‹ Le traitement de la tuberculose pulmonaire: par les sels d'orChapitre 20 sur 91 · DOS · texte numérisé non relu

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l'impotence fonctionnelle pourra durer une semaine. Des pansements humides atténueront ces symptômes.

b) La voie intramusculaire. — Les sels précédents peuvent être injectés par la voie intramusculaire — quand il n'existe aucune veine suffisamment accessible (enfants — ou disposition anatomique anormale). PHizrP et MURRAY Lyon ont même employé habituellement cette voie pour atténuer les réactions.FoURNIER et MoLLARET l’ont également utilisée dans le traitement de la syphilis par la sanocrysine. Signalons encore VILLARET, J'USTIN-BESAN- GoN et IMBERT qui, pour diminuer les risques d’accidents, ont conseillé de pratiquer, avant les injections intraveineuses, une série systématique de cinq injections intramusculaires. Toutefois le contact de la sanocrysine et du muscle ne laisse pas que d’être très fréquemment douloureux. Il provoque, en outre, un œdème local à peu près constant. Il faut donc le réserver à des cas très rares et n’employer que des solutions à 3 % qui devront être injectées à une grande profondeur.

Au contraire, la voie intramusculaire sera la voie d'élection de l’allochrysine (qui pourrait du reste être administrée également par la voie sanguine).

L’injection sera faite au niveau du quart supéro-externe de la cuisse. Le malade, debout, tournera le dos à l'opérateur, et fléchira légèrement le trone en avant pour tendre la région. Il sera peut être préférable de faire asseoir le malade à califourchon sur une chaise et d’introduire l’aiguille dans la région supéro-externe de la fesse. (On a ainsi toute certitude d'éviter les gros troncs nerveux ou vasculaires.) On emploiera une aiguille assez forte, et longue de 5 à 6 centimètres. Après la stérilisation de la

peau, celle-ci sera enfoncée d’un coup sec — et seule — perpendiculairement à la surface des téguments. Sa pénétration dans le muscle sera indiquée par une légère résistance. On vérifiera qu'il ne s'écoule pas de sang par le pavillon. À ce moment la seringue, chargée de la solution d’allochrysine, sera adaptée à l'aiguille, et l’on poussera très lentement l'injection. On n’éprouvera jamais les difficultés ni la résistance que donnent les préparation antisyphilitiques. L'injection faite, on retirera rapidement l'aiguille, en ayant soin d’essuyer légèrement sa pointe dans le muscle, pour éviter de déposer du sel dans le tissu cellulaire sous-cutané. On pratiquera une nouvelle asepsie.

Il s’agit d’un produit très soluble : l'absorption sera donc rapide et complète. Il s’agit d’une substance que sa composition chimique ne rend pas irritative : sa pénéiration ne sera donc nullement douloureuse. Grâce à ces particularités, on ne craindra pas des dépôts sous forme de nodules. À moins d’une erreur de technique, on ne redoutera pas davantage les hématomes (blessures d’un petit vaisseau), ni «la sensation de coup de pied de cheval » (blessure d’un filet nerveux).

Les sels d’or ne devront jamais être administrés par la voie sous-cutanée : ils provoqueraient une réaction inflammatoire considérable, et parfois une nécrose des tissus.

La chrysothérapie a toujours échoué contre la méningite tuberculeuse (la littérature ne contient du reste qu’une vingtaine de cas traités). On pourrait peut-être tenter une nouvelle offensive par la voie intrarachidienne. Elle serait, il est vrai, bien problématique, car il n’est

pas du tout prouvé que le médicament agisse directement sur le tissu malade. D'autre part, nous ne croyons pas que cette expérience ait jamais été pratiquée. Mais, a priori, elle ne nous semble pas dangereuse. Aussi bien, ne s'adresserait-elle pas à des condamnés à mort, ef ne serait-elle pas un suprême recours ? Nous nous proposons d'essayer cette voie en clinique humaine. Cependant nous n’oserons pas nous y aventurer avant de recourir à la méthode expérimentale (1).

En résumé, la technique immédiate est donc très facile. Mais elle ne résume pas tout le traitement. Celui-ci comporte encore des règles pour le malade, et des règles pour le médecin.

Immédiatement après l'injection, le malade devra éviter toute fatigue. Revenu dans sa chambre, il ne sera pas strictement nécessaire, mais tout de même il sera bon qu'il se repose complètement, pendant quelques heures. On lui conseillera même, surtout si les injections sont intraveineuses, de rester étendu toute la journée qui les suivra —et de ne se lever que pour les repas. Il prendra sa température l'après-midi et le soir. Il fera analyser ses urines avant de recevoir une nouvelle dose. Enfin, pendant toute la durée de l'application du traitement, il aura une hygiène buccale minutieuse. Il devra faire revoir avec soin l’état de ses dents.

De son côté, le médecin aura des devoirs. L'observation

() Nous signalerons pour mémoire une technique proposée par ULRICI et par REYN contre le lupus : la méthode de l'infiltration : le foyer sera encerclé par une infiltration avec 10 cc. d’une solution de novocaïne de 0,5 %. Après quoi, toute l'étendue au-dessous du foyer sera infiltrée avec 10 ou 15 cc. d’une solution de sanocrysine de 2-3 %. Une autre méthode consiste à injecter sous le foyer lupique une solution de sanocrysine mélée avec de la novocaïne jusqu’à 0,5 %. On peut encore utiliser simplement une solution de sel d’or à 1-2 % en solution saline.

attentive du malade sera nécessaire comme nous le verrons plus tard, pour le guider dans le maintien ou la progression des doses. Il devra surtout régler son action sur la température du sujet. Il surveillera avec attention les téguments pour dépister, avant une manifestation bruyante, les trop sournois accidents cutanées.

Enfin, il pourra, le cas échéant, formuler une médication symptomatique, qui variera naturellement suivant la fragilité viscérale du sujet (1).

(1) En corrigeant nos épreuves, nous apprenons que VILLARET et EVEN ont traité avec succès un pyopneumothorax thérapeutique en injectant par la voie intra-pleurale 40 centigrammes de sanocrysine, associée à l'huile cholestérinée irradiée (4 injections). Cf La Science Médicale Pratique, 1° décembre 1928.

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