L'INTERVENTION
L’Anesthésie
Tous les modes d’anesthésie ont été utilisés :
1° Certains auteurs pratiquent même l'intervention sans anesthésie, déclarant que le tissu prostatique est pratiquement insensible. Nous l’avons essayé une fois, et cette expérience n’a guère été encourageante. Les secousses déclanchées par le passage du courant sont très désagréables à supporter et la sensation de cuisson en est intense.
20 L’anesthésie générale nous semble être peu utile; en tout cas, si l’on veut utiliser l’anesthésie générale, la plupart des auteurs préfèrent le protoxyde d’azote. Le chlorure d’éthyle doit être formellement proscrit, l’éther n’être utilisé qu’avec prudence.
30 L’anesthésie par instillation urétro-vésicale, n’est que de courte durée, la novocaïne étant entraînée rapidement par le courant d’eau.
Deux types de mode d’anesthésie sont le plus pratiqués.
4° L’anesthésie régionale :
Soit épidurale, qui a le grand avantage de permettre le traitement ambulatoire. De plus elle laisse intacte la sensibilité vésicale à la réplétion,
Soit la rachanesthésie, pratiquée basse (L, L;), avec une petite quantité d’anesthésique (7 à 8 cgr. de scurocaïne) elle nous a donné une anesthésie excellente analogue à l’épidurale, conservant la sensibilité vésicale à la réplétion.
59 L’anesthésie locale par infiltration de la région à réséquer :
Est pratiquée par plusieurs auteurs, FRISCHER, en particulier. A l’aide d’une longue aiguille flexible passée dans la gaîne de l’appareil, sous le contrôle de la vue, on injecte la novocaïne dans le tissu adénomateux. WisHARD, HAMER et MERTZ ont construit une aiguille incurvée faisant un angle aigu avec la sonde qui la porte pour mieux pénétrer la prostate ; ils injectent en moyenne 20 à 30 cm* de novocaïne à
2 % avec adrénaline et obtiennent une anesthésie d’une durée maxima de 90 minutes. « L’œdème provoqué n’a jamais gêné la résection et nous n’avons jamais constaté d’hémorragie importante » disent-ils.
Un fait intéressant à noter est la diffusion très grande dans tout l’adénome du liquide injecté en un point. Ces auteurs, à l’aide d’un liquide opaque constatent à l’urétrographie la diffusion rapide et généralisée aux deux lobes latéraux du liquide injecté en un point de la région médiane, WisHARDT a pratiqué cette anesthésie dans 33 cas avec d'excellents résultats, 2 contre-indications seules existent pour lui à l’anesthésie in situ :
— Les très volumineux adénomes,
— La présence de cystite intense associée.
Technique REMPLISSAGE DE LA VESSIE.
Il n’est pas utile que la vessie soit complètement remplie, comme pour une cystoscopie. Le remplissage incomplet est beaucoup plus prudent, puisqu'on travaille sous irrigation continue.
L’eau distillée est indispensable si l’on veut éviter que, par l’action des courants de haute fréquence, les sels contenus dans l’eau ne précipitent et troublent le milieu.