OBSERVATION IV
Mme P.., 74 ans.
Il s'agit d’une malade hospitalisée pour des douleurs rhuma-
loïdes au niveau de la colonne lombaire et des membres inférieurs, ayant débuté il y à six mois.
L'examen clinique montre un état d’asthénie et de maigreur importantes chez une personne nerveuse, dont les mouvements sont vifs et qui se plaint d'insomnie, Elle présente un léger tremblement des doigts. Il n'existe pas d'exophtalmie, mais on note une diminution de la fréquence du clignotement palpébral. Dans la région thyroïdienne, on trouve une petite tuméfaction indolente et molle, Le pouls bat avec une fréquence de 120 pulsations à la minute, Les bruits du cœur sont rapides et réguliers. Les radiographies du squelette révèlent l'existence d'une décalcification très marquée de tous les os, principalement de la colonne vertébrale et des os longs. Les vertèbres sont transparentes, aplaties et déformées en diabolo : elles affectent l'aspect typique de vertèbres de poisson.
Les différents examens de laboratoire permettent de poser le diagnostic d'ostéose thyroïdienne, En effet, le métabolisme de base est de + 51 %.
1% octobre 1947 : On commence le traitement par le tétra-méthyl!thio-urée, à la dose de quatre comprimés, soit 0 g. 20 par jour. On lui associe le calcium et la vitamine D.
Du 12 au 2% octobre, il est interrompu en raison d’un épisode grippal (leucocytose à 13.000).
22 octobre : Le M. B. est à + 15 %.
La malade se sent très améliorée : on reprend le traitement à la dose de 0 g. 10 par jour, auquel on associe un milligramme de thyroxine per os.
31 octobre : M. B. à + 40 %,
On supprime la thyroxine et on passe à la dose de 0 g. 20 de létra-méthyl-hio-urée.
21 novembre : M. B. à +9 Se
On arrête l’administration de l'antithyroïdien.
La malade se trouve aussi cliniquement très améliorée : elle à repris du poids et des forces. Ses douleurs osseuses et articulaires ont entièrement disparu. Elle se lève et marche avec
facilité. Le pouls voit sa fréquence stabilisée à 86-90 pulsations à
la minute, Le tremblement digital s'est complètement effacé. La leucocytose reste normale.
* 8 décembre : M. B. à + 10 %.
L'amélioration se maintient, Le syndrome radiologique persiste inchangé.
Bien que cette fois le traitement ait été conduit de facon discontinue, on est parvenu à un résultat très satisfaisant, puisque en deux mois le métabolisme est revenu à son taux normal et que les signes d’'hyperthyroïdie présentés par cette malade ont été très notablement améliorés : la complication ostéoporotique s’est avérée radiologiquement irréversible, bien que la gêne fonctionnelle qu'elle occasionnait ait entièrement disparu. L'administration concomitante de thyroxine, faite ici de façon arbitraire, n'a eu pour résultat que de neutraliser l’antithyroïdien, sans donner aucun avantage pratique, provoquant au contraire une récidive dont une posolocie suffisante vint vite à bout.