OBSERVATION XI
Mme P..., âgée de 33 ans, avait contracté la syphilis en 1922. Elle avait été régulièrement traitée et les réactions sérologiques depuis plusieurs années étaient négatives. Au début de 1928, elle présenta des lésions endo-nasales de nature bacillaire et secondairement un lupus vorax du nez et un lupus de la joue gauche. Malgré un traitement local énergique, les lésions ne gué rissant pas, elle s’est soumise à un traitement spécifique, d’abord par le novarsénobenzol qui est ma! supporté et provoque de petites hémoptysies, ensuite par le bismuth qui n’améliore en rien le lupus. Malgré le mauvais état général de la malade nous lui faisons alors des piqüres de calomel qui cicatrisent presque complètement les lésions. La dernière fois que nous l’avons examinée avant son départ pour un sanatorium, il ne persistait que deux ou trois nodules lupiques sur le nez, la lésion de la joue
était complètement cicatrisée.
M. Pautrier, en novembre 1931, présenta une malade atteinte de lupus tumidus de la joue gauche amélioré par le calomel, sans qu'il n’y ait bien entendu de syphilis sous roche.
Nous signalons également que M. Sabouraud a pu obtenir quelques succès dans des cas de psoriasis traité par le salicylate de mercure, MM. Jausion et A. Pecken en obtinrent également par cetraitement. Ces auteurs voulurent voir dans ces réussites une
EU raison de croire à l’origine syphilitique du psoriasis, mais l’inconstance des résultats fait rejeter ces conclusions, Ici encore la foi dans la valeur du traitement d’épreuve avait engagé dans l'erreur.
Nous rapporterons enfin la série impressionnante! de 17 malades chez qui M. Feullié obtint des guérisons « par la seule ingestion quotidienne de 3 cachets renfermant uniquement 4 cgr. de lcalomel ».
De tous ces malades, il n’y en a qu'un chez qui il a pu relever l’existence d’une syphilis. Ces malades présentèrent des affections différentes mais que l’on peut ranger sous le terme général de maladies par sensibilisation : asthme, urticaire, eczéma, rhume des foins, strophulus, prurigo, œdème, de Quincke, lichen plan avec urticaire.
Iodure de potassium.
Quant à l’iodure de potassium, c'estle médicament classique des gommes mycosiques. Si autrefois il fut très employé dans la syphilis, il ne l’est presque plus aujourd’hui. Lui aussi est dénué de spécificité. Il améliore certains cas de rhumatisme chronique, mais surtout c'est le médicament spécifique des mycoses. Donc, dans le cas de gomme, il est inca-
pable de trancher le diagnostic entre syphilis et mycose. À
ts DAS NE TE RATER LEO
; Comment utiliser les résultats d’un traitement d'épreuve, au point de vue diagnostique ?
I ressort clairement des différentes observations que nous venons de voir que le traitement d’épreuve ne peut être pris comme critérium brutal.
Rejeter la syphilis quand le traitement ne donne pas d'améliorations c’est dire'que la paralysie générale n’est pas syphilitique, que les syphilis arsénorésistantes ne sont pas des syphilis. Donc le résul-
tat négatif du traitement d'épreuve n’a aucune
valeur.
-Admettre qu'une lésion est syphilitique quand le traitement l’améliore ou la guérit c'est risquer de dire que le lupus érythémateux, le zona, la maladie de Duhring sont syphilitiques.
Peut-on utiliser encore le traitement d'épreuve en apportant quelques réserves dans l'interprétation des résultats ?
MM. G. Massia et Pillon disaient que « pour avoir une valeur diagnostique réelle, un traitement d'épreuve doit donner une amélioration rapide et dans un temps normal une guérison complète ».
SM SA raison de croire à l’origine syphilitique du psoriasis, mais l’inconstance des résultats fait rejeter ces conclusions, Ici encore la foi dans Ja valeur du traitement d’épreuve avait engagé dans l'erreur.
Nous rapporterons enfin la série impressionnante de 17 malades chez qui M. Feullié obtint des guérisons « par la seule ingestion quotidlénne de 3 cachets renfermant uniquement 4 cgr. de lcalomel ».
De tous ces malades, il n’y en a qu’un chez qui il a pu relever l'existence d’une syphilis. Ges malades présentèrent des affections différentes mais que l'on peut ranger sous le terme général de maladies par sensibilisation : asthme, urticaire, eczéma, rhume
des foins, strophulus, prurigo, œdème, de Quincke, lichen plan avec urticaire.
Iodure de potassium.
Quant à l’iodure de potassium, c'estle médicament classique des gommes mycosiques. Si autrefois ik fut très employé dans la syphilis, il ne l’est presque plus aujourd’hui, Lui aussi est dénué de spécificité. Il améliore certains cas de rhumatisme chronique, mais surtout c'est le médicament spécifique des. mycoses. Donc, dans le cas de gomme, il est inca-
pable de trancher le diagnostic entre syphilis et mycose.
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