PROPHYLAXIE DE LA COXALGIE. M
au développement du bacille tuberculeux. En réalité, les mûmes moyens permettent de satisfaire à ces deux indications. Ainsi l'air de la montagne ou de la mer n'agit pas seulement parce qu'il est plus pur et dépouillé presque, de tout germe infectieux, mais encore parce qu il stimule davantage la nutrition générale du sujet, augmente l'appétit et permet la suralimentation : bon climat, bonne hygiène, vie au grand air, suralimentation, ce sont là autant de facteurs contribuant à augmenter la résistance de l'organisme.
Mais ces considérations, que nous ne pouvions cependant pas passer sous silence, ont une portée trop générale; elles s'appliquent aussi bien à la prophylaxie de l'adénite tuberculeuse que de la coxalgie.
Nous devons serrer notre sujet de plus près et nous demander si nous sommes en mesure de donner quelques indications spéciales à la prophylaxie de la tuberculose de la hanche.
J'ai entrepris, pour répondre à celte question, une enquête 1res minutieuse auprès des familles de 80 de mes coxalgiques, et j'ai cherché à établir, aussi exactement que possible, les conditions sous l'influence desquelles paraît s'être développée la coxalgie.
Celle enquête, on le conçoit aisément, est très difficile à mener à bien. Les parents ne
donnent pas toujours des renseignements véridiques soit par ignorance, soit plus souvent encore par mauvaise volonté, cachant trop fréquemment, par exemple, la marque héréditaire, à l'égal d'une tare inavouable, comme s'il était plus déshonorant d'être fils d'un tuberculeux que d'un cancéreux, ou d'un syphilitique, ou d'un goutteux; car on peut certainement relever l'une de ces maladies dans l'histoire de toutes les familles, et « il faut bien être quelque chose », comme le disait familièrement l'un de nos maîtres en faisant allusion à celte préoccupation inquiète des parents de cacher la tuberculose de leurs ancêtres.... Mais tous les raisonnements n'y font rien, le préjugé existe spécialement pour le vice tuberculeux.
Fort heureusement je connaissais parfaitement l'histoire pathologique de presque toutes ces familles et j'ai pu combler les lacunes laissées souvent par les parents dans la colonne des antécédents héréditaires.
C'est pour cette raison que celte enquête est beaucoup plus complète qu'on ne pourrait craindre. Elle m'a paru renfermer des renseignements bons à être publiés.
Plus des deux tiers de ces enfants (57) venaient de Paris, bien que nous recevions à Berck des enfants venus de partout.
Leur rtge variait de un ft vingt-quatre ans, avec
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une proportion beaucoup [tins grande pour la deuxième enfance : ceci est classique.
Si, dans b4 cas, il s'agissait d'enfants ehétifs et « délicats », 26 fois l'enfant était jusqu'alors très vigoureux.
Je n'ai trouvé une influence héréditaire bien nette que dans 26 cas : c'est-à-dire chez le tiers à peine de nos coxalgiqucs.
Riches et pauvres m'ont paru entrer dans cette liste en proportion sensiblement égale et peutêtre cependant les riches sont-ils un peu moins nombreux. On comprend qu'il est assez malaisé de faire la démarcation entre les uns et les aulres.
Voici maintenant les causes occasionnelles ou déterminantes auxquelles j'ai cru pouvoir rapporter le début de la coxalgie :
A un traumatisme delà hanche (coup ou chute), 21 fuis. Je n'ai fait entrer en ligne de compte (pie les coups ou chutes graves ayant provoqué une visite du médecin ou tout au moins nécessité quelques soins de la part des parents ;
A un surmenage 'physique ou à une fatigue
évidente 9 fois;
A la rougeole 14 Ibis;
A la scarlatine 2 fois ;
A la coqueluche 2 fuis ;
1 l'ois;
A une fièvre muqueuse
2 fois;
A une entérite ou « dysenterie » . .
3 fois;
A une adénite cervicale avec otorrhée.
3 fois;
A une adénite cervicale seule. . . .
5 fois;
Au mal de Polt
3 fois;
A d'autres tuberculoses externes. . .
3 fois.
Restent 12 cas où je n'ai pas pu saisir une cause de quelque valeur pour expliquer l'apparition de la coxalgie, je veux parler d'une cause prochaine, appréciable, car chez 7 de ces enfants, nous avons trouvé des antécédents héréditaires; il en est resté 5 seulement chez qui on ne pouvait invoquer ni hérédité, ni maladie antérieure, ni traumatisme; mais, délail à noter, tous les 5 venaient d'une grande ville : 3 de Paris, 1 d'Amiens, 1 de Reims.
Quelles conclusions pratiques allons-nous tirer des résultats de cette enquête?
Le traumatisme est invoqué presque toujours par les parents comme la cause certaine de la coxalgie. Lorsqu'on les oblige à préciser, on reconnaît que, dans la majorité des cas. cette opinion n'est pas rationnellement soulenablc.
Mais, celle élimination faite, nous avons pu conserver 21 cas où la cause probable de la maladie est le traumatisme.