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aux antithermiques qui luttent violemment mais aveuglément contre la fièvre et qui la terrassent brutalement, les sels d’or la combattent suivant son type, et leur victoire n’est définitive que lorsqu'ils ont abaissé, sans modifier sa nature, la forme particulière de la réaction thermique.
3° Si les antipyrétiques ordinaires abaissent brusquement la fièvre, leur triomphe est purement passager. Quelques heures après l’ingestion du cachet, le malade voit sa température remonter presque toujours au point exact d’où elle était descendue. Au contraire, la défervescence, peut-être moins brillante, parce qu’elle est moins immédiate, que réalisent les sels d’or est souvent définitive ou tout au moins prolongée. Si, chez plusieurs sujets, nous avons vu la fièvre reparaître après la fin de la série, ce ne fut jamais qu’au bout de plusieurs semaines ou de plusieurs mois. Et chez un grand nombre d’autres l'amélioration se maintint. Chez quelques-uns mêmes elle se confirma au delà de la cessation du traitement.
Quelquefois l’action des sels d’or est moins marquée et ne se manifeste par exemple que par un abaissement des moyennes thermiques. Pour le constater il suffit de comparer le tronçon de courbe antérieur au traitement, et la feuille où l’on inscrit les températures pendant les injections.
Cependant un caractère assez constant des sels est de régulariser la courbe et notamment de diminuer les écarts entre le chiffre du soir et celui du malin. On voit la ligne passer du type en faisceaux verticaux et brisés à un niveau presque horizontal (feuille VI) et nous pou-
vons conclure avec BURNAND et GILBERT que le médicament «tend assez généralement à imprimer à la courbe une allure plus physiologique, autant au point de vue des chiffres absolus que de la physionomie générale du tracé. »
Nous notons encoré que cette défervescence est souvent précédée ou passagèrement interrompue par des réactions thermiques en clochers. Nous ne croyons pas que cet accident, lorsqu'il est passager, soit défavorable. Au contraire, nous avons vu très souvent des malades devenir apyrétiques au bout d’une série, alors que les premières injections, quelquefois même toutes les injections, avaient dessiné sur les feuilles, le soir de la piqûre, une élévation de deux ou trois dixièmes, comme aussi d’un degré.
La diminution de la fièvre s'accompagne de la suppression des sueurs nocturnes. Enfin nous avons très souvent remarqué qu'une série de sels d’or faisait disparaître l'irrégularité thermique qui précède les règles. Mais nous n'avons jamais noté, chez les malades porteurs de pneumothorax, que la chrysothérapie ait effacé les réactions thermiques d’insufflation. En résumé, prolongée, progressive, régularisante : ces trois caractères résument l’action antipyrétique des sels d’or.
2° Action sur la toux et sur l'expectoration. — Bur- NAND et GILBERT écrivent encore: « Entre les symptômes cardinaux témoignant de l’activité des foyers bacillaires du poumon, l'abondance et les caractères macroscopiques de l’expectoration sont au premier plan. Tout traitement antituberculeux qui ne modifierait pas celle-ci d’une
façon importante doit être taxé d’insuffisant et d’inopérant. »
Chez nos malades, la toux et l’expectoration ont été supprimées 44 fois (11 %). Elles ont été diminuées 193 fois (48,25 %). Au total 237 sujets furent améliorés. Soit une proportion globale de 59,25 pour 100.
Sur la seconde série de tableaux, nous voyons également que la toux el l’expectoration furent diminuées 39 fois et supprimées 20 fois.
C'est là que réside la seconde action principale des sels d'or. Elle porte essentiellement sur l’expectoration, dont elle modifie à la fois la quantité et la qualité. Avant le traitement, un grand nombre de malades remplissaient chaque jour un crachoir. 30 de eeux-ei (50) n'avaient plus après la série que deux ou trois crachats toutes les 24 heures. Celui-ci rejetait une quantité quotidienne de 80 cc. Au bout de six injections, il n’avait plus que 10 ec. (obs. 265). Celui-là (obs. 386) se soignait depuis 18 mois. La cure d’air prolongée avait amélioré son état général, abaissé sa température, mais les sécrétions étaient restées aussi abondantes qu'au premier jour. Il expectorail 80 fois par 24 heures. Or, au bout de six injections (1 gr. 20 de thiocrysine) il ne crachait plus que trois fois, et cet assèchement presque complet s’est maintenu. Enfin, nous avons déjà vu que chez 44 malades les sécrétions, qui étaient moyennement abondantes (15 à 20 fois par 24 heures), se sont complètement laries.
En même temps qu’elle diminue, l’expectoration change de caractère. Dans un certain nombre de cas, de purulente elle devient muco-purulente, puis muqueuse. Si cette évolution n’est pas toujours aussi nette, on voit en
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général les crachats devenir moins épais, plus fluides; le contenu du crachoir apparaît nettement plus clair (obs. 136, 194, 227, 382, 259, 330, 198, 117, 195, etc.).
L'action des sels d’or sur l’expectoration nous a semblé moins fréquente, mais plus générale que leur pouvoir antithermique. Elle se remarque dans n'importe quelle forme, sans qu'il soit possible de lui attribuer, comme au rôle précédent, une électivité relative. En outre, le médicament réussit souvent là où toutes les autres méthodes avaient été vaines. Tel fut le cas de plusieurs malades qui continuaient à cracher malgré un pneumothorax artificiel ou une thoracoplastie (FARJON). En échange l’action antisécrétoire nous a paru s'exercer beaucoup moins rapidement que l’action antithermique. Tandis que la fièvre commençait souvent à baisser dès la première semaine, les sujets que nous avons observés attendirent, presque tous, trois ou quatre injections avant de présenter une expectoration modifiée. Une autre différence entre ces deux actions réside dans ce fait que la première est souvent moins prolongée que la seconde. Alors que la température restait normale après la série, il arriva souvent que les sécrétions, qui avaient diminué, augmentèrent à nouveau. Il est vrai également que, dans la majorité des cas, elles ne remontèrent pas jusqu’à la quantité constatée au point de départ.
Mais sur ce point non plus il ne s’agit pas d'un médicament symptomatique banal. Tandis qu’un anticatarrhal ordinaire n’a qu’une action très courte, les sels d’or continuent d'exercer leur pouvoir dans l'intervalle des injections. En outre, comme sur la fièvre, ils agissent progressivement. Nous n'avons jamais vu l'expec-
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toration brusquement se tarir. Si nous examinons la courbe que nous reproduisons ci-contre, nous voyons ce que nous avons observé déjà pour la fièvre : la quantité diminue selon des paliers de plus en plus bas, correspondant à chaque nouvelle injection. Si nous envisageons de même le nombre des crachats, nous le voyons généralement tomber suivant un ordre régulier : 30, puis 20 la semaine suivante, puis 10, puis 5, finalement 1 tous les deux ou trois jours. Et ce n’est qu'après ce stade, dans les cas heureux, que la disparition complète finit par être constatée.
Nous avons vu plusieurs fois l’expectoration augmenter passagèrement le soir ou le lendemain de l'injection. Réaction focale ? Nous reviendrons sur ce problème dans la suite. En tout cas cet accident s’observa même quand le traitement diminua les sécrétions.
Dans certains cas une expectoralion tachée de filets de sang s’est décolorée sous l’action des sels d’or. Deux malades qui présentaient des hémoptysies fréquentes furent délivrés de ce symptôme après le traitement (obs. 194 et 308). Mais il faut ajouter tout de suite que ces faits furent exceptionnels. Au contraire, le médicament agit avec beaucoup moins d'efficacité sur l’expectoration sanglante que sur l’expectoration purulente. Il n'empêche pas le retour d’hémoptysies franches, quand bien même il diminue ou tarit les sécrétions banales. Cette constatation nous pousse à croire que les sels d’or agissent surtout sur les symptômes infectieux. Et de même que nous avons affirmé leur échec devant les réactions thermiques d'insufflation, nous parlerons de deux malades améliorés par le traïtement : l’un d'eux ne crachait plus:
l'expectoration de l’autre avait diminué de moitié. Or, nous les avons vu mourir trois mois plus tard d'une hémoptysie foudroyante (obs. 88 et 231). Nous citerons également une jeune fille (obs. 267) que huit injections de thiocrysine (0 gr. 80) avaient grandement améliorée. La température était devenue normale. Le poids avait augmenté de 2 kilogs. Les crachats avaient disparu presque totalement. L'état général était nettement meilleur. Or, cinq mois plus tard, elle eut coup sur coup deux hémoptysies abondantes, et l’on découvrit des signes cavitaires. À ce moment, l'expectoration reparut (10 crachats quotidiens) pour cesser de nouveau, et cette fois totalement, dès qu'on entreprit sur elle une nouvelle SOTIE
Ce dernier point nous intéresse également, car il s’agit d’un fait assez général. Une expectoration diminuée, qui recommence, réagit beaucoup plus rapidement à la seconde série qu’à la première. En outre, nous avons souvent remarqué que l’assèchement était beaucoup plus
complet sous l'influence des nouvelles injections.
La toux diminue parallèlement à l’expectoration. Nous avons vu plusieurs fois disparaître une toux quinteuse et pénible (obs. 39, 241), plus rarement une toux émélisante. FaRJON, Marzizzy et LEFRVRE ont insisté sur la suppression de la toux nocturne. Nous avons fait plusieurs fois la même constatation. On (trouvera dans la seconde série de tableaux l’histoire d’un malade dont la toux avait augmenté à la suite d’une coqueluche intercurrente, el
qui la vit complètement et rapidement disparaître après
le traitement. Nous pouvons conclure que ce second pouvoir des sels d’or est également progressif, et qu'il est durable.
3° Action sur les bacilles. — 24 malades (96 %) avaient une expectoration stérile avant le traitement. Chez 152, la recherche fut pratiquée d’une façon trop intermittente pour que nous ayons pu tenir compte de leurs analyses. Parmi les 224 restants, les bacilles disparurent 39 fois (155 %). Ils devinrent moins nombreux 61 fois (24,50 %). En résumé, 90 malades furent améliorés. Soit une proportion globale de 40 pour 100.
Sur l’autre statistique, nous voyons que 34 malades présentaient des bacilles. Ceux-ci disparurent chez 7, et devinrent moins nombreux chez 8. 15 malades furent donc améliorés, ce qui donne sensiblement la même proportion.
Nous refusons d'accorder aux sels d'or un pouvoir bactéricide aussi marqué que leur action antithermique et leur action antisécrétoire. Il suffit de passer quelques mois dans un sanatorium pour observer que l’apparition des bacilles, leur disparition, leur retour, ne sont le plus souvent soumis à d’autres règles que le caprice. L'élimination intermittente est un fait bien connu. Cependant, lorsqu’après plusieurs mois de cure sanatoriale, un malade garde dans ses crachats une quantité fixe de bacilles et a fortiori lorsque, malgré le repos, leur nombre ne cesse de s’accroître, nous avons dans cette constance, dans cette résistance aux efforts précédents, un critérium sûr pour juger du pouvoir des sels d’or.
Or il ne faut pas se dissimuler que 39 malades, qui entraient précisément dans ce cadre, virent en quelques
semaines, c'est-à-dire avec une rapidité qui contrasta avec la longue persistance des analyses positives antérieures, leur expectoration devenir absolument stérile. L'un d'eux, qui présentait depuis 18 mois plus de cent bacilles par champ (obs. 256), n’en avait plus que 6 après 0,60 de sanocrysine. Ce chiffre se maintint jusqu’à la série suivante qui abaïssa leur nombre à 1. Quatre mois plus tard, après une troisième série, on n’en découvrait plus un seul. Ce blanchiment bactériologique a persisté depuis un an. Un autre malade, après six mois de cure, se sentait très amélioré, mais l’état physique restait stationnaire et bien que son expectoration fut minime, elle contenait 60 bacilles par champ. Il reçut 0,95 cg. de thiocrysine et l'analyse devint négative. Elle l’est encore au bout de 18 mois (obs. 346). Une jeune femme se soignait depuis six ans. Elle avati été récompensée de nombreux séjours dans un grand nombre de sanatoriums par des améliorations intermittentes qui portaient uniquement sur l'état général. Le poids augmentait puis baissait à nouveau. Localement il existait des lésions bilatérales qui restaient exactement les mêmes depuis le premier examen. Au point de vue fonctionnel, la malade ne cessait de tousser, son expectoration devenait de plus en plus abondante, et surtout les analyses bactériologiques, pratiquées régulièrement depuis six ans, étaient toutes demeurées positives. On commença les sels d’or en décembre 1927. Après la première série, les bacilles diminuèrent de 10 à 3 par champ (0 gr. 80). Un nouveau traitement pratiqué en mars les supprima complètement, et ils n'ont pas reparu depuis six mois. Devant ce résultat la malade n’hésitait pas à voir dans les sels d’or « le seul
médicament efficace depuis six ans » (abs. 241). Un sujet, dont un pneumothorax n'avait pas supprimé les bacilles, fit en 1926 une poussée évolutive du poumon 0pposé. Il reçut, en deux séries, 3 grammes de sanocrysine (obs. 311). L'analyse devint négative et une inoculation, pratiquée récemment, fut également stérile (juin 1928). Tel autre, atteint d’une tuberculose fibro-caséeuse bilatérale évolutive (tableau IT, obs. 28) vit non seulement la fièvre disparaître, son poids augmenter de 5 k. 700, l’auscullation s'améliorer, mais sous l'influence du sel d'or (allochrvsine) les bacilles disparurent, et ils ne sont pas revenus, bien que le malade travaille, Nous citerons encore un malade bacillaire depuis les premiers signes de tuberculose, découverts il y a aujourd'hui 3 ans. Son état général avait présenté de nombreuses fluctuations. Tantôt fortement, tantôt faiblement, les analyses avaient été constament positives. A l’occasion d’une poussée fébrile, il reçut en juin 1927 0 gr. 75 de sanocrysine. Deux mois après, ce malade qui n'avait jamais pu se débarrasser de ses bacilles les vit disparaître définitivement. Un an plus tard, quand nous avons pris son observation, l'analyse était également négative malgré plusieurs poussées thermiques et un léger fléchissement de l’état général pendant le dernier hiver (obs. 389). Nous avons rapporté ces histoires avec quelques détails, parce qu'il n'est pas douteux que l’action des sels d’or fut ici manifeste. Nous ajouterons que dans ces cas l’expectoration, que le traitement avait supprimée, revini très souvent dans la suite, On ne peut donc accuser les bacilles d’avoir disparu du simple fait que les sécrétions s'étaient ellesmêmes taries.
Nous devons remarquer toutefois que la coïncidence éclatat dans d'autres observations. Passagère ou durable, les bacilles disparurent presque toujours au moment d’une amélioration générale et locale importante. Dans certains cas (obs. 330, 328, 370, 272, etc.), ils ne furent même supprimés qu'après la fin de la série, lorsque, à la suite du « coup de fouet » donné par les sels d’or, l'organisme continua d’accentuer sa résistance.
Chez d’autres malades la disparition ne fut qu'éphémère (obs. 307). Mais dans tous les cas, totale ou non, la diminution fut graduée. Là non plus nous n'avons jamais constaté les impulsions brusques des médicaments purement symptomatiques. Et quand les bacilles reparurent, ce fut également d'une manière progressive, et en tout cas ce ne fut jamais lors des premières recherches qu'on les aperçut à nouveau. En résumé si l’action antimicrobienne est assez rare, très inconstante et souvent passagère, et malgré les réserves qu'il faut faire sur les intermittences naturelles, il ne nous paraît pas que l'influence des sels d’or sur les bacilles puisse être contestée.
4° Action sur le poids. — Le poids de 84 malades ne put être mesuré (grands malades ne quittant pas leur lit). Sur 316, il augmenta 133 fois, fut stationnaire 111 fois (85 %) et diminua 72 fois (22,5 %). Au total, une amélioration de 42,88 pour 100.
Sur notre seconde série de tableaux nous voyons que le poids augmenta 50 fois, diminua 7 fois, et demeura stationnaire 6 fois.
Si nous analysons ces augmentations de poids (133+-