DONNÉES EXPÉRIMENTALES
Ces recherches cliniques et les données de l’expérimentation présentent entre elles une différence paradoxale ; les premières ont une origine assez lointaine ; les secondes sont uniquement récentes ou presque. Il est impossible de calquer l’évolution des unes sur l’évolution des autres.
A l’époque où l’on donnait aux malades les premiers chlorures, un seul expérimentateur s’efforça de préciser leurs caractères physiologiques. Ce fut OrriraA, et il faut tout de suite ajouter que le succès n’encouragea pas sa tentative. Orfila vit que le chlorure d’or, même à une dose minime, déclenchait, aussitôt qu'on l’introduisait dans la veine jugulaire d’un chien, des accidents qui débutaient par une violente quinte de toux, puis aboutissaient, après des vomissements incoercibles, à l’asphyxie et à la mort. Les autres cliniciens ne se soucièrent nullement de fonder Pefficacité de leurs sels sur des expériences animales. Aujourd’hui que le contrôle est le mouvement presque réflexe du chercheur, nous nous étonnerions de cette indifférence,
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si nous oublions que l’empirisme était, par définition, le contraire d’une méthode. Hasard qu'on découvrait sans l'avoir sollicité, il restait un hasard : on profitait de lui ; on ne l’expliquait pas. Comment s'étonner que les seuls résultats qui ne fussent pas négatifs, eussent été purement désastreux !
Même plus tard, lorsque la notion du bacille et la communication de Kocx auraient dû tourner les chimistes du côté de l’expérience, lorsque l'étude minutieuse d’un autre agent thérapeutique, la tuberculine, aurait dû le conseiller par analogie, le contrôle préa- Jable fut trop souvent négligé. Nous avons cité BRETON, Tzurucxi. L’aurocantan ne fut étudié, semble-t-il, que par LyprA M. DE Wirr. De leur côté, KoLLE et SIBLOSSBERGER, GÔRKE et Toppicx, FELDT, Korsumi essayèrent bien le krysolgan, mais leurs recherches restèrent isolées. L’indigence éclate pour le triphal, le solganal, l’aurophos..., dès lors, comment découvrir les doses thérapeutiques ? Ainsi, trop souvent les formules nouvelles passaient directement de l’Institut de chimie à l'hôpital. Pour qu'elles fassent un détour constant, instructif, par un laboratoire de médecine expérimentale, il fallut attendre l’utilisation, par MôrLcaar», du sel de Fordos et Gélis.
Les considérations chimiques que nous avons exposées aboutissaient logiquement à trois questions :
1° La Sanocrysine et les sels découverts depuis son appariion avaient-ils une action favorable sur la tuberculose des animaux ?
2° Ces sels avaient-ils une action favorable sur la tuberculose humaine ? RSS