D'APRÈS L'EXISTENCE DE LA PARAPLÉGIE
Si nous examinons les résultats publiés par les chirurgiens, qui ont opéré des pottiques paraplégiques, nous voyons qu’ils ne concordent pas tous.
Pour Albee, l'existence de phénomènes paraplégiques chez un pottique, commande une opération rapide. Personnellement il a opéré 4 paraplégiques et a constaté la disparition des symptômes en moins de six mois, |
Jacobs a obtenu l’amélioration de la paraplégie chez un opéré de 18 ans.
Davidson a opéré une femme de 30 ans, paraplégique, et chez qui.la motricité était complètement revenue 10 mois après l’opération Wilson vit chez un de ses malades la paraplégie s'améliorer lentement. E
Raduslesco a signalé que chez ses opérés les phénomènes médullaires se sont-toujours amendés.
A côté de ces cas favorables, d’autres montrent ou bien que la paraplégie ne fut pas modifiée par l'opération, ou bien qu'elle apparut après.
Ryerson opéra 5 paraplégiques, tous furent améliorés ; mais 2 firent plus tard une rechute. Dans un autre cas la paraplégie apparut après un an.
Rugh opérs 2 paraplégiques, l’un mourut peu après, l’autre ne fut pas suivi après sa sortie de l’hôpital. Chez un autre malade la paraplégie se manifesta 3 mois après l’opération, il mourut peu après de méningite tuberculeuse.
Sherman et Mac Chesney pratiquèrent l'opération d’Albee chez deux paraplégiques sans avoir d'amélioration; dans un autre cas la paraplégie survint après l'intervention.
Mac Ausland signale un cas semblable.
De Mata considère la paraplégie confirmée comme une contre-indication opératoire formelle. C’est aussi l’avis de Blanc y Fortassin qui pense que « dans ce cas la lésion osseuse est secondaire, que la lésion médullaire est tout et qu’une greffe osseuse ne saurait en rien la modifier.
La statistique de Lance, qui réunit 81 cas de paraplégies opérés par 19 chirurgiens, est très instructive.
Dans 39 cas (48,1 %) il y a eu guérison, très rapide dans 4 cas, graduelle dans les autres, demandant le plus souvent un an après l’opération.
13 cas (16 %) ont été améliorés, dont 3 sont morts avant guérison, dans 2? cas l'amélioration s’est produite aussitôt après la greffe; dans les autres elle a été lente, les mouvements sont revenus; mais la plupart restent contracturés avec de
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l'exagération des réflexes. Dans 3 autres cas après amélioration on a constaté la récidive.
Sur 29 malades (35 %) on n’a enregistré aucune amélioration même après 6 mois et un an, et 6 malades sont morts de leur paraplégie.
Le fait que l'opération ne fait pas disparaître le foyer tuberculeux, explique la fréquence de la persistance ou de l’apparition post-opératoire de la paraplégie. La paraplégie pottique est due en effet le plus souvent à une compression de la moelle par un abcès qui bombe dans le canal rachidien; le greffon tibial n’a pas plus d’action sur cet abcès, que sur n'importe quel autre abcès ossifluent. Il ne faut donc pas compter sur une amélioration certaine de la paraplégie par l'opération. Dans le cas où il y a pachyméningite, l’opération ne peut en rien modifier cette lésion. Si l’on ‘ajoute à cela que chez les pottiques paraplégiques il y a souvent un mauvais état général, la plupart des auteurs considéreront la paraplégie comme une contre-indication.