FORMES ASSOCIÉES
L'hypertrophie prostatique peut se trouver associée à une autre lésion, qui rendrait dangereuse l’électrorésection.
Il en est ainsi en cas de :
— Calculs vésicaux associés, où l’intervention endoscopique risque de déclancher des phénomènes infectieux sévères. Il faut donc, au préalable, dans ces cas, supprimer les calculs.
S'ils peuvent être supprimés par la lithotritie en cas d’adénome au début, par exemple, l’électrorésection pourra être pratiquée dans un temps ultérieur ; mais, le plus souvent, la taille vésicale sera indiquée chez le prostatique. Il est donc plus logique, puisque la vessie est ouverte, de pratiquer la prostatectomie, l’électrorésection ne pouvant ici encore se légitimer que par une contre-indication d’ordre général.
Pourtant, KeyEs, FRASER et Mc LELLAN pratiquent 4 fois la résection chez des malades porteurs d’une « barre prostatique » associée à des calculs vésicaux. Dans 3 cas, ils effectuent une lthotritie préalable ; dans le 4€ cas, ils résèquent d’emblée la barre et les calculs sont expulsés spontanément.
— Les calculs de la prostate. — S'ils peuvent être extirpés par la voie endo-urétrale, — il s’agit alors de calculs de l’urètre prostatique, — ils ne seront pas une contre-indication à la résection ultérieure.
Par contre, les calculs endogènes de la prostate associés à l’adénome feront préférer, par prudence, la prostatectomie.
Il ne faudra pas compter sur les éventualités exceptionnelles, tel le cas heureux de Léo MICHEL qui, chez un prostatique porteur d’un adénome de moyen volume, décèle à l’urétroscopie, dans le sillon latéral gauche de la prostate, l'extrémité pointue d’un calcul. Au toucher rectal, du reste, les lobes latéraux présentaient plusieurs noyaux durs. Avec l'appareil de Mc Carry, il résèque le lobe médian : puis, après lavage, réintroduit l'instrument dans l’urètre prostatique et incise le lobe latéral. Cette incision donne issue à 14 petits caleuls. Les suites furent très simples sans hémorragie, ni fièvre.
— En présence d'un diverticule vésical. — S'ils sont petits «les troubles qu’ils déterminent sont tellement légers qu’ils disparaissent quand l'obstacle prostatique vient à être supprimé » (MARION).
S'ils sont de grande dimension, ils doivent être enlevés.
Ces conclusions, qui avaient trait au traitement des diverticules au cours de la prostatectomie, peuvent être appliquées pour la résection, avec une réserve toutefois : c’est le risque, par le traitement endoscopique, de voir le diverticule s’infecter et suppurer alors interminablement.
Aïnsi BALLENGER signale 3 prostatiques porteurs de diverticules vésicaux, dont la pyurie ne cède pas à l’électrorésection.
ROSENBURG est obligé, chez un de ses malades, de pratiquer indéfiniment des lavages de vessie un jour sur deux.
BUGBEE, dans 2 cas, n'obtient qu’une amélioration.
Luys cite deux malades chez lesquels le résultat reste incomplet : l’un garde un résidu constant et infecté de 250 grammes (qui est la capacité de son diverticule).
— La présence d’un polype vésical ne modifie en rien le problème. S'il peut être détruit par les voies naturelles, on le fulgurera et, ultérieurement, on pourra s'attaquer à l’adénome.
Mais, s’il nécessite la taille, pourquoi, comme Boyp l’a pratiqué, enlever le polype par la voie haute, puis pratiquer l’électrorésection qui, du reste, déclancha une pyélonéphrite aiguë sévère ?
— Enfin, la barre interurétérale n'étant qu’une hypertrophie compensatrice luttant contre l'obstacle prostatique, si celui-ci est levé tôt, la barre régressera. Si elle ne régresse pas et cause des troubles de rétention, elle doit être supprimée.
Sa suppression, pratiquée le plus souvent par la taille, l'a été quelquefois par l’électrorésection.
— L'association, chez un prostatique, de troubles relevant d'une lésion du système nerveux central, ne posera pas de problème différent pour la résection que pour la prostatectomie.
Si la contractilité vésicale semble conservée, le traitement de l’adénome pourra être tenté. L’électrorésection, par son court séjour au lit, son choc moindre, sera préférable ; mais les résultats restent bien aléatoires.
Boyp, sur 3 tabétiques réséqués, signale 2 améliorations et un échec.