‹ Le traitement de la coxalgie [electronic resource]Chapitre 4 sur 62 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

nous ne pouvons l'atteindre qu'on très petite partie, en raison de la disposition anatomique de la région coxo-fémorale.

Le bistouri est, en somme, une arme autrement sûre et puissante ici que la seringue de chlorure de zinc.

Mais, nous l'avons dit, l'intervention sanglante n'apporte la guérison qu'au prix d'une infirmité. Qu'importe néanmoins l'étendue du sacrifice, la raison ne commandc-t-cllc pas de passer outre si véritablement la guérison n'est qu'à ce seul prix : la résection des extrémités articulaires!...

Fort heureusement il n'en est pas ainsi. L'anatomic pathologique nous enseigne que l'évolution d'un loyer tuberculeux n'est pas fatalement progressive, comme celle de la pus- Lule maligne et du cancer. En étudiant de près l'évolution du tubercule, on a reconnu qu'il avait une double tendance : qu'il subissait, suivanl les cas, la transformation caséeuse ou la transformation fibreuse. Si la caséification conduit généralemenl à un cnvahissemcnl des lissus voisins, à l'aggravation de l;i maladie, In transformation fibreuse est une tendance vers la guérison. On voit chaque jour des gommes tuberculeuses de la peau se transformer ainsi en noyaux fibreux de guérison.

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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. 2a

poursuivent, par conséquent, par des moyens différents, le même but : ils doivent se prêter un mutuel appui et non s'exclure l'un l'autre.

Cette thérapeutique nous conduira d'une manière presque absolument certaine à la guérison; et puisqu'elle nous y conduit avec le minimum de dommages pour le coxalgique, c'est elle que nous devons évidemment préférer autant que possible.

Autant que possible.... Celte restriction est nécessaire, parce qu'il est des cas où, pour des raisons diverses, presque toujours parce que la maladie n'a pas été traitée à temps, on ne peut pas espérer arriver à la guérison sans consentir à un sacrifice plus ou moins coûteux. Mais combien rares seront ces grandes interventions! Combien rares elles seraient surtout si les malades nous étaient conduits au début 'e leur coxalgie! Je l'ai dit dans l'introduction : nous sommes à peu près tout-puissants à. celle période pour guérir le coxalgique cl lui conserver un membre de forme el de fonctions normales. Nous verrons combien nous ■ nimes encore puissammcnl armés lorsque nous sommes en présence de ces lésions avancées de la coxalgie, réputées partout incurables autrefois.

Car à une période avancée de la maladie la suppression du foyer tuberculeux ne suffit plus.

Gc loyer tuberculeux a produit des ravages et des désordres articulaires qu'il nous faudra réparer; c'est une attitude vicieuse de date récente ou une déviation déjà ancienne et en apparence définitive ; c'est un abcès qui s'est formé autour de la hanche malade; c'est une ou plusieurs fistules.

Si le traitement général reste le même, l'apparition de ces complications crée des indications et des obligations nouvelles au chirurgien chargé du traitement local. C'est dans la manière dont il saura interpréter et remplir ces indications que se révélera le mérite du chirurgien. Sans vouloir anticiper sur l'étude de ces questions qui sera faite plus loin, nous disons dès maintenant : le chirurgien doit toujours donner la préférence aux méthodes et aux procédés qui causeront le moins de dommages et de mutilations. Il doit non seulement sauver la vie du coxalgïquc, mais lui laisser un membre utile. Que l'intérêt vital du malade ne lui fasse pas oublier son intérêt orthopédique.

On devine combien il sera parfois difficile de prendre parti pour telle méthode plutôt que pour telle autre. Aussi je ne crains pas de dire, à rencontre de nos grands-pères, que si Ion doil s'occuper en même temps du traitement général et du traitement local de la coxalgie, le traitement local prime l'autre et est bien plus difficile

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. 27 à établir. Je dirai, pour mieux faire saisir ma pensée, sous une autre forme : Il vaut mieux pour un coxalgiquc vivre clans une salle de nos hôpitaux parisiens sous la surveillance d'un bon chirurgien, que de vivre a Bcrck sans direction médicale.

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