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il ne faut pas déduire que dans la majorité des cas, l’opérée devient une nouvelle malade.
D’autres au contraire, considèrent ces accidents comme bénins. D’après Ferry, ce sontdes troubles peu considérables, le plus souvent légers et temporaires : tels sont les bouflées de chaleur, les céphalées, les insomnies, les cauchemars, les psychoses, l’asthénie musculaire ; rarement tenaces (tels la perte de la mémoire des chosesrécentes, l’asthénopieaccommodative). « Plusieurs de nos opérées, dit de Rouville, ont beau- « coup engraissé, d’autres plus rares ont accusé des « bouffées de chaleur, et un certain énervement, mais « ces troubles, inconstants d’ailleurs, sont toujours « allés en s’atténuant progressivement jusqu’à dispa- « raitre au bout de quelques mois. Une seule de mes « malades, très neurasthénique avant l’intervention, a « vu son état nerveux s'aggraver après, dans des pro- « portions inquiétantes, mais le terrain était chez elle « bien préparé. Aussi-la crainte de voir apparaître ces « troubles entre-t-elle pour une bien faible part dans « mes préoccupations de gynécologue conservateur ». De l'avis même d’un conservateur, on aurait donc nettement exagéré. On pourrait demander à ces derniers s'ils ont suivi toutes leurs opérées, et objecter qu'ils n’ont pas poursuivileur enquête assez loin, jusque dans le foyer où vit la malade. En réalité, tous s'accordent à dire que les troubles sont à peu près constants après la castration ovarienne et que les bouffées de chaleur sont presque toujours observées, soit isolées, soit accompagnées d’autres troubles.
Mais la vérité semble être comme toujours dans un
éclectisme prudent, et on peut dire que, si les troubles de la ménopause artificielle sont fréquents, beaucoup sont ennuyeux, pendant un temps toujours limité, pour la malade et son entourage ; quelques-uns seulement sont graves, persistants et rebelles à tout traitement, ces derniers surviennent souvent chez des prédisposées nerveuses.
2° Suppression de la menstruation.
La femme a le système nerveux équilibré de façon à avoir des congestions périodiques pendant la plus grande partie de sa vie; supprimons brusquement la congestion utéro-ovarienne physiologique en lui enlevant tout moyen de s'établir. Il est clair que, pendant un certain temps au moins, des troubles variés apparai- . tront jusqu'à ce que l'organisme se soit adapté à ce nouvel état de choses.
Ce seront par exemple des congestions d’autres organes, des hémoptysies par exemple, ce seront des flux hémorroïdaires, des épistaxis, etc., d’autres fois on observera des phénomènes analogues aux phénomènes sympathiques du début de la grossesse ; d’autres fois ce seront des symptômes d'intoxication chronique plus nets qui se manifesteront chez une brightique au début, la suppression de l’écoulement ayant déterminé une moins grande élimination de toxines.
A côté de ce rôle objectif utile de la menstruation constatable par le médecin, il ne faut pas oublier l’effet psychique que produit sur la malade la conservation
de cette fonction, et on ne peut aucunement partager l'opinion de Delbet, qui ne lui attribue aucune valeur.
La femme encore réglée, ne se sent pas amoindrie aux
yeux de son entourage, et alors qu’elle ne conserverait même que quelques espérances de devenir mère, cela
suffirait à lui conserver sa fonction menstruelle, quand
le chirurgien peut entrevoir la guérison de la malade
sans faire une ablation totale de l'appareil génital féminin.
3° Suppression des fonctions maternelles.
L'objection de la suppression de la vie sexuelle, disent les adversaires de la conservalion, tombe devant ce fait que la malade est déjà stérile du fait de sa maladie et l'expérience a démontré que l’opérateur n’a pas d'influence sur les désirs sexuels. (Duncan).
A ceux-là nous répondrons par des chiffres précis, par des statistiques éloquentes qui montreront bien le peu du fondement de cette assertion. Les statistiques suivantes ont été établies pour divers traitements conservateurs : Doleris disait en 1890 que 10 °/, de femmes devenaient enceintes, Gouillard 10 °/°, Montana avait aussi 10 °/° de grossesses en 1899 ; Martin, de Berlin, 20 °/,, Pozzi, 24 °/,, Mangin allait jusqu'à émettre que lorsqu'il y a des lésions des annexes avec métrite et perméabilité probable des trompes, 41 °, des femmes pouvaient devenir enceintes, 57 °/, à la suite de lésions simples et 21 °/, à la suite de lésions doubles. La diversité de ces chiffres, tient, nous le ré-
pétons à la diversité des traitements conservateurs suivis. Leur connaissance montre que la réalité de la grossesse au cours de la conservation utéro-annexielle n’est pas une utopie, mais au contraire un but qu'on doit chercher à atteindre.
A cette question de la stérilité de la femme après la castration totale se rattache un problème social, Ïa dépopulation. Le nombre des femmes castrées est considérable dans les grandes villes et s'il croît encore, l'opération de Lawson-Tait deviendra un danger social tel, que Canu, dans sa thèse n'hésite pas à en faire une des principales causes de la dépopulation dans les grandes villes.
Que conclure de cette étude ? Que la castration totale fournit des résultats locaux durables, mais non parlaits, pour une assez grande partie ; qu'elle entraine presque constamment des troubles de la santé générale, dont quelques-uns peuvent être graves et persistants ; que son abus constitue un danger ; et, qu'à côté de cette opération il faut étudier maintenant la castration partielle qui, peut être, ne nous donnera pas des résultats locaux sensiblement intérieurs, qui sera suivie dans tous les cas d’une bonne santé générale, et qui réservera à la malade la possibilité d’être mère et la joie de conserver les attributs de son sexe.
La Castration partielle
« La conservation poursuit un double but, le premier exclusivement social est d'assurer avec la conservation d’une annexe et de l'utérus, la fonction génitale, le second exclusivement individuel est d’assurer à la femme elle même, par la conservation d'organes à sécrétion interne comme l'ovaire ou à fonctionnement complexe comme l'utérus, une santé meilleure ». (Legueu).
Les avantages de la conservation résultent des in-
convénients même de la castration : ce sont le maintien
de l'intégrité des sécrétions externe et interne de
l'ovaire et la faculté de menstruation.
La chirurgie gynécologique doit s'inspirer des règles
“qui régissent la chirurgie générale : quand il s’agit
des plaies de la main par exemple, ou des doigts, ici
la règle absolue, invariable, admise par tous, est qu'«il
ne faut jamais amputer. primitivement ». (Tillaux).
PSS cé à : ‘ Pourquoi n agirIONS-NOUS pas de même en gynécologie.
On peut certainement établir que la conservation