‹ Le Traitement de l'entérite muco-membraneuseChapitre 25 sur 41 · I . | Par jour : 15 gr. d'acide lactique · texte numérisé non relu

I . | Par jour : 15 gr. d'acide lactique

( — 15 gr. — 0,168

{ Avant la lactose 0,230

* l Avec 100 gr. de lactose 0,180

( Avant la lactose 0,410

( Avec 100 gr.de lactose 0,240

On le voit, dans ces trois expériences, contrairement à Thypothèse de Winternitz, l'acide lactique diminue bien les putréfactions azotées, mais moins que le kéfir pur.

Le lactose diminue aussi les putréfactions, mais moins que le kéfir et beaucoup moinsque le lait.

L'hypothèse de Winternitz n'est-elle donc pas exacte? Schmitz, en procédant avec un aliment nouveau, démontre qu'elle l'est, que

Combe. — Entérite, 3<- édit. 13

c'était bien l'acide lactique qui avait une action antiputride et, en même temps, il donne l'explication des résultats si surprenants obtenus par Winternitz.

Le fromage frais. — Schmitz (1) entreprit toute une série de recherches avec le fromage frais.

Chez les animaux :

Sulfo-éthers.

Avant 0,260

Par jour : 400 gr. frornaye irais 0,096

— 1000 gr 0,049

— 1 500 gr 0,022

Chez l'homme :

Sulfo-éthers.

Avant 0,552

En 1 fois, 500 gr. fromage frais 0,352

Chez l'homme :

Sulfo-éthers.

Avant 0,580

2 fois 225 gr. fromage frais 0,360

— 225 gr. — — 0,229

— 225 gr. — — 0,198

L'ingestion de fromage frais fait donc diminuer considérablement la putréfaction albumi-

(1) Schmitz, Zeit. f. phys. Ch„ XÏX, p. 383.

neuse ; c'est même, d'après Baumann, l'aliment azoté qui posséderait cette fonction au plus haut degré, laissant bien loin derrière lui le lactose, l'acide lactique, le kéfir et même le lait caillé.

Schmitz examine ensuite chacune des substances contenues dans le fromage frais au point de vue antiputride.

La caséine de ce même fromage administrée seule, non seulement i*e diminue en rien les sulfo-éthers, mais ceux-ci augmentent considérablement.

La graisse de ce fromage n'exerce sur la putréfaction aucune influence.

Reste le lactose. Le fromage privé de lactose augmente les putréfactions azotées. Nous devons donc bien attribuer l'action antiputride du fromage frais au sucre de lait qu'il contient, ou plutôt aux acides lactique et succinique qui se forment à l'état naissant, dans le trajet intestinal (1).

Mais pourquoi le fromage agit-il mieux que le lactose et l'acide lactique en nature?

(1) Schmitz, Zeit. f.pkys. Ch., XVII, p. 401.

Le fromage agit mieux que ces substances en nature, mieux que le kéfir et le lait, parce qu'il protège mieux le lactose et F acide lactique contre l'absorption trop rapide de la muqueuse \ intestinale, et leur permet ainsi d'arriver jusque aSns le gros intestin où ils peuvent déployer leurs qualités empêchantes.

Aussi, pour produire tout son effet, est-il préférable d'administrer cette substance, non pas en une fois, mais en petits repas distribués dans toute la journée. C'est ce que démontre l'expérience suivante due encore à Schmitz :

Sulfo-éthers.

Avant 0,240

En 1 fois 1500 gr. fromage frais 0,071

En 2 fois — — 0,041

En 4 fois — — 0,022

Ces expériences de Schmitz ont été répétées et mises hors de toute contestation par Gussarow (1) et Nasarow (2), tous deux élèves de Nencki. Nasarow a pu même constater que de fortesdoses de fromage frais diminuent considérablement le nombre des bactéries dans les selles.

(1) Gussakow, Diss. Saint-Pétersbourg, 89.

(2) Nasarow, Diss. Saint-Pétersbourg, 1)1.

Nous concluons donc de cette première série d'expériences :

1° Le lait, grâce aux acides succinique et lactique naissants, qui se forment aux dépens de son lactose, empêche la putréfaction de sa propre caséine et des autres aliments azotés avec lesquels il se trouve en contact ;

2° Cette action empochante du lait se retrouve dans le kéfir, dans le lait caillé, mais surtout dans le fromage frais, parce que cet aliment est solide et protège mieux le lactose contre la résorption et lui permet de gagner les parties inférieures de l'intestin où les acides lactique et suc- I cinique, in statu nascenti, se forment peu à peu ; 3° Le maximum de l'effet est obtenu en distribuant la ration en petits repas et non pas en le donnant en un seul.

2° Les hydrates de carbone (1).

Les hydrocarbures. — C'est à Hirschler (2) que nous devons les premières recherches

(1) Hirschler, Zeit. f. phys. Ch. t X, p. 306.

(2) Nous continuerons à employer, à l'exemple de nombreux cliniciens, les abréviations : hydrocarbures ou hydrocarbones pour désigner les hydrates de carbone.

de Finfluence des éléments hydrocarbures sur la putréfaction albumineuse.

A. — Sucres Digestion artificielle.

Sucre de canne. — L'addition de sucre de canne en quantité suffisante arrive à faire disparaître complètement les substances aromatiques d'une digestion artificielle de substances azotées.

Glycérine. — Elle exerce la même action.

Dextrine. — La dextrine empêche, comme le sucre et la glycérine, la putréfaction azotée.

Lactose. — Simnitzki (1) expérimente Faction antiputride des différents sucres et il arrive à la conclusion que le meilleur sucre antiputride est le lactose, puis viennent le glycose et le -maltpse, enfin le galactose. Avec 30 p. 100 de lactose, il ne se produit ni indol, ni phénol, ni ammoniaque, ni hydrogène sulfuré aux dépens des albumines.

(1) Simnitzki, Zeit. f.phys. C/t., 39, p. 111.

Digestion naturelle.

C'est par l'examen chimique des fèces que Hirschler a pu juger de la putréfaction.

Ici intervient un facteur que nous n'observons pas dans la digestion artificielle. En effet, les substances empêchantes, dans leur trajet intestinal, sont en partie transformées, en partie déjà absorbées dans l'estomac ou dans la partie supérieure de l'intestin grêle.

Il en résulte qu'une faible partie seulement de ces substances hydrocarbonées liquides arrive dans le gros intestin et que la plus grande partie de l'acide lactique qu'elles ont produit ayant été absorbée ne pourra agir sur le contenu du côlon.

C'est ce que démontrent les expériences suivantes :

Sucre de canne. — Deux chiens sont nourris avec 250 grammes de viande ; l'un reçoit en outre 50 grammes de sucre :

Dans le gros intestin : peu d'indol et de phénol, chez le chien au sucre ;

Dans le gros inlestin : beaucoup cTindol et de phénol, chez le chien témoin.

Glycérine. — Deux chiens nourris avec 250 grammes de viande ; l'un reçoit en outre 10 grammes de glycérine.

Dans le gros intestin : peu d'indol et de phénol, chez le chien à la glycérine.

Dans le gros intestin : beaucoup d'indol et de phénol, chez le chien témoin.

Nous concluons :

1° Les sucres, spécialement le lactose, sont

d'excellents aliments antiputrides ;

s$? Les sucres n'arxiw»t^pas à développer

/eur action empêchante dans le côlon, siège

[principal de l'entérite, car ils sont trop facile-

I ment résorbés dans les parties supérieures de

Vintestin.

B. — Farineux

Les farineux sont les céréales, le riz, le manioc, le tapioca, le sagou, les semoules, les farines de ces céréales et les pâtes alimentaires.

Il ne faut pas les confondre avec les farines de légumineuses (lentilles, pois, haricots, fèves,

flageolets, etc.), qui augmentent les putréfactions intestinales, grâce à la forte proportion d'azote qu'elles contiennent.

Digestion artificielle.

Farines de céréales. — Mais ce sont surtout les farines de céréales qui, mélangées avec des substances azotées et mises à Tétuve en digestion artificielle, empêchent toute formation de substances aromatiques même après six jours, alors que les substances témoins en contiennent des quantités considérables.

Digestion naturelle.

Farines de céréales. — Voici une première expérience due à Hirschler. Il choisit deux chiens nourris avec 250 grammes de viande et dont l'un reçoit 2S0 grammes de farineux en plus.

Dans le gros intestin : pas d'indol et de phénol, pas de scatol, chez le premier.

Dans le gros intestin : beaucoup d'indol, beaucoup de phénol, chez le chien témoin.

G. Hoppe Seyler (4) a fait une série d'expériences chez l'homme normal nourri d'abord avec de la viande seule, ensuite avec la même quantité de viande combinée avec une alimentation riche en farineux.

l re expérience :

Sulfo-éthers.

200 gr. de viande 0,280

200 gr. de viande et peu de farineux 0,260

2 e expérience :

200 gr. de viande 0,287

200 gr. de viande + 200 gr. de farineux 0,15

/ L'adjonction dune petite proportion de fa- I rineux est presque sans influence sur la putré- \ faction.

\ A la dose moitié farineux, moitié viande , les ^ l farineux diminuent notablement la proportion l des sulfo-éthers.

Krauss (2), dans une autre série d'expériences, commence par laisser jeûner le chien pendant six jours.

Sulfo-éthers. Indnl.

6 jours jeûne 0,041 0,0002

500 gr. viande 0,163 0,050

500 gr. viande+500gr. farineux. 0,084 0,020

(1) G. Hoppe Seyler, Zeil.f. phys. Ch. t XII, p. 21.

(2) Krauss, Zeits. f.phys. Ch., XVIII, p. 173.

TRAITEMENT DE l'eNTÉRITE PRIMAIRE 203

Là encore, diminution considérable de la putréfaction intestinale sous l'influence des farineux à dose de moitié.

Dans une série d'expériences faites à ma clinique, nous avons distribué la quantité de viande en trois repas et celle des farineux en cinq repas, en augmentant peu à peu la dose des farineux.

On obtient les doses d'indol suivantes :

Indol.

I re série, 200 gr. de viande 0,060

II e — 200 gr. de viande -f 400 gr. farine. . 0,035

Page 1