LE DEGRÉ DE LA RÉTENTION
Si c’est la rétention qui, en règle, oblige à intervenir chez le prostatique, elle ne peut, à elle seule, faire décider du choix du traitement et ceci se conçoit puisque l’électrorésection a pour but de supprimer l’obstacle qui n’est pas du tout en rapport avec la valeur du résidu. Une résection minime peut faire céder un résidu important alors que, dans d’autres cas, un résidu moindre pourra persister malgré plusieurs séances de traitement endoscopique.
Néanmoins, quelques cas particuliers méritent discussion.
— Les troubles fonctionnels chez un prostatique qui n’a pas de résidu ont été, par certains auteurs, traités par la résection.
Ainsi KAHLE et THOMPSON résèquent 11 prostatiques qui n’avaient pas trace de résidu et obtiennent d’excellents résultats.
Nombre d’auteurs ont préconisé « l’intervention prophylactique », qui éviterait ainsi l'apparition de la rétention.
Si les troubles fonctionnels sont marqués, malgré l’absence de résidu (pollakiurie intense, mictions lentes et pénibles) et si l’endoscopie révèle un obstacle saillant, surtout si la cystoscopie montre l’existence, soit d’une barre inter-urétérale saillante, ou une vessie à colonnes, l’électro-résection devient légitime, permettant par la suppression de l’obstacle de faire disparaître les troubles fonctionnels.
Mais il nous semble exagéré d’étendre l’électrorésection à toutes les prostates augmentées de volume. Combien de sujets ayant dépassé la soixantaine devraient alors subir l'intervention ?
Surtout dans cette méthode actuellement à l’étude, cette indication à titre préventif risque de fausser étrangement l’étude des résultats.