ACCIDENTS OÙ COMPLICATIONS
Les réactions que provoquent les sels d’or furent découvertes avant leur action. En 1906, GILBERT et DEVAL avaient entrepris l'étude expérimentale du thiosulfate double d’or et de sodium. Mais ils avaient immédiatement constaté que ce produit lésait profondément les reins des animaux. Leurs recherches demeurèrent inédites. Elles ne tardèrent pas à tomber dans l’oubli (1).
Mais le danger subsistait. Dix-huit ans plus tard, quand le thiosulfate vint à renaître dans un laboratoire de Copenhague, il déclencha les mêmes lesions rénales, et les animaux, sur qui l’on tenta l'expérience, souffrirent ou moururent des graves accidents que nous avons rapportés dans un utre chapitre. « Dans la publication parue immédiatement après la «Chimiothérapie» qui sur « ce point ne mentionnait que des expériences animales, « on signalait déjà combien les doses thérapeutiques et
(1) Nous présentons ici le bilan de nos prédécesseurs. Nous l’exposons dans son intégrité. Il est certain que ce résumé condense en un temps court des accidents qui se répartissent beaucoup moins massivement dans l’espace. Chaque complication doit être envisagée isolément. Nous voudrions que le lecteur ait toujours présent à l'esprit que ces données reposent sur de grosses doses.
« les doses toxiques étaient voisines l’une de l’autre. Et « ce qui le prouvait, c'est que déjà en employant des « doses d’un gramme pour un poids de cinquante kilo- « grammes — ce qui était, à cette époque, la dose la « plus fréquemment employée — on pouvait descendre « facilement dans la zone toxique, par exemple en ce « qui concerne les reins ». WüRrTZEN qui écrivait ces lignes parlait ailleurs de « la conséquence parfois la- « mentable des bombardements par la sanocrysine ». Knup FABER faisait le même aveu loyal : « Dans un « grand nombre de cas, le traitement fait courir des dan-
« gers fort sérieux aux patient. Le second devoir qui « nous incombe est done d'étudier exactement le côté
« périlleux de la médication, et les moyens d’y échap- « per. Le danger est avant tout dans les réactions que « provoque la cure. » Même si les effets dramatiques ne se produisent pas : « l’état général des patients est le « plus souvent très notablement influencé. On s’en rend « compte aux pertes plus ou moins prononcées de poids « qui peuvent être fort importantes et atteindre jusqu à « 9, 10 kilogs ou plus. » En quoi consistaient ces accidents ? Quel était leur. mécanisme ?