III INDICATIONS OPÉRATOIRES D'APRÈS LE SIÈGE
DU MAL DE Porrt.
L'opération d’Albee a été pratiquée dans tous les segments du rachis. Albee donne une statistique (sans indiquer les résultats opératoires), qui n’a pas d’eutre valeur, que d'indiquer la fréquence relative des opérations dans les différents segments rachidiens.
Région cervicale 6 cas, région cervico-dorsale 42 cas, région dorsale 168 cas,région dorso-lombaire 78 cas, région lombaire 122 cas, région lombo-sacrée 34 cas.
Nutt, opérant chez des enfants 1l est vrai, eut 4 maux de Pott dorso-lombaires dont un seul s’améliora et 7 maux de Pott dorsaux dont deux seulement bénéficièrent de l’opération
Ombredanne, chez des enfants lui aussi, opéra 3 maux de Pott dorsaux eb 2 dorso-lombaires; tous sans succès.
M. le professeur agrégé Rocher, chez deux adolescents eut deux succès opératoires pour des maux de Pott dorsaux.
M, le professeur agrégé Duvergey obtint ‘une amélioration dans un cas de mal lombaire,
Bérard eut deux succès, chez des sujets de 16 et 17 ans atteints de maux de Pott dorsal et lombo-sacré.
Dujarier rapporte un cas de mal de Pott lombaire guéri, chez un adulte.
Jacobs chez quatre adultes eut quatre amékorations pour trois maux de Pott dorsaux et un dorso-lombaire,
RAP et
Tuffier dans dix cas indique le siège du mal de Pott. Ce sont : 6 localisations dorso-lombaires, 2 localisations dorsales, 1 localisation dorsale inférieure, un cas de mal sous-occipital. Uhez ce dernier opéré la mort survint huit mois après l "opération, pour tous les autres Tuffier obtint la guérison.
La statistique de Lance portant sur 122 cas indique les résultats suivants :
11 localisations lombo-sacrées avec 90 % de guérisons ou améliorations, et une mort (9 %);
95 localisations lombaires avec 56 % de guérisons ou améliorations, 28 % d'échecs, 16 % de morts; |
40 localisations dorso-lombaires avec 65 % de guérisons ou améliorations, 22,5 % d'échecs, 12,5 % de morts;
33 localisations dorsales moyennes avec 69 % de guérisons ou améliorations, 14 % d’échecs, 42 % de morts.
Ainsi s’il est possible d'opérer tous les segments du rachis, comme le pense de Mata, la statistique de Lance montre que plus le mal de Pott est bas-situé, moins est élevé le taux de la mortalité, et meilleur est le taux des améliorations.
Il y a à ce fait, une raison d'ordre anatomique, dans les régions basses du rachis, régions dorsale inférieure et lombaire, les apophyses épineuses sont épaisses, longues et fortes, leur direction à la région lombaire est presque horizontale, on peut donc les fendre facilement et leur section offre au greifon tibial une large surface osseuse cruentée favorable à la soudure osseuse; dans les régions hautes du rachis les apophyses épineuses sont plus grêles, presque verticales à la région dorsale, leur surface de section est donc peu étendue. De plus dans les maux de Pott bas-situés la gibbosité est en général peu marquée, on peut donc se servir d’un greffon droit sans encoches qui a conservé toute sa solidité; au contraire dns la région dorsale la gibbosité est souvent considérable, il est nécessaire d’inciser le greffon pour l’incurver et sa résistance diminue de ce fait.
Nous croyons pouvoir conclure que l’opération d’Albee, applicable à tous les segments de la colonne vertébrale, est
ù PAGE: se surtout indiquée dans les cas de maux de Pott bas-situés occupant la région dorso-lombaire ou lombaire.
Nous n’avons envisagé jusqu'ici que le cas ou le malade n’avait qu'un seul foyer vertébral, l’existence de plusieurs foyers tuberculeux doit-elle être considérée comme une contreindication ?
Nous n’avons trouvé que peu de cas relatés.
Hoyt a pratiqué aussi une double opération d’Albee.
Sherman et Mac Chesney, chez 3 enfants ayant un double mal de Pott, à la région lombaire et à la région dorsale, sont intervenus : à la région dorsale par une opération de Hibbs, à la région lombaire par une opération d’Albee, ces deux opérations ont été faites simultanément « (at the same time) » Les trois enfants ont guéri et pouvaient circuler sans avoir besoin d'aucun appareil.
Tuffier a aussi pratiqué une double opération d’Albee, mais dans des conditions bien différentes. 11 s'agissait d’une femme opérée pour mal de Pott lombaire qui guérit. Dix-huit mois après, elle fit un nouveau foyer vertébral dorsal, avec abcès médiastinal. Tuffier pratiqua alors une seconde opération d’Albee avec succès.
L'existence de deux foyers vertébraux évoluant successivement, n’est donc pas une contre-indication à une nouvelle opération, comrhe le montre le cas de Tuffier, mais dans la suite les fonctions du rachis seront singulièrement compromises, car en immobilisant un aussi grand nombre de vertèbres, il ne sera guère possible que dans les segments qui restent libres, s’établissent des phénomènes de compensation suffisants.
Lorsque les foyers vertébraux évoluent en même temps, s’il il est possible de pratiquer une double greffe vertébrale, (et les cas de Hoyt, de Sherman et Mac Chesney montrent que c’est possible), nous pensons néanmoins que l'intervention est contre-indiquée; pour la raison que nous venons de dire d'abord, et aussi, surtout parce que les risques opératoires sont singulièrement aggravés ;ilnes’agit plus dans ce cas d’une