‹ Le Traitement chirurgical du Mal de Pott par l'opération d'AlbeeChapitre 5 sur 37 · ES AU · texte numérisé non relu

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Pour réaliser le traitement local et arriver à mettre le foyer vertébral au repos il n’y a qu'un moyen, que la nature d’ailleurs réalise spontanément, c’est l’immobilisation. L'immobilisation, la nature l’obtient grâce à la contracture musculaire qui rend le rachis rigide, mais la contracture aggrave l’ülcération compressive et de plus n'empêche pas les mouvements légers de se produire Les méthodes thérapeutiques employées pour assurer l’immobilisation dans le mal de Pott se raméênent à deux : la méthode orthopédique qui est la méthode classique eb la méthode chirurgicale.

19 Méthode orthopédique. — Klle réalise limmobilisation ou bien par le repos absolu en décubitus dorsal, soit sur le lit plâtré, soit dans la gouttière de Bonnet ; ou bien en employant des corsets en plâtre, en celluloïd ou en cuir.

Cette mélhode à des avantages et elle compte à son actif de nombreux succès, mais elle a aussi des inconvénients sa longue durée d’abord, de plus si on emploie le décubitus le malade perd une partie du bénéfice du traitement général, l’état général s’altère à la longue, il y à parfois des troubles digestifs, et parfois des escarres: de même si on emploie les corsets, le thorax est toujours plus ou moins gêné, l'amplitude des mouvements respiratoires diminue, la ventilation pulmonaire se fait moins bien et des escarres peuvent apparaître. Enfin, par cette méthode on n'arrive Jamais à supprimer complètement les mouvements minimes résultant de la respiration, ni les menus traumatismes inévitables qui se transmettent au foyer vertébral et gênent sa consolidation.

20 Méthode chirurgicale. — Ehe se propose d'assurer une immobilisation absolue, en agissant au niveau du segment rachidien malade.

Tous les procédés chirurgicaux que l’on a proposés tentent de réaliser une ankylose osseuse solide entre les arcs postérieurs des vertèbres malades et les arcs postérieurs des vertèbres sainos sus ct sous-jacentes à la lésion. De cette façon,

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on crée une nouvelle colonne osseuse postérieure rigide, qui forme attelle, s'oppose à l'accroissement de la gibbosité et aussi à tous les mouvements des vertèbres à ce niveau. Ainsi est réalisé un premier point : la mise au repos du foyer vertébral et la suppression de l’ulcération compressive. Mais de plus cette colonne osseuse postérieure, pourra suppléer à la colonne des corps vertébraux et permettre ainsi de rétablir la fonction de sustentation. (La méthode chirurgicale cherche à réaliser d’une façon rapide, ce qui se produit spontanément lors de la guérison du mal de Pott. Sur des sujets pot- {iques guéris, on observe en effet une ankylose des arcs postérieurs des vertèbres, seulement cette ankylose est très tardive et de plus ne se produit qu’au niveau des vertèbres malades.)

La première intervention chirurgicale qui fut tentée dans le mal de Pott, fut faite en 1891, par Hadra aux Etats-Unis. Elle consistait dans la ligature des apophyses épineuses. — Chipault, en 1893, reprit cette idée; après la réduction en bonne position des vertèbres malades, il ligaturait les apophyses épineuses malades et les apophyses épineuses des vertèbres saines sus-jacentes, à l’aide de fil d'argent placé en huit de chiffre. Cette opération fut abandonnée, car le fil d'argent cassait ou bien il coupait les apophyses épineuses et l’opération perdaït toute valeur.

Calot en 1897, pour provoquer l’ankylose des arcs.postérieurs des vertèbres, avivait les bords des lames vertébrales, et des parties osseusse de l’arc vertébral postérieur, le périoste qui avait été ainsi détaché, était réappliqué et provoquait lankylose.

En 1910, Lange (de Munich}, proposa de placer de chaque côLé des apophyses épineuses, une attelle métallique, fixée par des sutures métalliques ou à la soie. Son procédé fut abandonné pour des raisons analogues à celles qui avaient fait abandonner le procédé de Chipault.

En 1911, Hibbs pratique une opération qu’il devait perfectionner dans la suite. Son procédé consiste à dépérioster

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les apophyses épineuses des vertèbres malades et d'une vertèbre saine sus et sous-jacente à la lésion, à dépérioster la face postérieure des lames jusqu’à la base des apophyses transverses, à ruginer avec une rugine courbe la face antérieure. de ces lames, à provoquer l’ankylose des articulations vertébro-vertébrales en y introduisant un petit ciseau, enfin à faire une fracture en bois vert à la base des apophyses épineuses et à les rabattre de facon que leur sommet soit au contact de la surface osseuse cruentée correspondant à la base de l’apophyse épineuse sous-jacente.

En 1911, quelques mois après Hibbs, Albee indique sa méthode. Elle consiste à moitiés égales les apophyses épineuses des vertèbres malades et de deux vertèbres saines sus et sous-jacentes à la lésion, à écarter les deux moïliés des apophyses épineuses de façon à créer une gouttière osseuse cruentée, et à venir placer dans cette goutlière, Albee dit « dans le lit du greffon‘», un greffon osseux prélevé sur la facé interne du tibia. Ce greffon osseux se soude rapidement aux surfaces osseuses avec lesquelles il esi en contact, et en solidarisant ainsi les vertèbres malades avec des vertèbres saines sus et sous-jacentes, il assure d’une façon parfaite l’immobilisation de la colonne vertébrale. Albee attribue même à son greffon un pouvoir correcteur de la gibbosité. ï

Le procédé d’Albee est le plus employé des deux procédés chirurgicaux utilisés dans le traitement du mal de Pott (l’Albee el le Hibbs). Il a été plus ou moins modifié dans les détails, c’est ainsi que Bérard en 1920 s’est servi d’un greffon mort, que Dujarier a employé les greffes osteopériostiques de Delagenière, mais le principe de l’opération reste le même : réaliser l’ankylose par un greffon osseux.

fendre longitudinalement en deux

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