‹ Le Traitement de l'hypertrophie de la Prostate Par L'électrorésection EndoscopiqueChapitre 46 sur 80 · LA RÉTENTION INCOMPLÈTE CHRONIQUE AVEC DISTENTION · texte numérisé non relu

LA RÉTENTION INCOMPLÈTE CHRONIQUE AVEC DISTENTION

Chez le distendu, enfin, la résection constitue-t-elle le procédé thérapeutique le plus sûr ?

Nous savons qu’il s’agit d’un malade très fragile, chez qui le sondage habituel doit être proscrit :

— Une infection légère vésicale peut rapidement, chez lui, déclancher une pyélonéphrite suraigue d’évolution fruste, de terminaison en règle fatale ;

— Une décompression brusque peut provoquer des hémorragies sérieuses dans tout l’arbre urinaire.

Aussi, la résection ne nous semble pas ici l’intervention bénigne qu’on à prônée :

— Manœuvre endo-urétrale importante avec un risque d'infection pratiquement impossible à éviter, malgré les précautions les plus rigoureuses ;

— Le sphacèle provoqué par la coagulation, chez ce sujet à voies

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urinaires supérieures dilatées et à état général déficient, sera d’autant plus à craindre ;

— Enfin, on n’est jamais certain que la résection entraîne immédiatement une bonne évacuation ; des séances répétées ont été le plus souvent nécessaires,

La stagnation de l’urine ou la sonde à demeure prolongée sont ici des facteurs de gravité que l’on ne peut méconnaître. Aussi il nous semble plus prudent, chez le distendu, de placer une sonde à demeure à débit ralenti, comme l’a préconisée notre Maître le Professeur MARION, ce qui évite, par l’écoulement continu de l’urine, l’infection ascendante, par la décompression lente, les hémorragies.

Dès que la vacuité de la vessie est obtenue, la cystostomie à la locale est l’opération de sécurité.

Que nous donne l’étude des observations de la résection chez le distendu ?

-— Papas résèque un prostatique en état de distension, âgé de 90 ans, avec urémie et œdème. 10 jours après la séance, les œdèmes ont disparu, le taux de l’urée est revenu à la normale, le résidu est minime (3 onces).

— Jacogy, chez un distendu avec incontinence, pratique 3 résections successives qui suppriment la totalité du résidu et, ce, sans que le malade ne cesse un seul Jour son travail.

Les résultats ne sont pas toujours aussi éclatants :

— HorFMEISTER, chez un malade âgé de 59 ans, à résidu atteignant 1 litre 100, après 4 séances voit l’urine résiduelle tomber à 300 grammes. A ce moment, la pyélonéphrite se déclara et emporta rapidement le malade.

— Nous avons eu un décès à déplorer à la suite d’une résection pratiquée chez un distendu. C’est l’observation IT que l’on trouvera plus loin.

Dans l'étude de tous les faits publiés, nous trouvons des cas de mort par « pyélonéphrite », « urémie », « asthénie », sur lesquels nous aurions désiré avoir plus de renseignements quant au degré de rétention existant chez ces malades.

A la lecture du rapport si documenté de Fey et Dossor, on se rend compte que les résultats sont ici nettement inférieurs à ceux obtenus dans la rétention complète chronique :

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— Sur 54 observations de résection chez le distendu : 28 succès ; 20 améliorations avec résidu inférieur à 100 grammes (mais qui, étant en cours de traitement, ne permettent encore aucune conclusion).

Reste 6 cas sur lesquels : 2 échecs ; 4 morts.

Dans la rétention chronique complète :

__ 97 observations : 21 succès ; 6 améliorations avec résidu inférieur à 100 grammes.

Et, dans cette statistique, nombre de cas n’ont pu être suivis

pour pouvoir juger de la persistance ou de la reprise de l’urémie, des conséquences plus éloignées de l’infection, du sphacèle.

Il ne faut pas oublier que le distendu, que l’on ne draine pas largement, reste un malade chez qui il faut craindre un retour rapide des accidents — qui seront ici du plus fâcheux pronostic.

De plus, il est difficile de préciser, dans les cas publiés, le nombre de résections pratiquées après cystostomie préalable, ce qui change évidemment le problème d'aspect.

Chez le distendu, la sécurité nous indiquera de pratiquer la cystostomie après la mise d’une sonde à demeure à débit ralenti. Plus tard, l’électrorésection sera plus souvent indiquée que la prostatectomie, du fait de sa moindre gravité.

En somme, si le résidu n’est pas, dans la règle, un argument sur lequel on puisse s'appuyer pour poser l'indication de la résection, nous ne croyons pas devoir la préconiser dans la rétention aiguë et chez le distendu où, pratiquée d'emblée, elle reste une intervention très sérieuse.

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