M O0 NES
d'un caractère habituellement muqueux, se maintenait élevé durant quelques heures, quelques jours ou quelques semaines, pour descendre ensuite jusqu'aux limites normales, voire même au-dessous. Une nouvelle injection pouvait accroître à nouveau le chiffre des crachats, et dans quelques cas, qui bénéficièrent du traitement, ce chiffre resta haut pendant toute la cure. L’auscultation ne permettait pas toujours de préciser l’origine de cette augmentation de l’expectoration. Quelques sujets présentaient, au niveau des zones pathologiques, des phénomènes exsudatifs adventitiels plus ou moins intenses. Chez d’autres, les phénomènes fluxionnels acquéraient un caractère diffus. » GRAVESEN affirmait que les réactions focales étaient fréquentes et constituaient la cause principale des échecs thérapeutiques. MENDÈS soutenait de son côté que les signes humides augmentaient. Pisont insistait sur la fréquence des douleurs thoraciques et de la modification des signes sthétacoustiques. Même note chez CAPUANI : « Il paraît nécessaire de prévenir les malades, si l’on veut éviter la crise périlleuse de la méfiance. » Enfin, SÉCHER comparait ces phénomènes à la réaction d'Herxheimer dans l’arsénothérapie. C'était surtout, pour lui, une congestion périfocale et il racontait l’histoire d’un jeune homme à qui, sur l’insistance de la famille, il avait injecté une petite dose de sanocrysine, au cours d’un état avancé de tuberculose miliaire. Or, quelque temps plus tard, l’autopsie lui avait révélé une auréole inflammatoire intense autour des foyers granuliques.
Les sels d’or pouvaient-ils être plus dangereux ? Réactivaient-ils, dans quelques cas, une lésion pulmonaire ?
La question était très controversée : « À vrai dire, écrivait KNUD FABER, nous n'avons pas vu, en cours de traifement, le processus tuberculeux prendre une évolution plus active. » Cependant Le BLANC jetait dans le débat deux sujets qui avaient présenté pendant le traitement les signes positifs d’une tuberculose déjà soupçonnée, mais que l’examen attentif n'avait jamais permis de mettre en évidence. SAYÉ avait vu apparaître un niveau liquide dans des cavernes qui étaient restées sèches jusqu'au début de la chrysothérapie. Chez deux malades, sujets à des crises de pseudo-asthme, il avait noté pour la première fois des sensations d’angor précordial. En somme, les sels d’or avaient réveillé des foyers anciens.
Un degré de plus : pouvaient-ils faire éclore des foyers nouveaux ? Le même auteur croyait cette aggravation possible, mais rare. Tandis que 33 sujets sur 210 avaient présenté des réactions focales, deux seulement lui avaient montré de nouvelles lésions. Il avait vu naître, chez le premier, une pleuropneumonie de la base droite. Et sur l’un des poumons du second, qui n'avait eu jusqu'ici qu'une infiltration du sommet, des nodules tuberculeux avaient poussé dans la région hilaire. TRENTI relevait l'apparition de nouveaux foyers broncho-pneumoniques. C'était aussi la constatation de SÉCHER, de WürTzen. El, dans le cas où le traitement avait provoqué une érythrodermie puis un ictère toxique, BEZANçon avait assisté à la production d'une broncho-pneumonie caséeuse extensive rapidement mortelle.
Le traitement pouvait retentir sur la plèvre : SÉCHER avait été le premier à rapporter des observations, où les
Ro
sels d’or avaient, à titre épisodique, accru un épanchement préexistant. KNuD FABER avait « assisté deux fois à la formation d’un exsudat pleurétique. » Ces réactions étaient du reste assez bénignes : elles se produisaient brusquement quelques heures après une injection. Elles étaient sèches — ou séreuses — de moyen volume. Elles disparaissaient en deux ou trois semaines (SAYÉ).
Un autre danger était dans le larynx. Les sels d'or pouvaient donner un coup de fouet aux processus tuberculeux de cet organe. CAPUANI opposait l’action du pneumothorax artificiel à l’action de la sanocrysine. Au cours de la collapsothérapie l'amélioration laryngée marchait de pair avec l'amélioration pulmonaire. Au cours de la crysothérapie, même lorsque l’état du poumon devenait meilleur, les tissus du larynx pouvaient être le siège de phénomènes congestifs qui allaient parfois jusqu’à l’oedème et l’asphyxie, et qui ressemblaient aux réactions produites par l’iode ou la tuberculine. « De: ce fait, écrivait l’auteur, découle une conséquence importante et précise : dans les cas de tuberculose pulmonaire, compliqués de laryngite, la cure doit être conduite d'après l'état du larynx et non d'après l'état du poumon. Il faut n’employer que de petites doses. »
De cet accident on pouvait rapprocher une autre complication : quand il existait un lupus concomitant, les sels d’or provoquaient parfois sa congestion. Tout autour du foyer cutané, on voyait des phénomènes exsudatifs. Il semblait aussi que le traitement pût accélérer l'évolution d’une méningite ou d’une péricardite. Il accroissait quelquefois la distension abdominale des péritonites bacillaires. Réactions focales ? Sans doute, et
Da
quelques auteurs proposaient aussi cette interprétation pour expliquer les accidents intestinaux et rénaux que nous avons décrits.
D'autres signalaient des métastases : la plus banale était ganglionnaire. Les glandes lymphatiques du cou, des creux axillaires ou des plis inguinaux pouvaient s'engorger et devenir douloureuses. Leur suppuration élait exceptionnelle. Mais la poussée était parfois diffuse.
On décrivait des phénomènes douloureux : sans parler des douleurs lombaires assez fréquentes, et d'un pronostic absolument bénin, on constatait dans certains cas de la rachialgie ou des attaques pseudo-rhumatismales qui envahissaient tantôt les articulations, tantôt les muscles. Leur intensité était moyenne. Elles apparaissaient habituellement lors des premières injections. Elles duraient plusieurs semaines (SAYÉ). On observait aussi des douleurs sur le trajet des troncs nerveux. Et BEYER- HOLM signalait des névrites avec courbature, atrophie musculaire des membres inférieurs, névralgies et troubles des réflexes. Ces symptômes persistaient un mois ou deux, puis disparaissaient.
Ce bilan comprenait aussi des troubles sensoriels: pendant le traitement, EpMuND avait observé 26 cas de « conjonctivites catarrhales, bullaires ou phlycténulaires ». Elles avaient débuté généralement à la suite de la seconde ou de la troisième injection. Elles étaient apparues quelques heures après l’administration de la dose. Les paupières avaient été quelquefois boursouflées par un léger oedème. Tantôt ces troubles avaient été isolés, tantôt ils avaient accompagné des stomatites ou des exan-
thèmes. Les mêmes faits avaient été rapportés par WürTzEN. D'autre part, SAYÉ avait signalé une blépharite. Après quatre injections de sanocrysine, très bien tolérées, la cinquième (0,60) avait amené une perte brusque de la vision dans l'œil gauche d'un jeune homme de 24 ans: et l’on avait constaté tous les signes d’une hémorragie rétinienne qui avait redoublé, lors de l'injection suivante. Elle avait disparu progressivement au bout de trois semaines. On avait également noté des épistaris, et nous avons trouvé dans la littérature deux cas d'ofite moyenne spécifique (SAYÉ et KNUD FABER).
On décrivait en outre des processus suppuratifs de la peau. Cinq malades de SayÉ avaient présenté des infections staphylococciques répétées pendant le cours du traitement. Enfin, à titre exceptionnel, on avait mentionné des troubles psychiques. Mais le traitement en avaitil été directement responsable ? Comme le remarquait SÉCHER, ne fallait-il pas accuser plutôt la dépression générale profonde, que causaient parfois les sels d'or ?
Les recherches de laboratoire complétaient ces observations cliniques. FOLKMAR et NIELSEN constataient des modifications du métabolisme basal, qui paraissaient liées à des pertes de poids importantes. Enfin le sang pouvait garder l'empreinte fâcheuse du traitement métallique. Quand on appliquait des doses d’un gramme, on observait constamment un état anémique très marqué, qui revêtait quelquefois une allure pernicieuse. On notait un abaissement du pourcentage de l’'hémoglobine à 65-60 et même au delà. Quelquefois l'index tombait à 1/2, et certains sujets mouraient alors de cachexie. Dans d'autres cas, on découvrait une granulation basophile,
très riche, des globules rouges — mais il était impossible de savoir s’il fallait en accuser la sanocrysine — ou si l'on devait attribuer ce fait à l'injection simultanée de sérums (K. KJER). La leucocytose était quelquefois très abondante.
Telle était la liste des réactions constatées. Elle était longue. Elle était impressionnante. Il était naturel qu’elle inspirat vis-à-vis de la méthode une méfiance voisine de la peur ou de l'hostilité.
Nous avons eu plus de chance que nos devanciers. C'est que, pour reprendre la métaphose de WüRTZEN, si l’arme etait la même, « la stratégie était entrée dans une voie nouvelle, et la tactique avait changé ».
Les indications de leurs prédécesseurs furent pour les médecins d'Hauteville une obsession constante. Comme l’écrivait M. Dumaresr « Il paraît démontré que l’action nocive du produit est, sinon supprimée, du moins très atténuée par l'emploi des doses faibles, sans préjudice apparent pour les résultats. D'après notre expérience personnelle, nous inclinons à ne pas dépasser la dose maxima de 0 gr. 20 à 0 gr. 25. Nous sommes très disposés à admettre que les revers nombreux qui ont chargé le passif de nombreuses statistiques doivent être attribuées à l'usage de doses plus fortes. Il est prudent de ne pas dépasser, pour une série, six à dix injections espacées d’une semaine, quitte à reprendre la cure après un temps de repos de deux mois environ. » On évitait ainsi du même coup les dangers d’une secousse trop brutale, les troubles dus à toute introduction de substance étrangère en quantité excessives, et les périls toxiques de l’ac-
0/0 OST 0/0 9°& 0/1 GF 1/0 ST 222 SIOAIP SUAPIOY 0), S'& 0/0 G 01, 9°Y 0/5 G'G 0/0 SAT “SonbUeISE} SjUIprO Jo GL°T 015 9° 0/0 G°& 0/6 L‘0 ©" sonbngmoqd sjuoprooy
0/0 G'& 0/0 8 00 E'& ‘/) Gr'& £ 0/0 8'£ ""sanbrodomog simaptooy
SNIVLHZONI SLNIGIDDVY (11
‘lo OST ‘/0 G (0 9° & 0/0 EST ©" sogeuouqud sjuoptooy
0/0 OST /0,G Jo ar XAB99 SJUAPI99Y
TX 22772 XNUUPI SJUPIY
ko Le ; 0/0 SL 0/0 G'8 "her /o G‘9 0er Dim C en 0/0 9 0/0 8° : :SQUEIND SJUAPHOY ‘0 Ga'8t 0/0 GT Jo GG 0/0 S°8T 0 LYS 172 spusebrp smepooy 0/0 GL'LY VERGER 0/0 G‘TT 0h £'O8 0/0 GT 272" Sonbruoq SJUapOY
Jo GL'L TE 0/0 L'GY 0% 9 ‘lo ag 07 0! 1#‘9 272 SIDE SJU9pHOY SNIVLH39 SLNAGQIDOVY (|
oB8ejuao |sopejeur 00] eSequoo | sopereu 9e eSv}uao Sopeleugy| oSejuoo |sopeçeu 191] oSejuoo |sopejeur OGI
-In0 4 ans —1n0 4 ins -In04 ing -In0 4 ins -In0 4 ins HIVHANHIY saa|9eul no S93S1|1q27S SaA1}N|EAR JUSWUS|qe) S9A1JN/OA9 S3SN3SEI no RACINE HNDILSILY LS S35N34911 S3S01N9438N1 | S35N33SY5-08911 S3WLO1 | S3SN33SV9-0u811 SIWLO4 SANÜINOWNINd SIH4O4 :
A JO,P S19s Sor ed sonboaoïd syuepiooy
cumulation. M. DUMAREST insistait aussi sur la nécessité « de s'assurer, avant le début du traitement, du bon fonctionnement du rein et de contrôler, avant et après chaque injection, l’absence d'albumine. Sa constatation, même à faible dose, imposait l'arrêt du traitement ». Il formulait encore cette règle : « Peut-être serait-il bon, étant donnée l’action élective du produit sur le rein, de s'assurer par un dosage préalable de l'absence de rétention azotée, et de l'intégrité fonctionnelle absolue de l’émonctoire rénal, souvent compromise chez les vieux tuberculeux.» On évitait, dès lors, les cas scabreux. Après l'urine, la feuille de température était un guide auquel on obéissait strictement. On suspendait les injections à la moindre alerte, avant l'heure où les accidents seraient devenus graves. On attendait, pour recommencer le traitement, la disparition totale, définitive, du plus léger symptôme. Enfin la progression des quantités administrées était très lente : on ne passait à une dose plus forte, que lorsque la dose précédente avait été bien tolérée.
Ces principes nous épargnèrent toutes les complications mortelles. Les autres méritèrent plus souvent l’appellation d'incidents que le nom d'accidents. En outre, si les sels d’or furent la source indiscutable de plusieurs, d’autres ne furent peut-être que des coïncidences im-
prévues.
A) Complications dûes certainement aux Sels d'or
1° ACCIDENTS IMMÉDIATS. — Nous n'avons constaté que sur 31 sujets des accidents immédiatement consécutifs aux injections. Ils furent du reste assez variables.
a) Sur 400 malades, deux seulement présentèrent un shock. Tous deux furent soignés à l'époque initiale de l'expérience, lorsque les tâtonnements n’avaient pas encore cédé la place à des indications bien précises. C’est ainsi que tous deux étaient de grands cachectiques, sur lesquels le traitement n'avait été entrepris qu'en désespoir de cause. Et malgré l'apparente gravité de la scène, tous deux revinrent bientôt à leur état antérieur. Voici le tableau, déjà exposé dans le premier rapport : « L'injection de quelques gouttes de sanocrysine provoqua une pâleur subite, une sensation de mort imminente, des sueurs froides, une suppression complète du pouls, une hypothermie marquée. On pratiqua une injection de caféine : le pouls revint après quelques minutes, la pâleur et les sueurs froides persistèrent deux heures, l'hypothermie dura 24 heures. À noter que les urines de ces malades ne contenaient pas d’albumine. » (Obs. 13 et 34). Cet accident apparut chez l’un à la quatrième injection, chez l’autre dès la première. Le traitement fut abandonné immédiatement et définitivement. On voit du reste que le tableau du shock fut très incomplet. Il ne réalisa pas le syndrome généralisé que nous avons décrit d’après nos prédécesseurs : ni trouble rénal, ni myocardite véritable, ni oedème aigu. Il n'eut aucun retentissement fâcheux sur les poumons. Enfin, il fut très passager : il suffit d’une injection de caféine pour le faire disparaître. Nous n'avons jamais observé de phénomènes de choc retardé. Une seule malade s’est plainte de frissons dans la journée de l'injection, sans aucune élévation de température (obs. 14).
b) Six malades présentèrent des phénomènes synco-
paur. L'un d'eux, âgé de 47 ans, avait très bien supporté une première série qui avait supprimé définitivement les bacilles (0 gr. 95 de sanocrysine). Trois semaines plus tard, à la suite d’un léger fléchissement de l’état général, on décida de recommencer le traitement. Le délai fut-il {rop court ? A la seconde injection (0 gr. 15) le malade accusa une céphalée soudaine et brutale, puis « tomba évanoui ». Syncope de 3 minutes qui fit renoncer aux sels d’or, sans que leurs bienfaits eussent du reste été perdus (obs. 369). Un autre sujet reçut deux doses de trois centigrammes de thiocrysine, à huit jours de distance. Chacune provoqua des phénomènes syncopaux graves, et plus intenses à la seconde injection qu’à la première. On abandonna également le traitement. I faut noter que ce malade était très fébrile, très cachectique, et qu'il ne devait pas tarder à mourir (obs. 296). Chez les autres sujets, il s’agit non plus de syncopes vraies, mais de lipothymies peut-être émotives. Trois ne les présentèrent qu’une fois, et précisément quand on leur administra la première dose. Les troubles furent excessivement bénins (obs. 48, 299, 180). Enfin le dernier était une jeune femme atteinte d’une insuffisance mitrale. Chaque fois qu’elle recevait une injection, son pouls, qui ne cessait pas de battre, devenait très faible pendant une dizaine de minutes. Ces accidents n’interrompirent pas le traitement qui fut poursuivi lentement, selon des doses minimes (0 gr. 05) jusqu'au total de 1 gr. 55. L'état général et l’état pulmonaire furent très nettement améliorés (obs. 339).
c) Cinq malades présentèrent des vertiges. On peut soupçonner, pour {rois d’entre eux, une origine pure-
ment émotive. Les malaises apparurent à la première injection et ne revinrent jamais dans la suite (obs. 183, 235, etc.). L'un deux déclarait d’ailleurs à son médecin que chaque traitement nouveau lui donnait ce même trouble. Chez les deux derniers, les vertiges furent également contemporains de la première injection, mais ils persistèrent pendant quatre jours, et ils s’accompagnerent à la fois d'une élévation thermique et de troubles stomacaux. Le traitement fut interrompu pendant deux semaines. Il fut repris plus tard, sans le moindre incident (obs. 284 et 328). Enfin M. Dumaresr a bien voulu nous signaler tout récemment une malade qui ne figure pas dans nos statistiques. Elle présentait une ulcération du lobe supérieur gauche, une expectoration assez abondante, mais son état général était bon, et tout semblait indiquer que sa résistance serait forte. Or elle reçut une première dose de cinq centigrammes de sanocrysine. Dans la soirée qui suivit l'injection intraveineuse, elle eut des vertiges qui durèrent quelques heures. Une semaine plus tard, on fit une nouvelle injection, sans augmenter la dose. Les vertiges reparurent et persistèrent pendant trois jours. On tenta un dernier essai. Mais, loin de s’accoutumer au médicament, cette malade eut, quand on lui injecta pour la troisième fois cinq centigrammes de sanocrysine, des sensations vertigineuses beaucoup plus intenses, qui l’immobilisèrent pendant deux semaines. Ces troubles étaient immédiats et constants, dès qu’elle quittait le décubitus dorsal. On renonça définitivement aux sels d’or, du moins aux produits administrés par la voie intraveineuse.
d) Onze malades présentèrent des troubles vaso-mo-
Sie
leurs: phénomènes vaso-constricteurs chez deux: le premier se plaignait après chaque injection d’une sensation d’engourdissement dans le membre supérieur. Il avait « la main froide » pendant 5 minutes (obs. 246). Le second eut, à la neuvième injection d'une secunde série qui l'avait nettement amélioré, une sensation de refroidissement général, et des tremblements qui durèrent une heure, mais ne s’accompagnèrent d'aucun trouble cardiaque, d'aucune perte de connaissance, ni d'aucune suffocation (obs. 244). Phénomènes vaso-dilatateurs chez les autres : immédiatement après l'injection ou dans la demi-heure consécutive, ils se plaignaient d'un vif mamalaise. Leur face devenait rouge, turgescente. Leurs yeux étaient brillants et injectés. Ils accusaient une céphalée assez forte. Ils avaient quelquefois une sensation passagère d’étouffement. Ils étaient « agités ». L'un d'eux, grand malade, très nerveux, se plaignait en outre de « palpitations ». Ces phénomènes se reproduisirent chez lui à chaque injection (obs. 148). Chez les autres, ils furent beaucoup moins constants (1). Ils ne furent jamais assez intenses pour commander la cessation du traitement (obs. 241, 263, 269, 57, 149, 372, 378, 391).
e) Cinq malades présentèrent des vomissements. Ils n’eurent aucune gravité chez deux sujets, qui avaient du reste une vive appréhension (obs. 258, 265). Nous savons déjà que le premier malade, traité à Hauteville, eut à la quatrième injection, une série d'accidents parmi lesquels prit place un vomissement assez abondant. Et nous
(1) Depuis la rédaction de notre travail, une malade de ce groupe (obs. 378), sur qui l’on pratiquait une troisième série de sanocrysine, eut, après une injection, une dyspnée soudaine, de l’écume aux lèvres et
quelques signes physiques de « marée montante ». Mais cet œdème subaigu ne dura que quelques minutes et se calma spontanément.
RP Re
avons déjà dit que la dose avait été trop forte (obs. 320). Un « septicémique bacillaire » souffrit, à la seconde injection de thiocrysine, d’un syndrome digestif caractérisé par des vomissements, une élévation thermique, une diarrhée soudaine. Le traitement fut abandonné (obs. 133). Enfin, une malade, qui présentait depuis longtemps des crises de tachycardie paroxystique, eut des vomissements qui se répétèrent à chaque injection. Ce fut le seul cas où ce symptôme fut constant (obs. 160).
f) Parmi les incidents sans gravité de l’injection, nous avons noté le phénomène banal de la nausée. Nous devons signaler ici qu’une malade, migraineuse chronique, vit ses sensations nauséeuses persister plusieurs jours et s'accompagner d’une céphalée très vive. Elle n'eut d’ailleurs aucune albuminurie (obs. 169).
En résumé les accidents immédiats ne furent pas graves, si l’on excepte les chocs et les syncopes qu'aussi bien nous n’observâmes plus, lorsque l'expérience eut enseigné les indications précises et le dosage adéquat.
2° RÉACTIONS THERMIQUES. — Voici la complication la plus fréquente. Elle frappa 67 malades. Soit un pourcentage global de 17,75 %.
SÉCHER a cru noter une relation assez nette entre cet accident et le type anatomo-clinique des lésions. Nous pensons, d’une façon un peu différente, qu'il dépend en partie du mode physiologique de la température antérieure : plus l'équilibre est stable, mois la réaction est fréquente. À l'examen de nos tableaux, on verra qu'elle fut rare chez les tuberculeux fibreux inactifs (2 cas) et chez les fibro-caséeux stabilisés (5 cas). Or, la plupart
avaient une apyrexie constante. On l'observera plus souvent dans les formes nettement évolutives (28 cas). Elle apparut surtout chez les malades subévolutifs, dont la température oscillait très irrégulièrement autour de 38° ou de 37°8 (32 cas). Nous dirions volontiers qu’elle est l'apanage presque exclusif des courbes antérieurement déréglées.
Cette loï, qui n’a rien d’absolu, nous paraît être la seule. A d’autres points de vue, la réaction est très variable. Elle n'a aucune date fixe. Eïle n’est pas l’étape nécessaire, dont parlaient les premiers mémoires. On ne l’observe pas forcément lors des premières injections. Elle apparaît souvent à la troisième ou la quatrième. Quelquefois même, elle ne trouble la courbe qu'à la dernière. Il est donc impossible de la prévoir.
Souvent une première série ne déclenche aucune réaction. Puis une seconde les fait apparaître. I arrive aussi qu’elles soient très tardives. Nous signalerons le cas d’un malade qui supporta, sans le moindre incident thermique, quatre traitements par la sanocrysine, dont il tira le plus grand profit. On recourut pour la cinquième fois aux sels d’or, et contre toute attente, les injections nouvelles provoquèrent, à deux reprises, une ascension brutale de la courbe à 40° (obs. 27). Il semble donc que la répétition des séries ne diminue pas la fréquence de cette réaction.
Son intensité est également très variable. Très souvent, tout se borne à une élévation de quelques dixièmes de degrés. La température monte par exemple de 37°6 à 38° ou de 38° à 38°3. Dans d’autres cas elle dessine une