‹ Le Traitement de la Maladie de Basedow par la Tétra-Méthyl-Thio-uréeChapitre 14 sur 22 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Mme D..., 51 ans.

L'installation de l'hyperthyroïdie remonte, chez cette malade, à 1938, avec amaigrissement rapide de 12 kilos, asthénie, dépression psychique, instabilité, apparition d'une luméfaction thyroïidienne et d'une exophtalmie.

Un traitement à base d'iode, qu'elle suivit avec persévérance, amena une certaine amélioration, surtout subjective.

En 1947, sous l'influence d’une recrudescence des troubles avec métabolisme de base à + 97 %, elle est amenée à se faire traiter par l'’amino-thiazol. Mais cette thérapeutique doit être interrompue rapidement en raison d'une réaction fébrile, avec intolérance digestive.

Rentrée chez elle, la malade se remet à l’iode. Elle se trouve très fatiguée : elle se plaint d'accès de palpitations nocturnes,

de secousses oculaires nystagmiformes,.

DT pe

A l'examen, on est en présence d’une femme très amaigrie, anxieuse, Il existe une exophtalmie très nette, un tremblement léger des doigts, un petit goitre élastique. Le pouls à une fréquence de 100 : les bruits du cœur sont rapides et éclatants; l'aorte abdominale bat violemment,

22 décembre 1947 : Le M. B. est à + 91 %.

La tétra-méthyl-thio-urée est administrée à la dose de 0 g. 20 par jour.

29 décembre : M. B. à +82 %.,

5 janvier 1948 : M. B. à + 70 %.

On porte la dose quotidienne à 0 g. 25.

12 janvier : M. B. à + 48 %.

La malde à engraisé de 1 kilo. Son pouls est à 96. Elle se sent beaucoup mieux; ses nuits sont calmes: ses palpitations ont disparu. Le tremblement digital n'est pas perceptible. L’exophtalmie persiste identique; mesuré par la suite tous les huit jours, le M. B. tombe successivement à : + 36 %, + 26 %, + 17 %, +8 %.

À partir de ce stade, la dose quotidienne de tétra-méthyl-thiourée est ramenée à 0 g. 40.

Un mois plus tard, le M. B. est à +5 %, et l’amélioration clinique s'est entièrement maintenue.

Cette observation est intéressante en raison de la régularité avec laquelle la chute métabolique s’est effectuée. Elle fut de 1 9%, par jour les deux premières semaines : cette résislance relative au traitement s'explique, semble-t-il, par la saturation iodée à laquelle l'organisme de cette femme a été maintenu depuis des années. La dose d’antithyroïdien ayant été augmentée de 50 milligrammes, la baisse du métabolisme de base s'accélère et passe à 2 %, puis, l’amélioration se poursuivant, se fixe chaque semaine à 1,5 %, puis 1,3 % par jour. En tout, le métabolisme basal est revenu de + 91 9 à la normale en cinquante jours. L'amélioration clinique, surtout subjective, s'est montrée parallèle à la réduction métabolique : l’exophtalmie et le goitre restèrent inchangés, ce

ST

qui n'est pas pour étonner, vu l'ancienneté du syndrome basedowien et les rapports éloignés de ces signes avec le syndrome d’hyperthyroïdie. |

Chez cette malade, nous avons pu instaurer un traitement d'entretien à l’aide d'une prise quotidienne de 0 g. 10 de tétra-méthyl-thio-urée : au bout d’un mois, cette dose avail suffi pour maintenir la guérison, et même permis d'oblenir une réduction plus accentuée du métabolisme basal.

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