‹ Le Traitement de la Fièvre de MalteChapitre 6 sur 15 · NOR · texte numérisé non relu

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C'est tout d'abord Spink et ses collaborateurs qui, expérimentant cette synergie médicamenteuse sur des embryons de poulet, montraient que lorsque ces embryons, infectés par des Brucella, étaient traités par l'association streptomycine-sulfadiazine, 24 à 72 heures après l'infection expérimentale, les Brucella étaient absentes des cultures de tissus de la majorité des embryons.

Plus précisément, Spink montrait que le foie de ces embryons contenait seulement dans treize pour cent des cas, des Brucella après un tel traitement synergique alors que nous avons vu précédemment les différentes proportions obtenues avec la streptomycine et les sulfamides employées isolément et qui étaient respectivement de 77 et 92 %.

Enfin et toujours selon Spink, cette association se montrait active contre les trois souches de Brucella.

Cette méthode de traitement, qui tout en étant moins toxique, se montrait la plus active, devait tenter de nombreux auteurs.

À la suite de Pulaski et Anspacher, Eisele et Mac Cullough, Harris et Jett, Spink et ses collaborateurs Scowen et Garrod à l'étranger ainsi que Janbon et Bertrand et Tapie, en France publièrent les résultats cliniques qu'ils obtinrent avec cette thérapeutique. Pour les mêmes raisons que nous avons exposées à propos des sulfamides, c'est la sulfadiazine qui fut choisie. La dose de 6 grammes par jour au rythme de 1 gramme toutes les quatre heures, accompagnée de l'ingesfion de 12 à 16 grammes de bicarbonate de soude en doses fractionnées pendant la journée, pour alcaliniser les urines, fut finalement considérée comme la dose optima en ce qui concerne Îles sulfamides.

La streptomycine fut employée à la dose de 0,50 grammes toutes les 6 heures, en injections intra-musculaires. Ce traitement devait être poursuivi pendant 14 jours pour la streptomycine et pendant 21 jours pour les sulfamides.

Les effets de cette association médicamenteuse sont à envisager sur différents points.

a) Sur la symptomatologie clinique :

Efficacité quasi-constante sur la température : le plus souvent . en 7 à 10 jours, la température revient à la normale.

IT en est de même pour les sueurs et les algies mobiles.

L'état général s'améliore nettement dans le même laps de temps. j

Sur les déterminations locales, l'efficacité de la thérapeutique est moins évidente : seule l'hépatomégalie banale des Brucelloses

paraît régulièrement influencée. Il est à noter que dans l'hépatite caractérisée, la tolérance du traitement est bonne. Mais le traitement semble sans effets sur les adénites et les orchites, dans les arthrites aiguës ou subaiguËs ainsi que dans les ostéo-arthrites chroniques et dans les méningites chroniques. |

b) Sur la symptomatologie biologique :

La V. S. H. revient à la normale assez rapidement.

Sur l’hémoculture, l'action est moins nette que sur les manifestation cliniques. L'hémoculture est définitivement négativée au plus dans 60 % des cas.

En résumé, si ce traitement semble doué d'une efficacité réelle et constante, cette efficacité est partielle et limitée.

C'est ainsi que par exemple, sur 23 cas traités, Janbon et Bertrand n'obtiennent la guérison clinique définitive que dans 10 cas.

De plus, malgré le remplacement de la streptomycine par la di-hydrostreptomycine moins toxique, les accidents dus à ce traitement synergique sont encore notables. En définitive, si cette méthode thérapeutique marquait un progrès net en ce sens qu'on pouvait attendre d'elle une résolution clinique constante et parfois une disparition de la symptomatologie biologique, elle n'en demeurait pas moins imparfaite et même, en ce qui concerne les résultats définitifs, inférieure à la vaccinothérapie : Janbon et Bertrand ainsi que Casteneda estiment à 40 (% les guérisons obtenues par l'association streptomycine-sulfadiazine.

On ne peut, en effet, parler de guérison totale avec une thé: rapeutique qui expérimentalement ne donne pas de tels résultats. Le seul résultat semble être, comme l'ont dit Janbon et Bertrand, le blanchiment : « Il y a seulement blanchiment et non pas stérilisation ».

La notion de ce gite microbien mis en évidence par ces auteurs explique bien les nombreuses rechutes.

En effet, si par l’action de la streptomycine et de la sulfadiazine, on obtient bien une disparition du syndrome sudoro-algique, une négativation de l'hémoculture, une diminution de l'hépatosplénomégalie, comment peut-on espérer que ces deux substances aient une efficacité quelconque contre les Brucella logés dans ces gîtes inaccessibles que sont les ganglions et la moelle osseuse ainsi que les articulations alors que la streptomycine et les sulfamides n'y pénètrent pas.

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