‹ Le Traitement de la luxation congénitale de la hanche avant la marcheChapitre 10 sur 19 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des divers procédés employés

De nombreux procédés ont 6t6 proposés et essavés, ayant fait chacun plus ou moins d’adeptes, leur vogue ayant été très variable. Nous les envisagerons d’abord, nous arrêtant plus longtemps à la méthode actuellement la plus connue, la méthode de Putti.

Dès 1911, Frælich emplovait la technique suivante: radiographie, puis réduction et plâtre, en laissant à dé-

b- couvert fesses et organes urinaires. Nouvelle radiographie de contrôle; après 4 mois, ablation du plâtre qui est

resté dans la même position, c’est-à-dire les cuisses en F abduction à 90°. Chez les nôurrissons, soupconnés cliniquement de luxation congénitale de la hanche, il suffit, 2 pendant quelques mois, de maintenir les jambes écartées

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sans appareil orthopédique et sans plâtre, pour que la luxation ne se complète pas.

Galeazzi attend l’âge de 6 mois. Après radiographie, si le diastasis coxofémoral est accentué ou la tête très haute, il pratique en un temps la mise en abduction selon la méthode de Lorentz. Il n’emploie la méthode de Putti, de réduction lente, que dans les cas légers. Il préfère alors aux appareils amovibles dont le défaut est de ne pas fixer le bassin, les appareils plâtrés qui tiennent bien et donnent une guérison infiniment plus rapide.

Bauer, voulant restituer l’action de deux facteurs qui auraient dû exister avant la naissance et qui ont manqué, la position normale in-utéro en abduction-flexion et la liberté de fonction articulaire, réalise un dispositif général constitué par un bandage réunissant l’extrémité supérieure des deux jambes à la partie postérieure d’une ceinture. Ainsi muni d’un ruban d’abduction, l’enfant reste dans le décubitus ventral, pouvant mobiliser ses hanches et se déplacer en rampant, ce qui est une excellente préparation à la station debout. L'usage de ce dispositif se fait d’emblée, pouvant alors se combiner au procédé de traitement précoce de Putti, soit après réduction vers l’âge de un an.

Chryssafis msiste sur l’importance de la rotation externe du pied qu'il a pu corriger avec une bande enroulée tout autour de la Jambe et fixée à la ceinture.

Pour Krukenberg, la luxation congénitale commence toujours par être une subluxation et ne se complète que lors de la marche. On empêchera cette transformation en mettant de facon permanente le membre en abduction, ce que réalise l’auteur en faisant porter un soulier surélevé du côté sain. Cette méthode dite « de guérison spontanée » ne serait indiquée que chez les enfants de moins de un an, porteurs d'une luxation incomplète.

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Gourdon à traité, jusqu’à 10 mois, les nourrissons par l’abduction complète des cuisses pendant 10 minutes, trois fois par jour. Après 10 mois, l’abduction était maintenue 15 à 20 minutes par une planche posée à la région postérieure des cuisses et fixée au moyen de bandes, cette planche étant maintenue pendant la nuit.

Huc et Pouliquen appliquent aux hanches luxables se réduisant spontanément quand on les met en position de Lorentz, le maintien, 4 à 6 heures par jour, sur un cheval de bois maintenant les cuisses en abduetion; un étrier fixant en outre les membres en rotation externe et un coussin permettant de conserver cette position pendant la nuit. Dans les autres cas, ils préfèrent employer l’immobilisation plâtrée.

Lance, aux journées orthopédiques de Paris de 1933, présente des appareils en cuir, qui ont la propriété d’être nettoyables chez les tout petits qui se salissent constamment et qui, permettant la mobilisation pendant le traitement, évitent ainsi les raideurs articulaires.

Lamy emploie des appareils plâtrés en tromblon aplati, permettant à l’enfant de faire remuer son articulation.

Rœderer a renoncé à traiter sans appareil plâtré la luxation congénitale de la hanche; en 1930, il présente un appareil à articulation à rotule, avec ceinture de celluloïd, qu'il a construit depuis plusieurs années.

Papin relate en 1935 (Journal de Médecine de Bordeaux) qu'il a traité un enfant, depuis l’âge de 11 mois,

avec un appareil mettant les deux membres inférieurs en

abduction aussi marquée que possible: cet appareil est formé d’une simple demi-valve prenant aussi le bassin. Tout l'appareil est verni au celluloïd intérieurement et extérieurement. On couche l’enfant sur des linges dans l’appareil, et les linges peuvent être changés aussi souvent qu’on le veut. L'enfant peut être sorti de l’appareil pour

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les bains. Ce dernier maintient une abduction plus prolongée que celle obtenue par le coussin triangulaire.

Guérin, de Bordeaux, à traité, en 1936, une enfant au moyen d’un appareil en bois articulé au niveau des hanches. Les membres sont fixés en position de flexion abduction de 70°. L'enfant est renvoyée chez elle, installée sur un chevalet dont le dossier est à inclinaison variable. A demi-assise le jour, elle est presque étendue la nuit et urine en déclivité. Au bout de deux jours, les membres sont mis en abduction horizontale sans aueun effort; enfin, deux jours après, l’abduction-flexion est encore augmentée et l’on constate à ce moment que les têtes fémorales sont en place, quoiqu’aucun ressaut n’ait été perçu. Une radioeraphie confirme la réduction. Les parents sont autorisés à la sortir deux fois par semaine de son appareil pour sa toilette, en prenant seulement quelques précautions pour éviter une reluxation.

Les travaux de Putti sont, à l’heure actuelle, les plus connus, et de nombreux auteurs appellent « méthode de Putti » le traitement précoce de la luxation congénitale de la hanche. Bien que l’on ait prétendu que chez les nourrissons l’état de l’articulation ne se prêtait pas à la réduction, Putti montre qu’à cet âge, on peut obtenir la guérison complète et définitive, sans même faire de réduction. On peut, saus réduction et sans plâtre, soigner complètement des hanches luxées, si l’on intervient assez tôt, avant huit mois. Il suffit, à cet Age, de donner aux deux membres inférieurs, une position qui permette à la tête fémorale d’exercer une pression sur le cotyle pendant plusieurs mois. Les faits prouvent que la tête luxée se remet définitivement en place.

La technique la plus simple de Putti est la suivante: l’enfant est placé, les jambes écartées, sur un coussin qui a la forme d’un triangle isocèle, dont l’angle au sommet est de 90°. Les deux cuisses font ainsi 45° avec la verti-

cale et on les fixe en abduetion et rotation interne avec de petits lacs, Ce coussin qu’on garnit de toile imperméable peut être enlevé deux ou trois fois par jour pour les soins de propreté, et c’est la mère elle-même qui, ensuite, replace les deux membres en abduction et rotation interne. Rapidement, les enfants s’habituent à cet appareil. Tous , les deux mois, on contrôle aux rayons X le degré de ré-

4 duetion obtenu et l’enfant est mis sur de nouveaux cous- 4 sins avec diminution de l’abduction. L'ensemble du traite- 4 ment dure 8 à 12 mois. [Il a également employé un appareil que l’on ne peut mieux comparer qu’à un parapluie n’ayant que deux baleines doublées de petits matelas im-

perméables, sur lesquels on fixe par des lacs les deux

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membres inférieurs de l’enfant. A mesure qu’on ouvre le

parapluie, on fait de l’abduetion progressive des membres inférieurs, puisque l’enfant est fixé à cheval sur le parapluie. On règle chaque jour cette abduction que l’on augmente le plus possible. Putti lui-même, a publié un nombre important de cas pareillement traités et dont l’évolution a été constamment dirigée vers la guérison. Faldini, Raphaël Massart, Piccagli, ont également rapporté des résultats très probants en faveur de cette méthode.

Le traitement précoce des luxations congénitales de la hanche avant la marche doit tenir compte, car il s’y heurte constamment, des conditions exigées par le Jeune âge.

Les appareils plâtrés doivent être changés très souvent, püisque le malade se souille constamment, et ils sont détruits beaucoup trop rapidement.

La peau des nourrissons est également fragile; si l’on veut une tolérance plus grande, et un état de propreté relatif de l’appareil, ik faut attendre l’âge de 2 ans et demi. Mais le but principal n’est plus atteimt.

Les appareils amovibles sont plus faciles à nettoyer, sont moins traumatisants, mais la contention est moins

précise.

CHAPEDR EP

Des appareils utilisés dans le Service du Professeur Etienne pour faire le traitement précoce

des luxations congénitales de la hanche

Frœlich a montré que les membres inférieurs étant parallèles, si l’on avait sur le cliché radiographique l’image d'une subluxation, il suffisait de faire une abduetion de 90° environ, pour voir très simplement la tête fémorale s’abaisser dans le cotyle et v occuper une place normale.

Cette constatation est done à mettre à profit dans le traitement: si l’on ajoute la fréquence d’une forte antetorsion (pouvant atteindre 60° à 90°) qu'il faut arriver à corriger, on comprendra l’utihité de réaliser aussi la rotation interne.

Si l’on examine à l'écran l’enfant atteint de luxation ou subluxation congénitale, et que l’on manœuvre le membre inférieur nralade, on constate en général, qu’en placant ‘à cuisse en abduction et rotation interne (position de

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Whitmann) la tête reprend sa place normale dans la cavité cotyloïde.

Donc, un appareil de traitement avant la marche doit réaliser l’abduction avec rotation interne, qui réduit et maintient dans des rapports normaux.

II doit être facile à construire, permettre facilement les mesures de propreté, et être toléré très longtemps sans gêne. Cet appareil revêt la forme d’un trapèze rectangle dont les deux branches ont pour but de maintenir l’écartement nécessaire à la correction de la luxation.

— Quels sont les éléments constituants de cet appareil? 1. D'une part des gouttières plâtrées ; 2. D'autre part, un trapèze en feuillard.

1° Les gouttières plâtrées doivent être modelées sur la face interne et la face plantaire du pied, la face interne de la jambe et du genou, et de l’extrêmité inférieure de la cuisse.

2° Les côtés obliques du trapèze en feuillard seront solidarisés avec les vouttières plâtrées, en un point choisi sur celles-ci.

Les côtés qui restent libres seront seulement renforcés avee des bandelettes plâtrées.

— La technique de construction.

Les luxations unies ou bilatérales sont traitées identiquement. Sur chaque membre inférieur l’on commencere par modeler soigneusement les gouttières plâtrées.

Quand elles sont bien sèches, on détermine sous l’écran la position optima à donner aux membres inférieurs. On apprécie ainsi de facon très exacte le degré d’abduction et rotation interne dans lequel seront fixés les deux membres inférieurs.

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Tout en maintenant soigneusement cette position, on mesure l’écart qui sépare les genoux et celui qui sépare : les régions du coup de pied: ces mesures permettent de 4 donner les dimensions exactes au trapèze.

Ce n’est pas au hasard que l’on doit réunir feuillard et souttières plâtrées : il faut, en général, que le feuillard soit plaqué contre la portion de gouttière qui correspond à la face antéro-interne, ou même au bord antérieur du tibia.

La flexibilité du feuillard permet de modifier facilement, selon les besoins, la longueur des branches parallèles du trapèze avant qu’elles ne soient renforcées par les bandelettes plâtrées. On solidarise le feuillard et les gouttières. 4 On laisse sécher l’appareil ainsi construit.

— Comment l'utiliser?

Chaque membre inférieur est désinfecté soigneusement à l’alcool et recouvert d’un jersey. L'on applique une des gouttières que l’on fixe avec une bande de crêpe Velpeau, et l’on place le membre inférieur dans la rotation interne voulue et l’abduction convenable. :

Le deuxième membre est amené dans la position de cor:- + rection nécessaire; il doit prendre place automatiquement EX dans la deuxième gouttière, où une bande de crêpe Vel- 4 peau le fixe de même. L'enfant est alors dans la position À

du skieur, « en chasse-neige ».

L’on peut contrôler radiologiquement la correction obtenue ; il suffira, tous les mois environ, d’enlever l’appareil, en maintenant les membres inférieurs dans la position voulue, de nettoyer la peau, de changer le jersey, et l’appareil sera remis en place, En général, la durée d'application a 6t6 de 6 mois, ce laps de temps a suffi à la reconstitu- 4 tion, dans la position de réduction de la tête fémorale, mais la durée peut varier.

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