‹ Le Traitement chirurgical du Mal de Pott par l'opération d'AlbeeChapitre 32 sur 37 · APTE · texte numérisé non relu

APTE

Cette malade a été présentée à la Société de chirurgie le 4 février 1920. On sentait de la 3e lombaire à la 1e sacrée de chaque côté des apophyses épineuses, une masse osseuse continue paraissant rigide. La malade n’accusait plus aucune douleur. Sa fistule était fermée à son départ de l'hôpital. Elle avait engraissé et son état général était très amélioré. La gibhosité qui existait au niveau de la 5 lombaire n'existait plus. L’exagération des réflexes était plutôt moins forte; il n'existait plus qu’une ébauche de trépidation épileptoide qui était très nette avant l'opération. 1

La radiographie d’ailleurs peu nette, montre une fusion de la colonne lombaire et du sacrum.

Observation V

(Inédite, due à l’obligeance de M. le Dr. Ch. Dujarier)

Mme Tan. 58 ans cuisinière, entrée dans le service, le 3 octobre 1920, avec un corset plâtré.

Depuis cinq ans elle est maintenue au lit. Elle présente de l’exa-

gération des réflexes rotuliens et de la trépidation épileptoïde. La parésie des deux membres inférieurs est très marquée et les douleurs très vives empêchent la malade de dormir. - Opération le 9 octobre 1920. Anesthésie à l'éther. On fait une incision cutanée à lambeau légèrement convexe vers la droite. On détache les muscles des apophyses épineuses et des lames. On résèque le sommet de la gibbosité, constitué par la 4 apophyse lombaïre. On rugine les lames vertébrales et les faces latérales des apophyses épineuses. Le lit du greffon étant prêt, on taille sur la face interne du tibia un greffon ostéopériostique de 25 em. que l’on divise en deux moitiés, chaque moitié est placée dans la gouttière formée par la face postérieure des lames ruginées et l'apophyse épineuse. Par-dessus, suture du plan musculo-aponévrotique. Suture de la peau sans drainage. Suture de la plaie jambière.

Suites opératoires : En janvier 1921, la malade est assise sur une chaise, mais elle ne peut encore se tenir debout.

Elle sort de l’hôpital le 10 février 1921.

nd

Cette malade revue en septembre 1921 est très améliorée, elle peut marcher, ne souffre presque plus de ses jambes, et a pu rentrre chez elle en province.

Observation VI

(Inédite. Due à l’obligeance de M. le Dr. Ch. Dujarier)

Mme Seg... 30 ans infirmière, entre à l'hôpital pour mal de Pott de la région cervicale supérieure.

En juillet 1920, la malade présenta une raideur du cou, qui lui fit croire qu’elle avait un torticolis, les mouvements du cou étaient douloureux avec irradiation des douleurs dans les épaules.

En décembre 1920, apparition de crises de douleurs lancinantes s’irradiant jusque dans les bras. Ces crises sont surtout nocturnes. De plus à ce moment, à l’occasion des mouvements de flexion de la tête, la malade s’aperçut qu'elle avait une saillie de la nuque, qui ne semble pas avoir augmenté depuis.

Actuellement 25 janvier 1921, la flexion de la tête en avant est presque complètement impossible; les mouvements de rotation quoique possible sont très limités.

Opération le 15 février 1921. Anesthésie à l’éther.

La malade est couchée sur le côté droit, de façon à pouvoir dans cette position opérer facilement sur la face interne du tibia droit.

Incision médiane de la protubérance occipitale externe jusqu’à l’apophyse épineuse de la 7e cervicale. On découvre presque sans hémorragie les apophyses épineuses de l’axis, des 3e et 4e cervicales. On fait sauter l’apophyse épineuse de l’axis et de la 3 cervicale. On dépérioste les lames des 2e, 3 et 4 cervicales. On a ainsi un lit tout préparé pour deux greffons de 7 cm. que l’on prend au tibia droit.

L'hémorragie est insignifiante. La seule chose délicate a été la dissection des muscles s’insérant sur les apophyses épineuses.

On place les deux greffons ostéopériostiques. Suture des muscles au catgut en deux plans. Suture de la peau au crin. Mise en place

d’une minerve.

Suites opératoires : La malade fait de la bronchite et tousse; température au voisinage de 390

11 mars : légère hemoptysie.

15 mars : on enlève la minerve; plaie opératoire parfaite, on enlève les fils. La colonne cervicale est encore” mobile, nouvelle mi nerve.

:18 mars : la malade se lève.

26 mars. — La malade part pour Hendaye, avec une minerve

de précaution. Depuis on n’a plus eu de ses rouvelles.

Observation VII

(de Tuffier, in Bulletins el mémoires de la société de chirurgie 1920, 71)

Malade atteinte d’un double mal de Pott — Résultats, éloignés.

Je vous présente une femme chez laquelle vous pouvez constater que les deux cicatrices des régions vertébrales opérées sont parfaitement souples; que la marche est facile; que la région cervicale est libre et que l’état général est bon. Les radiographies montrent que la greffe est bien conservée.

J'ai opéré cette femme, âgée de 24 ans, pour un mal de Pott lombaire le 8 février 1918, immobilisée depuis plusieurs mois dans son lit pour des ‘douleurs dorso-lombaires diagnostiquées et traitées comme un mal de Pott. J'ai pratiqué chez elle une opération d’Albee, d'environ 12 cm. de long. Il existait déjà à cette époque dans la fosse iliaque droite un empâtement témoignant d’un abcès par congestion. Deux mois après, elle commençait à se lever. Elle vaquait à ses occupations et elle est restée en très bon état et parfaitement bien portante jusqu’au mois de juin 1919, c’est-à-dire pendant dix-huit mois.

À ce moment, elle a senti dans la région dorsale supérieure un peu de gêne dans les mouvements. A l'examen radiographique, nous avons constaté que le greffon lombaire était en très bonne position, bien conservé et la colonne lombaire absolument fixe. Au niveau de la partie supérieure de la région dorsale, un examen radiogra-

phique montra une érosion à la partie antérieure des 2e et 3e -dor-

rate

Sales avec un abcès froid médiastinal très.net à ce niveau. J'ai pra-

tiqué une seconde opération d’Albee cervico-dorsale prenant un greffon sur le tibia gauche et immobilisant de nouveau les cinq vertèbres. Après deux mois d’immobilisation,: un mois de port d’un corset

plâtre, cette femme depuis six mois est en excellent état. .

Observation: VII :

(de Swynghedaw in Echo médical du Nord 10 juillet 1920)

Malade âgée de 14 ans. Les premiers symptômes sont apparus. en septembre 1913. Elle entre à l'hôpital le 14 janvier 1914.

Il n'existe qu’une saillie légère de l’apophyse épineuse de la 17e lom-

. baire, une certaine gêne de la marche, une abolition des réflexes

patellaires et quelques douleurs spontanées qui s’accentuent rapidement malgré le décubitus dorsal. Pas d’abcès froid décelable.

Opération le 24 janvier 1914. — Le greffon emprunté au tibia réunit les apophyses épineuses de la 12e dorsale à la 2e Jombaire. Les suites sont bonnes, malgré la dénudation partielle et passagère du greffon par dénudaïion secondaire. La plaie guérit aseptiquement mais assez lentement.

Deux faits sont importants : les douleurs ont cessé dès le lendemain de l’opération; la malade a pu se lever moins de six mois après l'opération et est sortie de l'hôpital en août 1914 pratiquement guérie.

Il est possible de juger aujourd’hui du résultat parfait de l’opération d’Albee. Le rachis a gardé une souplesse suffisante pour que tous les mouvements soient possibles. Pas de gibbosité. En somme guérison plus rapide que par l’immobilisation pure et simple, et plus complète, puisqu'il ne reste aucune déformation extérieure. Et cependant la radiographie montre que le corps de la 12e dorsale a presque disparu ainsi qu’une partie de Celui de la 1e lombaire.

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