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pon, que le malade pressera sur la petite plaie, pour éviter un hématome.
Le malade devra-t-il être à jeun ? Cette condition est indispensable pour les injections d’arsénobenzol. Elle est beaucoup moins nécessaire en matière de sels d’or. Au début d'un traitement — lorsqu'on ne connaît pas encore la susceptibilité particulière du malade — ou d'une façon constante lorsqu'il s'agira d’un sujet particulièrement fragile, il sera prudent de l'appliquer. Mais, pour le reste, notre expérience nous permet d'avancer qu'il n’y a aucun inconvénient à la faire à n'importe quelle heure de la journée. Il sera cependant préférable d’'attendre deux heures après les repas.
On fera connaître aux malades les incidents légers de l'injection intraveineuse. « Un petit malaise se produit fréquemment :1 fois sur4environ. Il nous a paru très spécial, et tout à fait différent des phénomènes de syncope ou de choc que l’on a signalés souvent au cours des injections intraveineuses de substances diverses. Il est caractérisé par une sensation nauséeuse n’allant que rarement jusqu’à la nausée vraie, et, plus rarement encore, aux vomissements. Cette sensation nauséeuse se produit même lorsque le malade est à jeun; elle semble diminuée ou même supprimée par la lenteur de l'injection et aussi par le taux de la dilution employée : une injection rapide avec une dilution faible la produit presque à coup sûr. Elle ne s'accompagne nullement de sueurs froides ou de pâleur. Au contraire, la face est rouge, parfois vultueuse, le malade a une sensation de chaleur au visage, son pouls est parfaitement régulier et bien frappé pendant toute la durée de l'injection et après elle. En quel-
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ques secondes tout rentre dans l’ordre, et le malade rit de son malaise qui ne lui a laissé aucune impression pénible. » Nous n'avons rien à ajouter à ces observations que les médecins d'Hauteville formulaient dans leur premier mémoire.
Un autre incident très banal est l'apparition d'un « goût métallique » dans la bouche immédiatement après l'injection. Ce phénomène dure environ dix à quinze minutes. Une malade s’est plainte à nous de l’éprouver pendant deux jours. Ce fut la seule. D'autres ont eu une sensation d’amertune mal définie, comme si, disaient-ils, « ils avaient pris un médicament très mauvais ».
Quelques sujets présentent aussi, dans les heures qui suivent, une certaine propension à l’assoupissement. On le voit : aucun de ces malaises ne mérite le nom d’aceident. Les complications (choc, syncopes) sont très rares, et elles paraissent indépendantes de la technique. Nous insisterons sur elles, quand nous étudierons les accidents du traitement. Ici, nous ne notons que les incidents qui pourraient surprendre à tort les malades, et qui sont presque inséparables des injections.
Enfin, il peut arriver qu'une partie de la solution soit injectée accidentellement dans le tissu périvasculaire. Il en résulte une sensation douloureuse qui s'exprime par des lancements assez vifs, étendus le long du membre supérieur — et un œdème assez dur sous une peau tendue. Mais le tout disparaît en général après 48 heures, et à moins d’une faute d’asepsie, on n’observe jamais ni phlegmon. ni sphacèle. Quelquefois cependant, lorsque la quantité du médicament injectée dans le tissu cellulaire aura été importante, les douleurs seront très vives et