LA SONDE A DEMEURE
Est-elle efficace, inutile ou dangereuse, comme l'ont soutenu entre autres CaBoT et MELanD ? Si la sonde à demeure'a une action incontestable contre l'infection, si elle favorise même nettement une reprise de la fonction rénale déficiente, chez le prostatique, elle n’est pas dépourvue d’inconvénients.
Elle provoque une urétrite qui peut être la source de complications, telle que l’orchiépididymite aiguë.
Elle entraîne parfois un oedème bulleux de la région du col, de l’urètre postérieur et du trigone, qui rendra plus malaisé l'intervention endoscopique.
Elle à été parfois accusée, si elle a été maintenue assez longtemps chez un prostatique infecté, de déclencher, au bout de 7 à 10 jours, une poussée infectieuse sévère. (CABOT et MELAND).
Il nous semble que la préparation ne peut être univoque.
— S'il s’agit d'un prostatique à urines claires, à faible résidu, apyrétique, à bon fonctionnement rénal, on peut pratiquer l’électrorésection sans préparation locale préalable. Un grand lavage antiseptique, ou simplement au sérum physiologique, immédiatement avant l’intervention sera suffisant.
58 % des opérés de BuMPpus n’ont pas suivi de préparation et les poussées fébriles post-opératoires ont été, chez eux, exceptionnelles.
— S'il s’agit d’un prostatique à urines purulentes, à gros résidu, — s'il existe de la fièvre, — si le fonctionnement rénal est déficient, la sonde à demeure sera instituée — pas trop grosse si on veut qu’elle soit bien tolérée (Mc Carry emploie le n° 10 Charrière d’une façon habituelle).
On y associera de grands lavages vésicaux matin et soir, au nitrate d’argent 10 % ou à l’oxycyanure de mercure à 1 pour 4.000.
On pratiquera l'intervention quand les urines seront éclaircies depuis au moins 48 heures, la fièvre tombée depuis au moins 1 semaine. Si, au bout de quelques jours de sonde à demeure, le malade n’est pas encore apte à subir la résection, mieux vaut semble-t-il, retirer la
LG EE
sonde et pratiquer le catéthérisme discontinu, suivi de lavages. Il faudra savoir attendre et compter sur le rôle incontestable du sondage, qui est à la base du traitement conservateur des prostatiques.
Un surcroit de précaution, pour éviter l’infection secondaire par la sonde à demeure, est réalisé par certains auteurs (HeITz-BoYER, Cagvassu, Bumpus) en stérilisant au préalable les raccords de verre et de caoutchouc ainsi que l’urinal et en enveloppant la verge d’un pansement aseptique qui doit être changé lors de chaque lavage.
-— Le prostatique distendu devra être l’objet de soins encore plus minutieux. Ici, la sonde à demeure à débit ralenti, préconisée par MarloN, sera formellement indiquée avant toute autre décision. Une fois la vessie vidée, la cystostomie à la locale, semble la conduite à tenir la plus prudente.
Nous verrons, au chapitre des Indications, ce problème capital de la résection endoscopique chez le distendu.