ARSENAL THÉRAPEUTIQUE ACTUEL
1) Les Sulfamides
Le discrédit dans lequel sont tombés les sulfamides en ce qui concerne letir emploi dans le traitement de la Fièvre de Malte n'est pas totalement justifié, car l'on oublie trop souvent que lors de leur appatition, ils furent d'un grand secours et si, à l'heure actuelle, ils son: dépassés par les antibiotiques, il n'en demeure pas moins quon ne doit pas les considérer comme totalement inactifs envers les Brucella
Tout d'abord, il faut noter que, en ce qui concerne leur emploi, seule la sulfadiazine et parfois la sulfaméthyldiazine furent utilisées dans la Fièvre de Malte. Cela tient au fait que ces deux substances sont les plus actives envers les Brucella et en même temps les moins toxiques envers l'organime humain. La toxicité du sulfathiazol dont l'activité in vitro aurait pu faire recommander l'emploi, «empêcha :son:utilisation dans une maladie de longue haleine, telle que la Fièvre de Malte. En effet, ainsi que nous l'avons exposé au début du chapître précédent, le problème qui se pose lors de l'emploi des suffamides dans la Fièvre de Malte est surtout celui de leur toxicité. Or, pour que les sulfamides soient suffisamment actifs, il faut obtenir une concentration de 5 à 10 miligrammes de 100 cc. de sang, ce qui correspond environ à une dose quotidienne de 6 gr. Mais cette dose de 6 gr. répétée assez longtemps, entraîne des réactions toxiques de l'organisme, telles que ictères graves, troubles urinaires où érythèmes cutanés.
On est donc pris, lors de l'emploi des sulfamides dans les Brucelloses entre les accidents toxiques et l'insuffisance de la thérapeutique.
Tous ces faits expliquent les résultats contradictoires obtenus par les cliniciens, les uns employant des doses insuffisantes, les autres ne craignant pas d'atteindre des doses toxiques. En fait, le résultat de tout ceci fut l'abandon des sulfamides en thérapeutique antimélitecoccique, du moins utilisés isolément.
C'est ainsi que, si en 1944, Urshel Prétendait obtenir 56,9 Z de succès avec les sulfamides employés à la dose de 20 à 30 grammes en 5 à 8 jours, et en recommençant régulièrement la thérapeutique, Neyrat en 1942, ainsi que Bellock et Montresirios, en 1946,
n'obtenaient que des effets médiocres.
En 1947, Eisele et Mac Cullough n'observaient avec l'empli des sulfamides aucune modification de l'évolution clinique, de la température et de la septicémie.
-Spink et ses collaborateurs rapportaient que, après avoir infecté des embryons de poulet par Brucella Abortus, après traitement par les sulfamides, on retrouvait encore, dans 92 % des cas, des Brucella dans le foie de ces embryons.
Transposant ces expérimentations sur le plan clinique, Spink traitait 20 malades en leur donnant 6 gr. de sulfamides par jour, pendant 21 jours et notait dans 6 cas, une guérison définitive dont il attiiouait la plus grande part au repos au lit et à l'immobilisation; dans 7 cas l'hémoculture était toujours positive après le traitement, et dans les aut:es cas, il notait une amélioration provisoire suivie de rechutes cliniques et bactériologiques après cessation du traitement. Malgré cela, les sulfamides n'en restent pas moins utilisées dans la Fièvre de Malte. Leur pouvoir bactériostatique et leur action in vitio sur les Brucella font qu'ils restent un adjuvant thérapeutique parfois intéressant en association avec les antibiotiques.
2) L'Association Sulfamides - Transfusions sanguines
En 1949, C. Romer, ayant traité deux cas de Fièvre de Malte à Brucella Abortus, par une transfusion de 500cc. associée à 8°gr. de sulfamides par jour, pendant 6 ou 7 jours, conseillait devant les résultats favorables de cette méthode de poursuivre les essais thérapeutiques. Holmes et Hugues ont publié également deux cas de Brucellose traitées par la sulfadiazine associée à trois petites transfusions sanguines, avec des résultats encourageants.
Cette méthode qui associe les sulfamides aux transfusions sanguines, critiquée par De Bono, en est restée semble-t-il à ces essais quels qu'encourageants qu'en fussent les résultats.
3) La Streptomycine
Si la pénicilline se révéla d'emblée sans effets dans la Fièvre de Malte, il n'en fut pas de même pour la streptomycine qui donna dès les premiers essais de grands espoirs,
En effet, en 1944, Metzger, Schatz et Washmann montraient - que la streptomycine empéchait l'évolution de la maladie chez l'embryon de poulet. C'est alors que l'on crut avoir trouvé un agent spécifique anti-mélitococcique.
Mais un peu plus tard, Live, Sperling et Subber tempéraient ces résultats. Ils démontraient que la streptomycine avait un effet bactériostatique sur Brucella Abortus, mais faisaient néanmoins des réserves. Dans leurs expérimentations, ils notaient que cet effet bactériostatique était beaucoup plus marqué lorsqu'on traitait dès le début de l'infection les cobayes infectés expérimentalement. Si le traitement de ces cobayes par la streptomycine ne commençait que 8 jours plus tard, les cultures faites à païtir de ces animaux sacrifiés, négatives lorsque l'animal était sacrifié le lendemain de la cessation du traitement, redevenaient positives au bout de 8 jours. Ces auteurs notaient également que pour obtenir une stérilisation de ces animaux, il fallait quadrupler la dose de streptomycine. Concordant avec ces résultats, les travaux de Spink et de ses collaborateurs montraient que dans 77 % des cas de Brucellose expérimentale, des embryons de poulet, le foie de ces embryons contenait encore des Brucella après traitement par la streptomycine, ce qui, tout en étant nettement supérieur aux résultats obtenus avec les sulfamides (92 %) était encore loin de ce que l'o pouvait attendre d'un antibiotique si actif par ailleurs. Spink notait encore que, en employant des doses de streptomycine plus fortes, 100 % des embryons étaient totalement stérilisés. É
En 1947, Kelly et Henley notaient encore que le streptomycine avait une faible valeur thérapeutique chez la souris et le cobaye infectés par des Brucella.
Comme on le voit, le laboratoire nous laissait p:évoir les résultats partiels et incomplets de la streptomycothérapie, résultats que la clinique devait confirmer. Si les essais cliniques furent nombreux, les échecs le furent également, tant à l'étranger qu'en ‘ France.
À l'étranger, les succès dus à la streptomycothérapie se rapportent surtout à des cas de Brucellose dus en général, soit à Brucella Abortus soit à Brucella Suis. Cela explique en partie les différences d'activité de cette thérapeutique dans les mains- des auteurs étrangers, alors qu'en France les cas traités furent ‘surtout dus à Brucella Melitensis, de beaucoup plus virulent. De même il faut tenir compte de l'ancienneté de la maladie et de ses possibilités de rémission spontanée. Ainsi, si Reimann, Elias et Price, Finch, Hexlett, Page, Howe et Heyl eurent de bons résultats, Ho-