‹ Le Traitement chirurgical du Mal de Pott par l'opération d'AlbeeChapitre 33 sur 37 · PR EN · texte numérisé non relu

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Observation IX (de Davidson in Therapeutic Gazelte of Detroit 1915, 761)

Mal de Poit avec paraplégie

Mme E..., 30 ans. — Antécédents : a eu dans son enfance la rougeole et la coqueluche; pleurésie à 19 ans.

En 1903 pleurésie gauche durant sept semaines. Le médecin qui la soignait, remarqua à cette époque, une gibbosité dorsale et une inflexion du tronc à gauche. Il appliqua un corset plâtré que la malade garda jusqu'en 1907 et qui lui procura quelque soulagement. Pendant cette période de 1903 à 1907, elle souffrait de temps en temps de douleurs au niveau de la fosse iliaque gauche et des flancs.

En 1907, une collection suppurée siégeant dans la région dorsale inférieure à droite fut ouverte sous anesthésie. Après un drainage de douze semaines, cet abcès guérit. |

En 1908, l’abcès se reforme, il s'ouvre spontanément; la fistule persiste quelques jours puis guérit.

La malade porte un corset plâtré jusqu'à Noël 1913. Elle avait à cette époque les plus grandes difficultés à marcher.

Elle entre à l’hôpital où on fit de l’extension continue pendant six semaines. La paralysie cependant continua à progresser, et la station debout devint impossible.

La malade présentait des troubles sphinctériens, elle avait des difficultés à uriner au début de la miction et parfois de l’incontinence des urines. Les fonctions digestives étaient peu troublées. Pas de perte de poids.

À l'entrée à l'hôpital : état général bon. Cyphose marquée de la région dorso-lombaire. Un peu de contracture musculaire. Paralysie : motrice complète. Réflexes rotuliens exagérés, trépidation épileptoïde du pied. Babinski. Troubles sensitifs des membres inférieurs. On pratiqua chez elle une opération d’Albee.

Un corset plâtré allant du cou jusqu'aux trochanters fut appliqué aussitôt après l'opération.

La malade réagit peu, peu de douleurs, pas de shock.

Le deuxième jour, elle pouvait remuer les deux membres infé

rieurs. En moins de trois semaines elle se retournait dans son lit. Au bout d’un mois elle pouvait se lever et marcher avec un peu d'’aide. Les troubles sensitifs disparurent peu à peu, mais pas aussi vite que les troubles moteurs. ;

Le corset plâtré fut enlevé au bout d’un mois et remplacé par un corset métallique. La malade retourna chez elle.

Dix mois après, quand on la revit, la motricité était complètement rétablie; les troubles sensitifs et l’exagération des réflaxes semblaient avoir diminué mais sans disparaître tout à fait. La malade portait encore un corset, mais elle pouvait vivre de la vie d’une personne normale.

Observation X

(de Bérard, rapportée à la Société de Chirurgie de Lyon, séance du 16 juin 1921, publiée in Presse Médicale 25 juin 1921, 510)

Mal de Potlt lombaire.

Malade, âgée de 16 ans, qui présentait depuis six mois des signes de mal de Pott lombaire : raideur de la colonne vertébrale, contractures musculaires, douleurs localisées. A la radiographie, lésions très limitées au niveau des apophyses articulaires droites. Pas d’abcès décelable. Le décubitus, pendant deux mois, n'ayant nullement atténué les symptômes, une baguette d'os mort longue de 15 cm. fut placée en février 1920, au contact des lames vertébrales dénudées et ruginées des 3e, 4e, 5e lombaires et 1e sacrée. La baguette fut fixée au catgut chromé. La réunion se fit per primam. L'’opérée se leva trois mois après. Au bout de six mois, la colonne était souple et indolore. Aujourd’hui la guérison est parfaite. Le greffon apparaît non résorbé sur la radiographie.

Observation: XI

(de Bérard, rapportée à la Société de Chirurgie de Lyon, séance du ‘ 16 juin 1921, publiée in Presse Médicale 25 juin 1921, 510)

Mai de Poiït dorsal.

Malade âgée de 17 ans, avec un bon état général, malgré un mal de Pott évoluant depuis un an. Avait une gibbosité dorsale par lésion des 7e et & corps vertébraux dorsaux.

L'opération eut lieu en mai 1920 : un greffon tibial, prélevé à la scie d’Albee suivant un angle correspondant à la gibbosité fut mis en place sur les lames après rugination ; fixation au catgut chromé.

Réunion per primam. Après quatre mois de décubitus, la malade rentre chez elle, se lève, vaque*à ses occupations, sans porter de corset de maintien. Malgré cette imprudence et bien qu’un léger tassement semble ‘s'êtré effectué au niveau des corps vertébraux depuis sa sôrtie de l'hôpital, l’état fonctionnel est parfait : colonne souple, indolore, pas de troubles nerveux, marche et course faciles. Pourtant au moment de l'intervention, la radiographie décelait un ‘abcès froid prévertébral du volume d’une mandarine. Aujourd’hui la ‘radiographie montre le greffon non résorbé,

Observation XII

(de Elmer, in Annales of surgery 1914, T. 59, 138)

Jeune garçon qui présentait une légère cyphose de la région lombaire supérieure quand on l’amena à l'hôpital, il y a environ deux ans. C’est un des premiers cas opérés. Actuellement, (6 octobre 1913), une masse osseuse compacte s'étend sur les apophyses transverses. Toutes les autres parties du rachis sont mobiles. Le rachis fléchit facilement, tandis que le malade se baisse pour ramasser un objet. Le malade marche très facilement, il est en parfaite santé autant

qu’il est possible de l’affirmer. La guérison remonte à un an et demi.

Observation: XIII (de Elmer, in Annales of surgery 1914, T. 59, 138)

Petite fille, un des cas les plus récents, chez elle le fait le plus saillant est l'amélioration de la courbure rachidienne. On ne peut actuellement (octobre 1913) voir aucune cyphose. Des graphiques faits lorqu’on la traitait par des corsets plâtrés montrent une petite cyphose de la région dorsale inférieure. Une comparaison de ces tracés avec celui fait dernièrement, montre la différence. Sur ce dernier on ne voit aucune gibbosité.

L'enfant est dans un état général parfait, sa taille a augmenté, et il n’est pas improbable que le rachis au cours de la croissance se redressera.

Elle n’a plus porté d'appareil de soutien depuis deux mois.

B. — Observations défavorables.

Observation XIV.

‘: (de Tuffiers.in Bulletins et, mémoires de la Société: de chirurgie 1919, 1170.)

Mal de Foi sous-occipital.

Mme M..., 38 ans, caissière, entrée le 23 février 1919 à la Pitié, o- -pérée le 11 mars 1919.

Début il y a trois ans. Sauf névralgies peu intenses dans le bras droit, la malade, qui jusque là n'avait jamais souffert, ressentit une douleur vive dans la nuque et eut la perception d’un craquement. ‘Tout mouvement de la tête étant douloureux la malade s’alite. Peu de temps après, apparition d’une tumeur blanche du cou-de-pied gauche qui à évolué plus vite et à laissé le pied en équinisme. Au bout

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d’un an, abcès rétro-pharyngien qui a été incisé. C'est à ce moment qu'on lui applique un appareil plâtré qui est resté en place vingt-deux mois.

Signes fonctionnels. — Douleurs spontanées, sourdes, continues, siégeant dans la nuque et empêchant les mouvements de la tête.

Signes physiques. — Attitude au repos : extension de la tête; lorsqu’on commande à la malade des mouvements du tronc, on constate que la colonne cervicale reste immobile, la malade soutient sa tête dans ses mains pour éviter toute mobilité.

Palpaiton. — Pas de tumeur. Point douloureux sur les parties latérales droites du cou à deux centimètres au-dessous de la mastoïde.

Toucher. pharyngien. — Rendu difficile par la contracture des muscles du cou; les mouvements de torsion sont supprimés.

Exploration du reste de la colonne. — Souplesse conservée. Pas de paralysie, Sensibilité normale à la piqûre. Réflexes rotuliens exagérés, plantaires abolis. Pouls régulier un peu rapide. Ré E normale.

Diagnostic. — Mal de Pott sous-occipital. Tentative d'immobilisation par une greffe osseuse le 11 mars 1919.

(Tuffier décrit ici la technique qu’il a employée; nous avons déjà reproduit cette technique dans le chapitre II de cette thèse, nous n PV reviendrons pas ici.

Suiles opératoires. — Plus de douleur au bout de six jours. Cicatrisation parfaite le dixième jour. Pas de température.

Deux mois et demi après,lcicatrice très belle. Immobilité de la tête sur la colonne ne permettant aucun mouvement de rotation. Flexion et torsion légères du cou possibles. Ces mouvements se passaient seulement dans les vertèbres inférieures du cou. La malade ne porte plus de minerve depuis six semaines. Etat général modifié d’une façon remarquable.

Cette femme a succombé, huit mois après l'opération d’une méningite tuberculeuse. Les dessins et les coupes de la pièce anatomique montrent que le greffon, fixé lors de l’opération sur la ligne médiane par des points de suture dans la partie fibreuse de l’occiput, n’a pas gardé Son contact avec l'os et s’est dévié à droite. Ilest là solidement tixé par une gangue fibreuse très épaisse, mais qui ne vaut pas une fusion osseuse. I faut donc affirmer la nécessité absolue d’une fixa-

2—)97, ‘tion prenant son point d'appui directement dans l’os lui-même et encastrant le greffon dans la tranche de l'os occipital.

Ces pièces prouvent également qu'il y a eu fusion osseuse complète et absolue entre les apophyses épineuses et le greffon. On voit sur les coupes, qu'elles soient verticales ou horizontales, la continuité parfaite du tissu osseux du greffon et du tissu aréolaire de l'apophyse. Il ne peut donc y avoir aucun doute à cet égard et il semble bien que le système osseux de l’apophyse épineuse pénètre dans l’intérieur du greffon.

. Observation XV

(de Bérard, rapportée à la Société de Chirurgie de Lyon, séance du 16 juin 1921, publiée in Presse Médicale 25 juin 1921, 510)

Homme de 26 ans, atteint depuis plusieurs mois de mal de Pott dorso-lombaire avec tuberculose pulmonaire discrète. Opération d’Albee en février 1920. Greffon prélevé sur le tibia selon l’angle da la gibbosité; ablation de deux apophyses épineuses trop saillantes, dénudation des lames à la rugine. fixation au catgut chromé. La guérison fut retardée par une poussée évolutive sur un des sommets. En juin cependant, il put être évacué sur l’hôpital des convalescents. * I1 succombe en septembre à sa luberculose pulmonaire.

A l’autopsie, le greffon est solidement fixé par un cal aux apophyses épineuses et aux lames vertébrales sous-jacentes sur une hauteur de six vertèbres. Les deux extrémités de cé greffon sont un peu amincies par résorption sans ostéite raréliante de l’ensemble. Les 7e et 8e corps vertébraux affaissés et notablement réduits de hauteur en avant, sont éyalement consolidés par un cal sans trace d’ostéite en évolution.

Observation XVI

(de Ombredanne in

Bulletin et mémoires de la Société de chirurgie 1913, 1335)

B..., Marcel, 14 ans et demi. Pas d'antécédents tuberculeux. Rougeole à 3 ans.

Je vois l'enfant pour la première fois en octobre: 1921. 1hprésente un mal de Pott dorsal. datant de six:mois! Une petite gibbosité angulaïire fait saillie. à la: 11 dorsale et paraît cliniquement intéresser) quatre vertèbres. La radiographie montre que le corps de la 108 dorsale est notablement: écrasé. De face, la radiographie décèle. un: fuseau opaque à ce niveau.

Cette gibbosité est peu sensible à la pression et à la percussion.

«Mais le rachis ést immobilisé par une contraction très marquée. Les douleurs sont abdominales. Elles ont été très vives dès'le début et n’ont fait que croître. L'enfant marche avec ses genoux fléchis, les mains appuyées sur les cuisses au-dessus de la rotule. Il accuse des faux-pas en marchant. Ses réflexes patellaires sont exagérés.

Pour.des raisons administratives, cet enfant ne peut.aller à Berck. ILest pâle, anémié. Ses douleurs violentes, l'espoir de le renvoyer rapidement à la campagne, me font décider l'intervention.

J’opère le 6 novembre 1921.

L'intervention est très facilement supportée. Un grand appareil plâtré reste en place jusqu'au milieu de février. Les douleurs ont très rapidement disparu.

En mars, il part à Brévannes en convalescence, marchant bien. ne Souffrant plus. La gibbosité ne parait pas s’être augmentée. Il vient me voir chez moi. Ses parents sont enthousiasmés.

H revient chez ses parents le 4 avril. J'ai de ses nouvelles le 4 mai 1913, deux mois après sa sortie de l'hôpital. A ce moment, on me le ramène avec un abcès froid dorsal allongé parallèlement aux côtes, Siègeant sur la 10e côte.

Je garde l'enfant à l'hôpital; son abcès est ponctionné et injecté à plusieurs reprises. Pourtant il augmente de volume, et finalement se fistulise. Pendant ce temps, sa gibbosité dorsale s’accentuait et se compiiquait d’une forte inflexion latérale gauche. L'enfant est encore dans mon service. Sa fistule donne toujours. Sa gibbosité est très marquée et a son sommet au niveau de la 10e dorsale, ainsi que le montrent la clinique et la radiographie.

Somme toute, il y eut un temps d'arrêt pendant lequel:les-douleurs disparurent, la marche sans appareil devint facile et l’état général se reléva. Puis les progrès du mal reprirent six mois après l'opération, et S’accentuèrent pendant ces six derniers mois.

FES Te

‘Observation XVII

(de Ombredanne in à

Bullelin el mémoires de la Société de chirurgie 1913, 1335):

L..., Lucien, 3 ans. L'enfant était placé en nourrice et souffrait de-

‘ puis un an, nous dit-on, lorsque son père découvrit une légère ygib-

* besité dorsale et nous l’amena.

“Nous constatons l'existence d’une gibbosité saillante au niveau de la 10e dorsale qui a reculé; les 7e, & et 9% dorsales semblent faire partie de la gibbosité, qui mesure 7 centimètres de longueur et est peu

- proéminente.

Les réflexes sont normaux. Signe de Babinski négatif.

La radiographie de face montre un fuseau opaque englobant les 8e, Je, 10e et 11 dorsales.

De profil, on voit le corps de la 10 dorsale effondré à sa partie antérieure et rendu cunéitorme.

Opération le 6 décembre 1912. L'enfant a été mis en appareil plâtré. Le 6 janvier, on constate une petite escarre causée par l'appareil, au niveau de la 5° dorsale. L'appareil est enlevé.

Dans les jours qui suivent, la gibbosité semble augmenter par en haut; une escarre spontanée apparaît au niveau du bout supérieur du greffon. L’enfant est maintenu presque constamment sur le ventre.

L’escarre dorsale du greffon se cicatrise très lentement, en laissant

une petite fistule par où sort, quelque temps après, une esquille

osseuse de 2 centimètres de long sur ? ou 3 millimètres de largeur et d'épaisseur puis la plaie se cicatrise.

* Actuellement, l'enfant encore dans notre service, présente une gibbosité arrondie, plus volumineuse qu'avant l’opération, et dont le point culminant est à la 10e dorsale. Depuis le mois d’avril, il va et

vient sans appareil, et son état général est satisfaisant.

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