‹ Le traitement de la tuberculose pulmonaire: par les sels d'orChapitre 52 sur 91 · NAS · texte numérisé non relu

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se manifeste que lorsque l'organisme possède une « quantité donnée de matériel tuberculeux », lorsqu'il a déjà répondu par une réaction tissulaire à la présence des bacilles. Et les partisans de la théorie bactéricide la présentent désormais sous cette forme modifiée : « Il ne s’agit pas d’üne attaque directe du parasite par le sel d’or. Il s’agit d’une attaque du parasite par un mélange complexe de tissus et de sels d’or. Ce mélange représente seul l'élément agresseur. Lorsque le traitement n'est pas efficace, c’est que des altérations physico-chimiques des tissus n’ont pas développé les réactions chimiques qui eussent été nécessaires. » |

Nous ajouterons que ce mélange complexe, profond, échappe pour l'instant à nos moyens d'analyse. Nous avons dif que nous ignorions le stade ultime des sels d’or. C'était dire que nous ignorons la combinaison active qui pourrait seule — dans cette hypothèse — expliquer le mode d’action de la chrysothérapie.

Malgré l'exemple des autres métaux, malgré les. arguments ingénieux que la comparaison suggère, nous ne croyons pas — en ce qui nous concerne — à l’hypothèse bactéricide. Nous la rejetons surtout pour des raisons cliniques. Sans doute les bacilles ont disparu chez 16 % de nos malades. Sans doute aussi nous avons vu des tuberculeux dont l’expectoration, ordinairement bacillifère, devenait régulièrement stérile, chaque fois qu'on entreprenait sur eux une série d’injections d’or. Sans doute encore cette disparition fut souvent beaucoup plus rapide que par une autre méthode. Mais tous les phtisiologues sont familiarisés avec les éliminations intermittentes de bacilles. En outre, le blanchiment bactério-

logique a toujours coïncidé chez nos malades avec une amélioration fonctionnelle et générale importante. N'estce pas ce relèvement qui fit disparaître les bacilles ? En donnant à l’organisme — sans doute plus rapidement qu’une autre méthode — des forces neuves qui augmentèrent sa résistance naturelle, la sanocrysine n’a-t-elle pas simplement aidé le malade à tuer lui-même les éléments infectieux ? Ce qui nous le ferait croire, c’est que très souvent l'amélioration générale s’est produite seule en laissant les malades « auro-résistants » (1). En tout cas, elle a toujours débuté avant l'amélioration bactériologique. Et dans un grand nombre de cas, les bacilles ont cessé, simplement du fait que l’expectoration avait ellemême cessé. Nous noterons encore un autre argument clinique assez troublant : contrairement aux métaux antisyphilitiques — ou beaucoup moins fidèlement que les métaux antisyphilitiques — les sels d’or n’empêchent pas le retour des poussées évolutives. Et nous verrons bientôt qu'une curieuse observation de RoBELLOS en fournira aussi la preuve anatomique.

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