taylor, maintient pendant six semaines le décubitus dorsal, puis fait porter un corset plâtré, aussi longtemps que se manifestent des signes de mal de Pott. D’après lui, le corset plâtré est indispensable dans tous les cas.
Goenslen, dans 18 cas sur 23 opérés, employa le corset pendant six à huit mois, après la période de décubitus.
Billington, maintient ses opérés sept semaines en décubitus dorsal sur un lit dur, puis applique un corset plâtré (il n’indique pas la durée du port du corset).
© Jacobs, fait porter un corset plâtré pendant de nombreux mois, après six semaines de repos couché.
Elmer, immobilise ses opérés pendant six mois dans un corset plâtré, placé aussitôt après l’opération. Après ce temps, il soutient la colonne vertébrale par une simple attelle plâtrée fixée par un bandage.
Davidson, a placé son opérée dans un corset aussitôt après l'opération, il a laissé ce corset plâtré un mois, puis a employé un corset métallique pendant plus d’un an.
Ombredanne dans trois cas sur cinq a appliqué un corset pendant trois mois. .
Rugh, estime que le port du corset plâtré est indispensable, et indique que « chez les enfants au-dessous de 14 ans, le corset doit être porté plus longtemps que chez les malades plus âgés. »
Hoke et Packard, pensent aussi que le corset est nécessaire.
M. le professeur agréé Rocher, chez ses deux opérés a appliqué immédiatement un corset plâtré suivi du port d’un corset amovible pendant de nombreux mois.
M. le professeur agréé Duvergey a laissé la malade qu'il a opérée au repos pendant deux mois. Aussitôt après l’opération, cette femme fut placée dans un appareil plâtré, muni d’une large fenêtre permettant de surveiller la plaie opératoire. La présence d’escarres au niveau du sacrum et des épines iliaques, nécessita l’enlèvement de l’appareil au bout de cinq jours; la malade resta alors en décubitus simple pendant deux mois, au bout desquels on procéda à l’application d’un nouveau corset qui fut maintenu pendant trois mois. M. le professeur agrégé Duvergey juge que l’immobilisation rigoureuse post-opératoire par le corset plâtré est indispensable, et doit durer six mois au moins, mais que cette période doit être suivie du port d’un corset amovible, en celluloïd ou en cuir pendant trois à six mois au moins.
Dans ce qui précède, nous nous sommes efforcés de montrer pourquoi il paraît aujourd’hui non seulement utile, mais nécessaire, d'assurer l’immobilisation post-opératoire par un appareil de soutien. Nous avons vu que le temps pendant lequel les différents chirurgiens emploient le corset est variable pour chacun d’eux. Nous ne pensons pas qu’il soil possible de fixer ce temps d’une facon mathématique. Ici, comme bien souvent en médecine, il y a lieu de tenir compte des cas individuels. Nous croyons que lorsqu'on a affaire à un mal de Pott n’atteignant qu’un petit nombre de vertèbres (deux ou trois); à évolution lente, comme l’est souvent le mal de Pott de l’adulte ; lorsque la gibbosité est peu marquée, comme à la région lombaire ; on pourra réduire la période orthopédique post-opératoire à huit à neuf mois comme l’a fait M. le professeur agrégé Duvergey, chez sa malade. Lorsque au contraire le mal dé Pott intéresse de nombreuses vertèbres (six ou sept par exemple) lorsque la gibbosité est très marquée, comme à la région dorsale, le traitement orthopédique devra être pro-
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longé pendant des mois, des années, et même parfois toute la vie. Dans tous les cas on devra se guider sur les résultats fournis par la radiographie.
On pourrait objecter, que si le traitement orthopédique post-opératoire doit avoir une durée aussi longue, il est inutile de pratiquer une opération qui ne réduit pas la durée du traitement classique; mais outre que ces cas sont parmi ceux pour lesquels l'opération n’est pas formellement indiquée, l'intervention chirurgicale permet en général au malade de reprendre au bout de quelques mois sa vie normale et de substituer au traitement classique de repos, le traitement ambulatoire. N’aboutirait-elle qu’à ce résultat, qu'il y aurait lieu de se déclarer satisfait.