‹ Le Traitement de l'entérite muco-membraneuseChapitre 22 sur 41 · II. Combattre Faction putréfiante des microbes du côlon · texte numérisé non relu

II. Combattre Faction putréfiante des microbes du côlon

III. Evacuer les produits de la putréfaction du gros intestin.

IV. Combattre les symptômes prédominants qui accompagnent l'entérite.

y^ L'infection de l'intestin, cause de l'entérite membraneuse, et l'auto-intoxication qui en est la conséquence seront ainsi combattues avec grandes chances de succès, si nous pouvons arriver à remplir ces trois indications.

]. — Modifier le bouillon de culture du gros intestin.

/ On a proposé pour cela trois moyens : l'anti- [ sepsie intestinale, l'asepsie alimentaire, enfin V un régime alimentaire spécial.

A. — Antisepsie intestinale.

Une désinfection de l'intestin et de son con-

tenu est physiologiquement impossible. Tous les auteurs, ou à peu près, sont unanimes à le reconnaître.

En France, à la suite d'un rapport de Bardet(l),une vive discussion s'engagea sur la question de l'antisepsie intestinale, et la plupart des auteurs se prononcèrent contre la possibilité ou même Futilité de l'antisepsie du tube digestif.

En Allemagne, les expériences si concluantes de Fûrbringer (2) avaient dès longtemps jugé la question. L'administration de doses, même massives, d'antiseptiques intestinaux ne diminua guère le nombre des microbes, et les minima qu'il observa furent toujours si considérables, qu'il lui fut imposible de conclure à une action désinfectante au sens bactériologique du mot.

On peut^donc en conclure que la quantité et la qualité des germes intestinaux sont presque complètement indépendantes de la présence ou de l'absence d'antiseptiques intestinaux.

(1) Bardet, C. R. de la Soc. thér. t 1895.

(2) Fûrbringer, Deut. med. Woch., 1887, p. 11.

B. — Asepsie alimentaire.

Cette méthode a été proposée en 1886 par Stem et consiste à n'administrer aux malades que de la nourriture stérilisée.

Ferrand y ajoute l'administration de laxatifs, plusieurs jours de suite, et Huchard prône dans ce butl'entéroclyse combinée avec la diète lactée. Ce sont là d'excellents moyens, mais qui ne peuvent conduire à une asepsie intestinale.

Albu (1) a soumis cette méthode à un contrôle sévère et voici ce qu'il a constaté. L'examen répété, à de nombreuses reprises, démontre que l'introduction de nourriture stérile ne diminue que bien peu la proportion des microbes intestinaux et ne modifie presque pas la proportion des sulfo-éthers dans l'urine.

Ce n'est qu'en combinant cette méthode avec des purgations journalières énergiques et avec Tentéroclyse qu'il observe une diminution de la flore intestinale et des sulfo-éthers urinaires.

Ces moyens sont donc de bons adjuvants,

(1) Albu, Deut. med. Woch., 1897, p. 509.

mais ils ne suffisent pas pour aseptiser Tintestin. C'est, de plus, une méthode difficilement applicable chez l'homme, si elle doit être prolongée longtemps.

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