CHAPITRE III
La conduite à tenir en présence
d'une préluxation
1° Le diagnostic
La luxation est-elle facilement diagnosticable avant la marche, ou ne l’est-elle qu’exceptionnellement ?
Moyennant un minimum d'attention, le praticien ou même la mère de famille peuvent soupconner une luxation congénitale, soit que le membre présente de la limitation de l’abduction, ou un raccourcissement, soit qu'il existe une asymétrie des plis cutanés. La palpation ne fournit souvent de résultats intéressants que lorsque la malformation est telle qu’elle est appréciable à la simple inspection. L’on peut cependant, par l'intermédiaire du fémur, explorer l’articulation. Seule la possibilité de faire les mouvements de piston du fémur quand l’enfant est couché, est un bon signe de préluxation. IT faut savoir que le diagnostic peut être précisé, et l’a souvent été, par la radiographie; il faut radiographier avant toute tentative thérapeutique, tout nourrisson éliniquement étiqueté
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ou seulement soupconné; dans les familles à luxation, tout nourrisson devrait être radiographié. Putti a précisé les aractères normaux d’une hanche de nourrisson. Une ligne horizontale passant par l’espace clair du cartilage cotyloïdien doit être au-dessus de l’extrémité fémorale. Si le fémur atteint cette horizontale bicotyloïdienne, il y a malformation. Une ligne verticale tangente au bord interne de cette même extrémité doit passer par le centre de la cavité cotyloïde; si elle passe en dehors, il y a malformation. La verticale passant par la partie externe de la cavité cotyloïde doit normalement passer en dehors du bourgeon épiphysaire.
Gottlieb indique comme autre signe radiographique, l’existence d’une solution de continuité ischio-pubienne plus grande du côté luxé.
2° Les indications du traitement
Devant cette malformation, certains ont préféré ne pas agir trop précocement: Estor, dans son Guide pratique de Chirurgie Infantile, conseille ne pas intervenir jusqu’à l’âge de 2 ans. Les meilleurs résultats sont, à son avis, obtenus de 3 à 6 ans.
Joachimstal, bien qu’admettant une amélioration d’autant plus rapide que les enfants sont pris plus jeunes, ne commence le traitement qu'à la fin de la deuxième année,
Galeazzi, estime qu'il ne faut pas entreprendre de traitement trop précoce en raison de l’incertitude du noyau céphalique. Il attend l’âge de 6 mois.
L'étude attentive des malades, de l’évolution des luxations congénitales et des résultats thérapeut'ques, a amené progressivement les orthopédistes à modifier leur facon première de voir, et à envisager comme éminemment souhaitable le traitement avant la marche. Les résultats